
Donc aujourd’hui pas de compte-rendu héroïque de braves grimpeurs se mettant face aux conditions extrêmes des forces de la nature… C’est clair que pour la montagne il faut aimer souffrir, avoir une patience de moine, pouvoir accepter et gérer les dangers et il faut pouvoir accepter que peut-être tu ne grimperas pas du tout! (à cause de météo)! Quand nous écrivons des articles sur la Patagonie c’est souvent des récits sur nos expériences les plus fortes, mais parfois c’est chouette de pouvoir chercher ses limites physiques sans les contraintes qu’impose la montagne. Voici une petite description d’un site d’escalade sportive en Patagonie qui vaut bien les plus belles falaises au monde: Valle Encantado (La vallée enchantée)! Pour vous faire saliver un peu et vous convaincre de prendre vos chaussons d’escalade si un jour vous compter traîner vos fesses dans ce coin-là.
La Valle Encantado se trouve à moins d’une heure de bus de la
ville de Barriloché (au Nord de la Patagonie, le Sud de l’Argentine).
Quand le bus démarre, on se croirait facilement en Suisse : des lacs
bleus comme une carte postale, des sapins ajoutant du vert aux paysages et
les majestueuses montagnes qui forment le fond du décor. Très
rapidement le panorama devient plutôt désertique, nous sommes
dans la Pampa Argentine. Des collines chauves avec quelques touffes d’herbes
sèches, une terre stérile de sable et de cailloux jusqu’à
perte de vue. En bref, il n’y a rien! Ni à droite, ni à
gauche, ni devant et ni derrière.
Puis, tout doucement nous arrivons dans une vallée perdue en plein
milieu de nulle part…
Une rivière d’eau cristalline serpentant son chemin dans le
fond de la gorge, les bords décorés par une végétation
et…une étrange variété de rochers psychédéliques!!!
Des tours de roche volcanique qui semblent avoir les mêmes formes que
les nuages...Des trous multiformes dispersés sur une pierre jaunâtre…
En gros c’est un peu comme Freyr, une grande vallée avec dans
le fond une route et une rivière mais bien que la rivière soit
de la même taille, l’eau y est transparente, potable et saturée
de poissons. La végétation et les rochers ne ressemblent pas
du tout à Freyr, il n’y a pas de friterie au sommet, ni de Chamonix
pour vous accueillir avec des bières après une longue journée
d’escalade, pas de motards qui passent les dimanches, pas de prises
patinées, pas de troupeaux de varappeurs et il ne pleut presque jamais.
Sur la rive côté route, il y a une centaine de voies dont la
plupart sont du 7ème ou 8ème degré et d’une longueur
plutôt courte. Des petits bombés de trous, des grottes, et des
petites plaques verticales, de quoi bien s’amuser. Mais la partie vraiment
majeure, l’enchantement, c’est de l’autre côté
de la rivière… Il n’y a pas de pont dans les environs,
et donc le seul moyen de traverser c’est avec un petit bateau gonflable
acheté pour 10 euro au supermarché de Barriloché. Embarquement
de tout le matos d’escalade, quelques grimpeurs acharnés, et
ramez mes amis, c’est parti pour le pays des merveilles! Ici nous sommes
en autonomie totale, il n’y a pas de maison, pas de route, pas de voiture…on
se croirait au «Wild West». A une époque révolue,
ce terrain était sacré pour les peuples indigènes et
des anciennes peintures rupestres dans les grottes nous rappellent que nous
ne sommes pas les premiers à honorer ces lieux et ces rochers. Il y
a plus de 300 voies équipées de tous les styles mais les gros
et légers dévers sur trous prédominent. Un peu du genre
secteurs Cascade et Berlin à Céüse. Toutes les cotations,
mais pas mal de parois gorgées de voies en huit: 8a+, 8b, 8a, 8b, 8b+,…
Il y a deux, trois Argentins très forts qui passent leur temps à
équiper depuis quelques années et le potentiel est encore énorme.
Des grimpeurs forts comme Iker Pou, Dani Andrada, Arnaud Petit et Alex Chabot
ont déjà fait leur petite visite dans le coin pour se noyer
dans ces lignes majeures. Mais ce qui ajoute vraiment à la grandeur
de l’endroit, c’est la beauté du paysage, la tranquillité,
et le fait de devoir traverser la rivière en bateau gonflable. Ici
c’est le paradis!
