Une fleur de lotus pour les belges


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En deux jours d'escalade, tour à tour libre et artificielle, ils réussirent l'ascension de ces 400m de dièdre herbeux et moussus. La descente se déroule dans la grisaille et la pluie. Le mauvais temps a repris possession du cirque.

La Fleur de Lotus est à nouveau frappée d'inaccessibilité et nous plongeons peu à peu dans une léthargie. Le vendredi 10 juillet, tout change, le soleil prend possession des cirques ... Après un petit déjeuner vite absorbé, les sacs sont bouclés en toute hâte et nous nous pressons jusqu'à la paroi. Nous voilà au pied d'un rêve de 700m de haut, désormais bien concret. Deux cordées sont formées, nous nous suivrons à quelques langueurs de corde. Nous remontons d'abord un grand dièdre qui vient mourir sous un surplomb. Aussi sombre et nonchalant est le dièdre, aussi ensoleillée et gaie se présente la dalle qui suit.
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Une escale à Watson Lake petite ville perdue au Nord de l'Alaska highway, nous permet de terminer l'approvisionnement et de louer les services d'un hydravion-taxi. Le lendemain, l'hydravion nous abandonne tous les cinq sur les rives de Glacier-lake.
Après avoir fixé la date et l'heure de retour avec le pilote, notre dernier lien avec la civilisation s'envole.

En quatre jours, nous acheminons 350 kg de matériel et de vivres à travers forêts, marais et horrible pierrier. Le mauvais temps nous poursuit depuis le départ et nous incite à dresser les tentes sous un bloc de granit surplombant.

Si l'aventure prend souvent source de livres ou de fil, la notre s'est concrétisée dans un massif perché à l'extrémité Nord des rocheuses canadiennes, à cheval sur les territoires du Nord Ouest et du Yukon. Les "Logan Mountains" sont d'un accès difficile et leur approche nécessite de nombreuses heures de vol.
A chaque éclaircie, nous découvrons les parois, les regards se perdent de l'imposant Proboscis à la silhouette élancée de la tour de la Fleur de Lotus, dont l'ascension est le but de notre voyage. La splendide fleur de granit ne cesse de se redresser des dernières intempéries, et nous nous tournons vers d'autres sommets en meilleures conditions. C'est ainsi que trois d'entre nous tentent la première ascension du grand dièdre d'Unicorn Peak.

D'écaille en écailles, nous nous dirigeons vers une fissure qui fend toute la dalle. La fissure va en s'élargissant, pour faire place à un petit dièdre qui mène à une terrasse sur laquelle nous nous redressons face au fantastique système de fissures appelé " Great Line " qui a attiré bon nombre d'alpinistes depuis qu'il fut découvert en 1968 par J.Mac Carthy, T. Frost et S.Bill.

 


Tour de la Fleur de Lotus
Nous équipons quelques longueurs dans une des fissures et nous redescendons bivouaquer sur la terrasse encombrée de neige. Le soir, bien enfoncés dans nos sacs nous nous endormons sous un ciel léger, à droite une petite étoile scintille, pourvu que le temps.... Le lendemain, le soleil est au rendez-vous, nous remontons les cordes fixes laissées la veille. Bientôt, l'escalade reprend dans la sauvage "great line".

Michel dans la " Great Line "


Un premier surplomb vient briser ces lignes, suivi d'un second un peu plus large, et le système repart de plus belle. Mais la paroi se couche et les fissures se rejoignent en une seule. Rapidement, elle s'estompe pour quelques dalles très inclinées.
Deuxième surplomb,
5 longueurs sous le sommet
Bientôt nous nous dressons tous les cinq au sommet, durant quelques instants nos regards vont des lointains pics inconnus à la toute proche Nahanni qui serpente et s'insinue à travers une verte vallée. Le soleil achève son interminable course et laisse à la claire nuit subartique, le soin de nous guider au long des rappels de descente. Le rêve n'est jamais loin de la réalité, en deux jours nous venons de franchir le pas.

Babeth-Lambert-Marc-Michel et Toch.