
Le billet du Das Komitee
Le DAS ? Qui n’a pas encore entendu parler du DAS ? Qu’en est-il de ce que beaucoup appelle être DAS
Après un an d’existence, le concept né d’un délire collectif un soir d’amusement avec une bande d’ami à la terrasse du Chamonix ne cesse d’être utilisé par les grimpeurs. Ce qui était au départ un jeu, une douce provocation de la motivation et de l’engagement des grimpeurs va plus loin. Le DAS que l’on dit en souriant repose sur une base concrète et sérieuse. Il nous a semblé donc important, vu l’emplacement que le club alpin nous réserve dans sa revue, de vous dévoiler les missions de ce mouvement.
DAS KOMITE signifie LE COMITE , le comité du respect de l’escalade qui sera toujours au-dessus de votre épaule car tout n’est pas permis. Face à l’émergence de grimpeurs produits par nos nombreuses salles, le DAS intervient en temps qu’éducateur et offre la possibilité, via le dialogue, d’éveiller tout un chacun à l’éthique.
Dans un objectif de durabilité de notre sport, nous tentons à limiter au maximum l'impact du grimpeur sur la nature. Notre objectif n'est pas prioritairement d'organiser des opérations de groupe mais bien avant tout d'éduquer chaque grimpeur par une prise de conscience des raisons pour lesquelles nous devrions mieux respecter notre terrain de jeux. En aucun cas, le DAS Komité ne donnera de ligne de conduite à qui que se soit car l’important c’est d’agir suivant ses propres convictions et non ses obligations.
Le DAS Komité est là avant tout pour offrir des pistes de dialogue et de réflexions afin de susciter l’évolution du comportement de chaque grimpeur.
Non, nous n'organiserons pas des cours d'éducation à
l'escalade!
Nous voulons seulement que, via la propagande du DAS Komité,
certains grimpeurs se posent un peu plus de questions avant d'agir de
manière DAS-cevante.
L’aboutissement même de ce mouvement est d’augmenter les actions individuelles spontanées visant au respect de l’escalade.
La mission de chaque DAS-adhérant est donc d'éduquer son entourage afin que celui-ci devienne également DAS! Le DAS se permettra également de pointer du doigt certains problèmes afin d'éviter que cela se reproduise. Il se permettra aussi de donner des conseils.
Longue vie au DAS !
Be DAS
Le Toit de BEEZ
Une fissure semblable existe-t-elle en Belgique ??? Absurde ? Pas
tout à fait…Bibiche découvre le «toit de
Beez», une fissure monstrueusement déversante dans un
porche sombre et humide à droite de la carrière de Beez.
Arnould t’Kint et des amis en font l’escalade
Et quelques mois plus tard, en compagnie de Michel Lévèque,
Marc Debruycker, nous réaliserons la troisième ascension.
Une cheminée sur la gauche donne accès à une
traversée à pitonner dans une fissure de quelques millimètres
entre le toit et une grosse strate de ± 1m d’épaisseur.
Cette traversée permet d’atteindre la fissure de rêve
au centre du toit……
Deux ans plus tard, la strate de la traversée s’effondre
et se retrouve 10 m plus bas….rendant l’accès à
la fissure impossible.
25 ans plus tard…Vincent Foret se replonge dans le mystère
à la recherche d’un nouvel itinéraire…..
Lambert Martin
Arrivé presque au sommet, sur un replat en forme de cuvette, j'avais devant moi un grand porche rocheux. À sa base, deux départs, béants, de galeries. Le porche est très bien caché par les arbres, on ne peut voir que la falaise déversante depuis le bas de la route. Dans le toit, on trouve une fissure large comme un poing qui la parcoure totalement. J'étais séduit par l'ambiance des lieux, très austère, très sauvage. Il y a un goût de mystère, un parfum d'interdit émanant d'une situation géographique particulière qui le place tantôt dans une nature sauvage et hostile, tantôt le rapproche de la vallée et de la proximité des humains. N'est-ce pas, encore une fois, un rocher où l'escalade est interdite car trop proche de la route. Comme il n'y a aucun avertissement je préfère me dire qu'elle y est tolérée.
J'y suis revenu plusieurs fois au fils des ans, toujours seul, admirant
l'endroit mais ne sachant pas comment attaquer le morceau. Plus tard j'ai
appris que cet endroit s'appelle le « toit à Bibiche »
ou « toit de Chetoi ». Il y a dans ce porche des traces évidentes
de voies précédemment ouvertes. On retrouve deux ou trois clous
sur le pilier de droite, une ligne de spits montre la seule voie ouverte encore
en place. Dans un autre pilier, à gauche du porche, un relais subsiste
juste sous le toit, témoin d'une ancienne voie probablement d'artif.
Il s'agit en fait d'une simple sangle blanchie par le soleil reliant deux
clous dont on dira qu'ils sont « pittoresques ». Il est évident
que j'avais envie de parcourir le toit mais je pensais que je n'avais pas
la capacité de le faire, surtout en escalade libre.
Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, puis un jour, j'y ai emmené
un ami de mon club de spéléologie. Nicolas Borchers a tout de
suite été séduit par le lieu, par le toit et par la voie
évidente que l'on pouvait tracer. De plus nous étions dans un
trip « escalade artificielle ». Je venais de répéter
le toit du buffle qu'il avait rééquipé, en compagnie
de son pote Fix de Ruydt, entièrement sur goujons inox. Ils avaient
réactualisé cette bizarrerie incontournable, de Richard Grebeude
& Johnny Leirens, (A1, mais quelle ambiance !) de l'escalade artificielle
belge et de manière salée puisqu'ils avaient allongé
la distance entre les points grâce à la barre « stick-up
» de chez Raumer. Nicolas était à l'époque une
des seules personnes, hormis Stéphane Nicolas & Richard Grebeude,
que je connaissais en Belgique intéressée par cette discipline
fort étrange, dont l'engouement semblait renaître : l'escalade
artificielle. Nos modèles se nomment Warren Harding, Royal Robbins
ou Yvon Chouinard alors que ceux de la plupart des grimpeurs belges se nomment
Patrick Edlinger, Chris Sharma, Dave Graham ou plus rarement Wolfgang Güllich.

Acte I: samedi 24 mai 2003 nous sommes revenus une première fois sur
les lieux, avec du matériel approprié. Nous avions emprunté
une série de coinceurs, rassemblé une grande quantité
de sangles et nous avions fabriqué une très grande quantité
de coins de bois qui, nous le sentions, allaient pouvoir prouver leur efficacité
dans le « roof » en haut du « head wall ».
L'endroit où se trouve notre projet n'est pas un porche naturel, il
s'agit d'une ancienne carrière utilisant une méthode d'exploitation
de la roche, typique en Wallonie, au 19e siècle. Les carriers creusaient
des galeries en bas des parois (pics et poudre noire), en prenant soin de
laisser des piliers, puis ils faisaient exploser ces piliers et la roche tombait
sous son propre poids. Dans ce cas-ci, bizarrement le porche n'est jamais
tombé. Pourtant il est clair que l'ensemble du porche est en train
de s'écraser sous son propre poids. Ce qui provoque des zones de roche
soumises à d'énormes contraintes, des pressions astronomiques
qui provoquent littéralement l'éclatement des strates inférieures
et qui finissent par s'ébouler. De la charpie de roche. Cette dynamique
est particulièrement visible dans le surplomb que nous allons grimper.
Il est certain, qu'un jour, ce porche n'existera plus.


Suite à Venir .....