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A cordillera called « Blanca » ou Le sérac suspendu.

Soumis par Fontaine Christian le 25 August 2015

Le succès n’était pas garanti à l’avance, étant donné notre méconnaissance crasse de cette région du monde, et les conditions difficiles de la haute altitude.
Première étape donc, se renseigner sur ce sport difficile qu’est l’ « andinisme » avec des bouquins de vulgarisation d’abord : « Martine à la montagne » (1), « Mont blanc pour les nuls » (2), ou des vidéos « you tube » : « C’est pas sorcier – l’escalade » (3) ; plus techniques ensuite : « Huaraz & the cordilleras – lonely planet » (4), « Ph. Beaud – les cordillères du Pérou » (5), « Brad Johnson – classic climbs of the cordillera blanca perù » (6), les topos de « camptocamp » (7), et les cartes au 100.000ème de l’Alpenverein (8).
L’acclimatation se fera dans la région de Chavín de Huantar, une jolie petite ville coloniale, qui a le mérite de joindre l’utile à l’agréable, c’est à dire de ne pas s’acclimater idiot et de visiter quand même quelques ruines précolombiennes. Nous avons aussi la chance de passer ces quelques jours au moment de la fête locale, soit 4 jours de danse, de musique, de bouffe et de beuverie, où les villageois des environs descendent de leurs patelins pour faire la fête.
Après quelques jours de rando et de reconnaissance, le premier sommet de 5.200m (le Yanamarey : PD) est vaillamment conquis, malgré une description de l’itinéraire on ne peut plus sommaire et inexacte dans le topo de Ph. Beau (1.300 m de dénivelé positif au lieu des 500 annoncés).
Changement de décor, on choisit le village de Catac comme point de départ pour le deuxième objectif : un sommet de 5.590 m (le Raria norte : AD). 4 jours en autonomie totale, dans une vallée isolée, seront nécessaires pour cette ascension, où encore une fois le topo de Ph. Beau sera un peu dépassé. Le recul du glacier nous obligera à imaginer un itinéraire bien plus direct que celui décrit. Un peu de mauvais temps dans la première tentative, et une méchante « turista », feront que seuls Bruno et Fabrice iront au sommet….
Après avoir mis en pratique les conseils de Martine, nous allons maintenant suivre les conseils avisés de Fred et Jamy à Hatun Machay (9): un site de grimpe sportive à 4.200 m d’altitude. Un refuge et un camping sympas, fréquentés par des grimpeurs de toutes les nationalités, et installés à quelques mètres d’un chaos de petites falaises de roche volcanique.
Enfin direction Huaraz, le « chamonix des Andes ». On se fixe comme prochains objectifs 2 sommets situés dans la « Quebrada Ishinca » : l’Urus Est (5.420 m – PD) et le Tocllaraju – voie Nord-Ouest (6.032 m – AD). Grand luxe cette fois, nous feront appel à une agence de trekking pour l’intendance : 2 mules et un « arriero » (le muletier) monteront le matos au camp de base, et un « cocinero » nous préparera de bons plats typiques péruviens matin et soir pour les repas au campo base. Une météo d’enfer nous permettra de faire ces 2 sommets en un horaire parfait entre 4h et 4h30, à partir du camp de base pour l’Urus. Deux jours plus tard, nous atteignons le sommet du Tocllaraju, en 5 heures à partir du camp d’altitude installé à 5.100 m. A la montée et à la descente, l’ombre de Joe Simpson nous couvre toutefois de façon inquiétante, lorsqu’un sérac suspendu de la taille d’un autobus penche juste au-dessus de la trace. On serre les fesses, et on espère qu’il n’aura pas la mauvaise idée de s’écraser juste à notre passage.
Retour à Huaraz pour un peu de repos. Il nous reste encore quelques jours pour tenter une dernière aventure…. : l’ascension du Sphinx (10) pour Bruno et moi et l’Artesonraju pour Fabrice et Greg. Mais notre appétit gargantuesque était trop grand pour notre bide. Un peu entamé par quelques « turistas », Greg ira se balader du côté de la laguna Llanganuco avec un pote canadien rencontré au gîte, et Fabrice, qui se joindra à nous pour le Sphinx, n’aura pas plus de chance puisqu’on perdra un jour en se trompant de vallée dans la marche d’approche. Lot de consolation, on fera le lendemain Bruno et moi, une partie de la paroi, en aller-retour à partir de la « laguna Paròn »….et on aura quand même eu un bel avant-goût de ce « Big wall » magnifique.
Déjà finies les vacances à la montagne ! Retour sur Lima-Dallas-Philadelphie-Bxl, sauf pour Bruno, l’architecte de service pour qui passer au Pérou sans visiter le Machu Pichu était une hérésie. Merci Martine. Merci à Fred et Jamy pour les précieux conseils, et à tous les complices péruviens : taximen, cocinero, arriero, gardiens de refuge, chauffeur de bus, guides de la casa de guías, chevaux, moutons, lamas etc….
Christian FONTAINE
les noms : Bruno de Mathelin, Fabrice Morelle, Greg Schuller, et moi

Bibliographie :
(1) : Je commence à lire avec Martine à la montagne, éd. Casterman
(2) : Savoie-Mont Blanc pour les nuls.
(3) : C’est pas sorcier – l’escalade : https://www.youtube.com/watch?v=Mw6VkdC11xU
(4) : Huaraz & the cordilleras – lonely planet, 8th Edition , april 2013 (pdf)
(5) : Ph. Beaud – les cordillères du Pérou, Ed Glénat 1988
(6) : Brad Johnson – classic climbs of the cordillera blanca perù, Ed 2003
(7) : http://www.camptocamp.org/
(8): Alpenvereinskarte : 0/3a cordillera blanca-nord (Perù) et 0/3b cordillera blanca-Süd (Perù), édition 2006, 1:100.000
(9): http://toposperu.com/huaraz/hatun-machay/
(10) : http://toposperu.com/huaraz/la-esfinge/

Bruno, Christian, Fabrice et Greg ont testé pour vous cet été 2015 l’aventure péruvienne.

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