
10 ans d’existence
cela se fête dignement. En plus de son traditionnel camp d’été au Caroux
regroupant pendant 15 jours une vingtaines de jeunes, le Centre Routier
Alpin junior a inauguré cette année son premier camp Montagne.
Au fil
du temps les plus anciens se sont transformés en grimpeur de falaise d’un
bon niveau et se sont retrouvés
la 3ème semaine de juillet au
cœur de l’Oisans pour une première approche de la haute montagne. C’était
l’occasion de renouer avec les traditions et d’officialiser la renaissance
du Centre Routier Alpin.
La plupart
arrivent en droite ligne du Caroux et ont un entraînement d’enfer. Après
une journée de mise au point et la préparation du matériel, les choses sérieuses
commencent par l’ascension des Rouies 3.589 m à partir de la Bérarde. Une
journée de 15 h avec 1.700 m de dénivelée et un chemin d’accès un peu paumatoire,
donne une bonne idée du « terrain d’aventure » en montagne,
de la recherche du meilleur passage avec équilibre et sang froid
dans les pierriers instables et les pentes d’herbes douteuses. Le « passage
de l’âne », pierrier peu engageant, donne accès au glacier des Rouies
(2.930m) et l’occasion de mettre en pratique la théorie vue la veille. Le
glacier très ouvert, au cheminement peu évident, est manifestement peu fréquenté.
Une pente raide donne accès au sommet du plateau supérieur.
Un petit arrêt bien mérité nous permet d’apprécier le tour d’horizon
des grands sommets qui nous entourent, la Meije, la Barre des Ecrins, les
Bans etc., avant de replonger dans la vallée. Lors d’un saut au-dessus d’une
crevasse, Mathieu se réceptionne mal et se fait une sérieuse entorse…Partis
dans les brumes matinales, c’est avec le couché du soleil que nous retrouvons
le confort rustique du camping de la Bérarde.
Une petite
matinée de repos pour soigner les courbatures et les plaies de la veille
et l’après-midi nous voit gambader dans la via ferrata de St Christophe
et faire un bout de chemin avec Zen
et le stage du REAJ.
A l’aube
du lendemain voici arrivé le moment que tous attendent avec impatience….la
journée des grandes voies en falaise. Pas besoin de houspiller les troupes,
la veille tout le monde s’est rué sur les topos et les cordées se sont formées
suivant les forces et affinités de chacun. Antoine et Valentin se lancent
à corps perdu dans les 21 longueurs de « Li Maye Laya » TD 500m
– 6a+ , tandis que Fany, Gwen et Jerémie prennent leur pied dans la superbe
classique « Pujolidalle » 350m D+ 5+, les « vieux »
Guy, Philippe et Lambert reprennent des forces en dégustant « Gay Pied »
300m AD 4+ la voie la plus Cool de la tête de Maye.
Pendant ce temps, Mathieu soigne
son entorse tout en suivant la progression des cordées à la jumelle.






Les conditions
météo étant toujours stables, il est décidé de consacrer les deux derniers
jours à une course de neige classique. 4 heures de marche sous une canicule
d’enfer où les zones d’ombre font cruellement défaut, nous permet d’accéder
au refuge de la Pilate (2.580 m). Tout en dégustant une boisson glacée,
on peut admirer le cirque du glacier de la Pilate et la face sud des Bans.
Avec la carte et les jumelles nous
imaginons le cheminement vers notre objectif du lendemain, la Pointe de la Pilate, petite pyramide de
neige culminant à 3.476 m.
Pour la
plupart c’est la première expérience d’une nuit en refuge avec son ambiance
un peu mystérieuse, un repas costaud et une nuit courte et difficile. Au
petit matin le soleil nous surprend à chercher notre passage à travers crevasses
et séracs où, à part de vagues traces et
une seule autre cordée, nous somme étrangement seul dans la montagne.
Le paysage est grandiose et l’ambiance austère. Un bruit d’hélicoptère perturbe
un moment le silence qui nous entoure. Nous apprendrons à notre retour que
c’était pour Christophe, qui a eu la jambe cassée par une pierre en montant
au col des avalanches…. La tension est perceptible dans les deux cordées
lorsque nous abordons la pente sommitale qui est en neige dure et en glace. Broche et piton sont bienvenus et sécurisent
la sortie au sommet. On se retrouve tous sur le bloc sommital pour
la traditionnelle photo qui marque la fin des festivités avant d’entamer
une prudente descende vers le plancher des vaches et le confort de la vallée.
Lambert