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Salut à toute l'équipe,
Donc voilà un petit récit et quelques photos de notre expédition au Pérou.
bonne continuation,
ben

Tous ceux qui ont eu la chance de toucher au paysage andins ne rêvent que d'une seule chose, c'est d'y retourner. Cela faisait à peine une semaine que nous étions la-bas, et nous projetions déjà d'y revenir tellement les sommets sont nombreux, beaux et facilement accessibles.

Ce projet d'expé nous trottait déjà depuis quelques mois dans la tête, mais c'est seulement vers la fin avril que nous nous sommes décidés à partir. Nous étions que deux dans l'expé, Jérome Collin et moi-même.
Nous gravissions les sommets alpins depuis cinq ans et nous nous sentions prêts à aller voir un peu plus loin et un peu plus haut. Nous sommes d'abord parti deux semaines à Chamonix et à Zermat pour s'acclimater un peu et reprendre confiance en nos crampons et nos piolets. Deux semaines à enchaîner courses et bivouacs et lyofilisés.....ça fatigue, mais bon; on est là pour ça après tout.

Bref, le Pérou....terrain inconnu, même si les ponts hydrogène des pentes de glaces péruviennes sont les mêmes que les voies dans le triangle du Tacul, mais bon!

Nous avions prévus 20 jours à Huaraz pour tenter trois sommet et se faire un petit trek si possible.
Le lendemain de notre arrivée dans ce Chamonix andins, nous étions déjà occupé à bouffer nos lyofils au camp de base du Pisco. Ce sommet de 5700 m est facilement accessible et représente plus une bonne balade d'acclimataion qu'une course de fou comme il y en a plein las-bas. Enfin, après trois jours d'ascension, nous atteignons le sommet sans trop de difficulté. J'aurais dure à vous expliquer la crevasse trop craignosse que nous avons été contraint de traverser...dû genre, ça passe ou ça casse. Je vous envoie dirrectement mater cette photo sur mon site :

http://fr.photos.yahoo.com/bencalvi2002

 


Enfin, de retour du sommet, nous apprenons que le mauvais temps devrait montrer le bout de son nez dans les jours à venir, nous décidons de retarder l'assault pour le deuxième sommet. Nous partons donc pour un trek de quatre jours dans la vallée de l'Alpamayo. Comme prévu, il n'a pas fait beau, mais le paysage nous en a encore mis plein la gueule et on ne savait juste plus quoi dire. C'était aussi l'occasion de traverser les villages et d'avoir un peu plus de contact avec la population locale.

De retour à Huaraz, il ne faisait toujours pas plus beau. Mais bon, c'est pas les prévisions à trois "soles" qui découragent un vrai alpinistes. Le lendemain, nous étions donc déjà camp de base du Chopicalqui. Ce sommet est très intéressant. Il présente un niveau technique AD et le suivi d'une superbe arrête pendant plusieurs heures. Bref, il fait toujours dégueu, mais nous décidons quand-même de monter au camp 1 ( camp de la morraine) qui se trouve à 4900m. En montant, nous croisons bien 8 expéditions qui redescendent sans avoir atteint le sommet. Les conditions ont rendu leur progression presque impossible, avalanche, chute de séracs, crevasses recouvertes et tout le patatras. Nous rejoignons six autres expéditions au camp de la morraine. Certains sont là depuis plusieurs jours attendant un éclaircie. Mais bon, on garde espoir et nous avions bien raison de le garder. Il neige toute la nuit, mais le soleil du matin nous montre un ciel dégagé. On fait sécher la tente et on se trace au camp 2 à 5400m. La soirée est belle et le ciel est toujours découvert. Nous décidons de tenter le sommet à 1h00 du mat. Les autres expés projettent leurs départs plus tard. Il se fait que personne a réellement envie de faire les traces dans la poudreuse. Je me dis que quelqu'un devra bien les faire et donc nous voilà parti à 1h00 du mat pour quelques heures de marche.

Y' a rien à faire, c'est crevant de marcher et de s'enfoncer dans la poudre au dessous de 6.000 mètres. Le manque d'oxygène se fait sentir à chaque pas dans cette puf. Le froid aussi se fait sentir. Le vent n'est pas négligeable et accentue tout ça. Je sens plus mon pied gauche, mais bon, je m'inquiète pas!

Six heures après s'être tués dans cette poudre, on atteint enfin le sommet. La vue est magnifique. L'arrête est dernière nous, encore plus spendide. Les autres expés nous suivent de près. C'est le paradis. J'ai froid aux pieds!!! Le vent est assez fort et la température encore plus basse. On ne tarde pas trop et descendons au camp deux. Nous décidons de redescendre jusqu'en bas dans la journée.....ce sera donc une longue journée.

Arrivés au base camp, j'enlève mes chaussures et WOOOWWW, il a une drôle d'allure mon orteil. Je vais voir dans la tente d'à côté un médecin d'expé français et son pronostic est " une gelure en profondeur du second degré. Pas cool. Lendemain, vamos à l'hôpital. Là, on dit bonjour aux médecins incompétents. Bref, ils me disent de pas m'inquiéter et que tout ira bien. Enfin, l'infection à suivit la gelure et j'ai pû me taper une semaine de caison hyper bare à l'hôpital militaire belge grace à eux. Mais bon, c'est la vie et puis l'oxygène pure, c'est gai. Bref, on a dû renoncer à notre troisième sommet, le Huascaran. De toute façon, les quatorzes morts qu'il y a eu en une semaine nous disait déjà de tenter un sommet moins dangereux (avalanches et chutes de séracs).

Nous avions de toute façon reçu beaucoup plus que ce que nous espérions en venir ici. Nous y retournerons bientôt et je vous souhaite à tous la même chose.

Je vous souhaite à tous plaisir et émerveillement dans vos montagnes. Longue vie à tous ben ps : l'orteil gelé est aussi disponible sur le site ben calvi :

bencalvi@hotmail.com
rue des Ormeaux, 6 à 1180 Uccle
http://fr.photos.yahoo.com/bencalvi2002
02/345.66.49 0495/21.10.85


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