
In memoriam Jacques Borlée

Monsieur Lambert Martin
Monsieur,
En mission a l'étranger, j'ai eu connaissance du récent décès
de Monsieur Jacques Borlée a mon retour.
Cette annonce m'a très sincèrement touché. J'ai toujours
admiré le dévouement de Monsieur Borlée à défendre
et promouvoir la pratique du sport et plus particulièrement celles
de l'alpinisme et de l'escalade. Sa passion a très clairement participé
a la reconnaissance de ces sports en Belgique.
Si le départ d'un proche est source d'une grande tristesse, la perte
au niveau professionnel crée elle aussi un vide. Ou l'émotion
est bien sur très présente.
Je tenais a manifester auprès du Club Alpin qui a été
l'objet de sa passion ma très sincère amitié. Disparu,
le guide n'en continue pas moins d'exister a nos côtés. Un chef
de cordée tel qu'il le fut ne disparaît jamais définitivement.
Car, même en pensées, il continuera a guider vos pas avec assurance
et intelligence. C'est ce que je souhaite r l'ensemble des différentes
sections du Club Alpin de Belgique.
Je vous prie de croire, Monsieur, en l'expression de mes très sincères
salutations.
Didier Gosuin
Ministre
Cher Jacques,
J'avais 15 ans, tu en avais 57.
J'étais jeune grimpeur fougueux, avide de performance et d'engagement...
Tu étais montagnard aguerri, généreux de sagesse et d'expérience...
Et pourtant nos vies se sont croisées, et nous ont permis de partager
quelques grands moments de passion et d'aventure, comme la sortie au clair
de lune du "grand parcours" au sommet de la montagne Sainte Victoire,
l'ambiance "hors du temps" de la "voie du Levant" aux
Calanques, et les terribles fissures de "Luna Bong" au Verdon...
Nous étions à tour de rôle tantôt "leader",
tantôt second de cordée...
Tu guidais la cordée dans les passages délicats, je la guidais
dans les passages difficiles...
Malgré ton âge et tes cheveux blancs, tu as toujours été
proche des jeunes grimpeurs.
Voilà pourquoi tu resteras pour moi le lien entre la génération
d'alpinistes dont tu faisais partie, et ma génération moderne
de grimpeurs.
Ton enthousiasme, ta persévérance, ta générosité,
et surtout ton sourire rieur resteront dans nos mémoires...
Christophe Lehner
En 1995, j'avais rejoins Jacques aux Houches . Il m'avait proposé
de l'accompagner dans une évocations de ses souvenirs. C'est ainsi
que nous sommes montés ensemble au refuge de la Noire de Peuteret dont
il avait fait l'ascension plus de trente ans auparavent et au refuge de Leschaux
auquel il avait, quelques années plus tard, consacré tant de
temps pour le faire ériger tout d'abord et pour le construire ensuite.
Cette escapade nous avait laissé un goût amer car trois des alpinistes
belges que nous espérions suivre à la jumelle dans les Grandes
Jorasses venaient de trouver la mort accidentellement au cours de leur ascension.
Le partage de l'émotion et de la tristesse de Jacques à cette
occasion m'a confirmé dans l'estime que j'avais pour ses grandes valeurs
humaines et m'accompagne dans mon souvenir.
Marcel Brouwer

En avril 1999 l’annonce du Paldor m’a séduit, aussi le jour même je me suis rendu pour la première fois chez Jacques et Monique. Ils m’ont ouvert leur porte et nous avons fait connaissance, ils m’ont accepté pour l’expé et, j’ose le dire, ils m’ont gentiment piégé pour le CAB Brabant. Ce jour-là l’amitié était au rendez-vous. Croyez moi c’est un beau parcours, il continue toujours malgré l’épreuve et la porte ne s’est jamais refermée.
Edouard Deramée
Ce lundi 8 décembre 2003, date de la rédaction de ce PV, j’apprends à la fois la victoire de Muriel Sarkany qui vient de gagner la coupe du monde d’escalade sur structure artificielle mais aussi et malheureusement le décès de notre collaborateur Jacques Borlée qui outre son investissement sans compter dans la vie de la communauté alpine belge, assuma durant une trentaine d’années la fonction de Secrétaire général de notre association. Il y a deux semaines, Jacques, souffrant, cherchait encore à s’informer et se souciait toujours quant à l’évolution des dossiers en cours. Il gardait près de son lit une corde de montagne équipée d’un descendeur, équipement qui lui permettait de se redresser. Aujourd’hui Jacques s’en est allé plus haut que le sommet des montagnes. Nous perdons énormément. Ses hiéroglyphes crayonnés me manqueront. Jacques m’avait initié à l’histoire de l’alpinisme belge. L’un de ces derniers soirs de novembre, alors que j’allais lui demander conseil, j’ai quitté Jacques s’excusant de ne pas être bien en me promettant de revenir plus tard. J’ignorais alors que je ne reverrais plus jamais mon ami. Nous avions notamment ensemble encore évoqué la personne de Xavier de Grunne…Je sais hélas que même un « hocus pocus » de notre magicien du Brabant ne te fera plus redescendre de là -haut.
Jean-Louis Vigneul
Secrétaire général du CAB-BAC
