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Sylvia Vidal

Soumis par MARTIN Lambert le 18 August 2014

Quand j’étais étudiante en éducation physique à l’université, j’ai eu la possibilité de participer à un raid de sports (d’) aventure. Une semaine non-stop d’orientation, de moutain-bike, de rafting… et d’escalade. J’ai réellement commencé l’escalade en 1994, et je grimpais déjà de longues voies en solitaire lors de ma première année de pratique.

Si l’escalade, c’est en fin de compte chercher le déséquilibre pour trouver l’équilibre, quelle part cette discipline prend-elle dans ta vie ?
TOUT ! N’est ce pas cela l’essentiel ? Partir d’un déséquilibre pour chercher l’équilibre ? La vie est ainsi faite, lorsque l’on est non-conformiste.

Pourquoi as-tu choisi ce type particulier d’escalade que sont les longues voies en solitaire ?
Parce que de toutes les disciplines de l’escalade, c’est celle qui suscite le plus mon intérêt depuis le début. Vivre pendant des jours suspendue à la verticale, l’énorme concentration que demande une longueur en artif’, toutes les ferrailles et “jouets” dont on a besoin pour l’exercer, c’est toutes ces choses à la fois qui m’attirent. Quant au fait d’y aller seule, cela correspond à une nécessité personnelle qui me permet de vivre ces situations de manière beaucoup plus intense que si j’étais accompagnée. Cela n’a rien à voir.

Tu vis à Barcelone, mais pratique l’escalade en solitaire pendant de longues périodes. N’y a-t-il pas un paradoxe entre tes deux vies ?
Non. Cela fait précisément partie de l’équilibre. Ces opposés sont pour moi, nécessaires. La ville a ses côtés positifs, tout comme la montagne. J’essaie d’en profiter.

En décembre 2010, tu es venue à Bruxelles pour la présentation mémorable de ton expédition “Naufragi” dans la Vallée de Monsson dans le nord de l’’Inde. 1000 mètres de paroi pour 25 jours en solitaire. As-tu continué dans la même direction ?
Oui. La conférence de cette année à Bruxelles présente l’ouverture d’une nouvelle voie ouverte en solitaire sur un sommet vierge en Patagonie chilienne. J’y ai passé 32 jours seule en paroi, et.les mauvaises conditions climatiques ont beaucoup influencé le déroulement de cette expédition.

Peux-tu nous dire comment tu fais pour choisir un projet ou une expédition ? Quel est le processus ? Cela commence avec une photo, ou avec une histoire que quelqu’un te raconte ?
Oui, tout commence soit avec une photo, soit avec quelqu’un qui me parle d’une région. A partir de là, je commence à pêcher des informations. Habituellement, il y a peu ou pas d’informations concernant les endroits où je choisis de partir, ce qui rend tous les aspects logistiques assez compliqués.
Mais ce qui reste important pour moi, c’est la première impression que je ressens lorsque je vois la photo d’une paroi inconnue ; c’est cette impression qui me guide ensuite.

Je sais que tu as pour habitude de dire “il n’y a pas de plan” mais connais-tu déjà ton prochain projet ?
Je ne parle jamais de mes projets. Cela reste quelque chose de personnel. Je ne les partage que lorsque je reviens, et bien sûr indépendamment du résultat de l’expédition. En parler avant porterait, selon moi, atteinte à ma liberté de choix.

Palmarès de Sylvia
Naranjo de Bulnes (Picu Urriellu), Asturias
Solo ascent of “Principado de Asturias” (A4). Awarded the “Piolet de Oro” (Golden Ice Axe) of the FEDME (Spanish Mountain Federation)
In 1998 a new route in the winter “Tramuntana” (A4+/7a+) with 11 bivouacs, partnered by Pep Masip.
Also the repetition of the mythical “Sueños de Invierno” (A4+) with Oscar Cacho.
Yosemite National Park (California)
Repetitions of “Mescalito“, “Zenyatta Mondatta“, “Sea of Dreams“, “The Shield” and “Reticent Wall” (A5) on El Capitan.
Solo ascents of “Zodiac” and “Wyoming Sheep Ranch” (9 bivouacs) on El Capitan.
And a new route on the Porcelain Wall “Sargantana” (A4) with Pep Masip.
Karakorum, Himalaya, Pakistan
To the Nagma valley, relatively unknown at the time.
Brakk Zang‘s first ascent, opening the route “Ganyips“.
Returning a year later with Pep Masip and also Miquel Puigdomènech to open the route “Sol Solet” (1,650m A5-A5+/6c+/60degrees) on Amin Brakk (5,850 meters altitude). 32 consecutive days on the wall.
And “Life is Lilac” (A4+ 6a) on Shipton Spire, 21 days alone on the wall.
The Indian Himalaya
In the Miyar valley, two new routes.
The first with Eloi Callado, “Mai Blau” on Neverseen Tower.
And the second, a solo ascent of Castle Peak by the route “7 d’Espases“.
A third trip to the Kinnaur valley, a solo climb of a virgin wall located in the Kailash Parbat massif. “Naufragi” (1.050 meters, A4+), 25 days on the wall.
Baffin Island (Canada)
with Frank Van Herreweghe, we opened the route “Sangtraït” on Turnweather Peak.
In 2009, Mount Asgard by the route “The Belgarian” with Nico and Olivier Favresse, Sean Villanueva and Stéphane Hanssens.
Andes
Huascaran North (Cordillera Blanca, Peru)
with Youri Cappis to climb a new route on the East face, “Entre Boires” 930 meters and 18 days on the wall.
Chilean Patagonia
On Serranía Avalancha, 32 days remained on the wall to establish “Espiadimonis”.

Silvia, quand et comment as-tu découvert l’escalade ?