Les deux années où nous sommes allés en expédition
en Patagonie, nous avons terminé notre voyage par une semaine de Valle
Encantado, et ça fait toujours un peu bizarre de pouvoir grimper tous
les jours à fond, sans devoir s’inquiéter de la météo,
sans les grosses marches d’approche, sans les glaciers, la glace, le
froid ; ici on grimpe jusqu’à ce que le corps ne tienne plus
les prises.
Ce n’est pas le seul site d’escalade sportive en Patagonie: à Barriloché même, comme à El Chalten, il y a plusieurs petits secteurs, mais rien de supérieur à Valle Encantado. Donc pour les amateurs d’escalade sportive…vous savez ce qu’il vous reste à faire…
Infos pratiques:
De Barriloché, prendre un bus pour Buenos Aires et demander au chauffeur
de s’arrêter à la pompe à essence de Confluenza,
ou encore mieux, sur le parking du Virgen (petite statue de la vierge) 3km
avant Confluenza. Le voyage prendra moins d’une heure et vous coûtera
10 pesos (2,4euro). De Buenos Aires le voyage vous prendra au moins 20 heures.
Achetez vos provisions à Barriloché. Sur place, il n’y
a rien à part la pompe à essence qui vend quelque petits trucs.
Bivouac toléré (il y a pleins de grottes), ne pas faire de feux,
si tu veux mettre une tente, mieux vaut rester du côté de la
route, respectez les lieux et minimalisez votre impact.
PAKISTAN 2007
Ce 20 juin, nous partons pour une expédition d’un mois et demi
au Pakistan dans la région du Baltoro (Tours deTrango) et Charakusa
(Nord Ouest du Pakistan). L’équipe est composée des frères
Favresse (Nicolas et Olivier), moi-même, et un grimpeur Polonais très
fort nommé Adam Pustnelik. Ce dernier a déjà réalisé
du 8c+ en escalade sportive et des ouvertures de Big Wall au Kirghizstan et
il sera sûrement un beau bénéfice à notre expédition
puisqu’il s’occupe d’apporter la Vodka. Cette fois-ci, nos
objectifs sont plus abstraits et sûrement plus difficiles à réaliser
que dans les expéditions précédentes, mais on peut déjà
vous dévoiler que nous n’y allons pas pour faire du pédalo,
mais bien pour grimper de grandes parois rocheuses.










Nouvelle difficulté que nous allons devoir affronter : l’altitude,
puisque les parois que nous voulons gravir vont jusqu’à 6.500
m et les problèmes liés au manque d’oxygène feront
donc partie de notre challenge.
Si vous voulez suivre nos aventures n’hésitez pas vous brancher
sur www.xpedition.be
à partir de fin Juin jusque mi-août.
Sean Villanueva
Au sud-ouest de l'Irlande dans la province de Shannon, la région s’appelle
"The Burren" et le massif "Ailladie". Ici, pas de plaquettes,
tout se passe sur coinceurs. La falaise porte le nom de son allure : "Mirror
Wall" (le mur du miroir), et fait ± 25 m de verticale.
La voie "Snells law"1 va tout droit dans une face avec de longs
mouvements entre des petites réglettes, peu de pieds et très
peu de protection, sa cotation anglaise de E76c équivaut à la
cotation française de 7c - 7c+ (avec peu de protections).
La voie : de bonnes protections pour le premier tiers de la voie, puis l'escalade
devient plus difficile sans protection sur 5/6 m, ensuite possibilité
de mettre le plus petit nut (coinceur) de Black Diamond (difficile à
placer) et puis il y a le crux qui consiste en de grands mouvs sur petites
réglettes et un jeté sur un bac, où il y moyen de placer
à nouveau un petit coinceur, puis l'escalade devient un peu plus facile
jusqu'au sommet. En Bref, de super beaux mouvements dans un cadre exceptionnel!
1(La loi de Snell - formule pour calculer l'angle de réfraction de la lumière) a le même début qu'une voie appelée "Réfraction" (E56b) qui dérive à gauche suivant une fissure.
Sean Villanueva


