
Ardèche
Après notre inscription en début d'année, dans l'enthousiasme de la perspective de partager les joies de la randonnée avec un groupe d'amis, Gisèle et moi avons commencé à nous poser des questions.
Pourquoi passer ses vacances en plein mois d'août alors
que toute l'année nous est accessible ? Et en France encore bien où la
surpopulation est garantie ? Qui plus est en Ardèche où la rumeur publique
nous assurait devoir supporter des chaleurs tropicales que nous redoutons
?
C'est donc avec un brin d'inquiétude que nous sommes arrivés à Rieutord et que nous nous sommes installés dans ce gîte immense au confort inhabituel, que René avait déniché avec son flair bien connu.
Les autres participants sont arrivés petit à petit, amis
anciens aux nombreux souvenirs communs, camarades occasionnels d'horizons
divers et personnes inconnues avec qui
tisser de nouveaux liens amicaux.
Inutile d'insister sur la chaleur de l'accueil que fait
régner René ni sur son sens de l'organisation qui sont proverbiaux pour
quiconque a fréquenté la section du Brabant ou NATURE-RANDO.
Pascale avait préparé un éventail de randonnées pour
pouvoir faire face à toutes les éventualités mais il est vite apparu qu'il
faudrait faire des adaptations afin que les parcours ne soient pas jalonnés
d'agonisants en proie aux insolations, déshydratations et surchauffes
diverses.
Loin du cours de l'Ardèche, de sa vallée encaissée et
de la foule de Vallon Pont d'Arc, la Montagne Ardèchoise permet de musarder
dans ses forêts ombragées, le long de la Loire au cours rapide, aux multiples
sources, toutes plus authentiques les unes que les autres, et sur ses
sommets (Gerbier de Jonc, Mezenc et autres) dénudés certes, mais raffraîchis par la caresse d'une légère brise.
C'est une région qui a gardé un charme un peu désuet
avec ses épiceries de village au ravitaillement parcimonieux mais qui
font aussi bistrot, ce qui contribue à la survie du randonneur.
Les itinéraires les plus longs ont donc été judicieucement
écourtés par Pascale au profit de passages près de lacs et de rivières
transformant la rando pure et dure en biathlon marche/natation.
Et puis, l'altitude, malgré sa modestie (1250 m.) nous
amenait dés la soirée une fraîcheur vivifiante et le courage de se livrer
encore à de dynamiques parties de pétanque.
Qu' évoquer encore si ce n'est la convivialité qui grandissait
au fil des jours, la découverte des petits travers et des qualités des
uns et des autres, la serviabilité de chacun et la joie qui règnait.
Le souvenir de ce pays resté authentique avec ses grandes
fermes couvertes de lauzes et de genêts, ses fêtes de village pittoresques
et ses grands espaces, n'est pas prêt
de disparaître de notre mémoire.
Marcel Brouwer