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Camp d’été au Caroux

Soumis par Membre CRA le dim, 20/07/2014 - 00:00

Tout le monde est là, les bagages sont chargés, nous sommes prêts pour douze heures de route vers le sud. Direction : Bédarieux dans le Languedoc-Roussillon.
Dix stagiaires de 14 à 19 ans, trois moniteurs, pardon, trois encadrants et trois intendantes embarquent dans le minibus, le fourgon et la voiture. C’est parti pour treize jours d’aventure et de vie commune.
Notre objectif est de faire découvrir l’escalade en milieu naturel et, par étape mesurée, amener le jeune à son autonomie totale dans cette discipline. Et le camp d’été est une étape extrêmement propice qui participe pleinement à cet objectif.
Dans un rayon de 25 km, nous avons accès à plusieurs massifs calcaires très bien équipés, ce qui nous permet de pratiquer à l’envi différents types de relais, les descentes en rappel avec corde à simple ou à double, les cordées à deux, à trois ou la corde tendue à plusieurs, les différentes réchappes etc, … Puis arrive la découverte des gorges du Caroux ou la revisite pour les inconditionnels du camp d’été. Là, il s’agit de granit et toutes les perceptions et habitudes changent. Il faut s’habituer au grain de la roche, aux réglettes et autres fissures. Et l’équipement est du style « montagne » c’est-à-dire que les relais sont en place et quelques points protègent les pas les plus exposés. Pour le reste, il faut prendre quelques coinceurs.
Notre priorité n’est pas la performance dans la difficulté mais bien la façon dont le jeune va intégrer les diverses manœuvres pour en faire des outils maîtrisés qui l’accompagneront dans ses engagements verticaux.
Chaque jour, nous changeons les cordées. Cela permet de découvrir de nouvelles personnes et de susciter une dynamique de groupe appropriée. Les ateliers sont animés par les grimpeurs expérimentés, supervisés par un moniteur. Apprendre à apprendre donne une autre vision sur ses connaissances et leur transmission…et valorise la personne qui doit se faire comprendre. Et ce n’est pas toujours le plus âgé qui apprend aux plus jeunes.
Pour ceux qui ne nous connaissent pas, il est important de préciser nos origines pour comprendre notre fonctionnement actuel. Le Centre Routier Alpin était un centre routier, donc une suite logique du parcours louveteau (6-11 ans), scout (12-18 ans) et routier (18-…). Sa spécificité était que son activité s’orientait principalement vers la montagne, comme d’autres centres ont choisi la voile ou la spéléologie. Nous avons gardé la pédagogie du scoutisme et l’avons appliquée à notre passion sportive, et je dois bien le constater, cela donne des résultats étonnants.
Le moment fort du camp, c’est le « raid », souvent programmé dans la dernière partie du séjour. Par équipe, qui varie de deux à six grimpeurs, les objectifs sont déterminés. Ouverture des topos et autres cartes car il faut avant tout trouver le lieu de « dropage ». Puis localiser le massif, la voie et le meilleur chemin d’accès. Ensuite, déterminer l’itinéraire de descente approprié en fonction de la suite du raid. Il faut encore établir la liste du « matos » nécessaire : ni trop, car il faut tout porter, ni trop peu, car une fois dans la voie, c’est trop tard. Enfin faire son sac pour un bivouac sur le plateau sommital. Des moments où les équipes sont entièrement autonomes, responsables et vivent intimement l’aventure.
Voilà près de vingt ans que le camp se déroule sur ces principes. Nous disposons d’un moniteur breveté fédéral. Pour le reste, nous fonctionnons en formation interne avec des « brevets » d’évaluation. L’initié est celui qui a participé à une sortie falaise. Puis il y a le compagnon de cordée qui a suivi un camp ou quelques sorties avec ateliers. Suit le second de cordée qui est capable de réaliser les manœuvres de base dans une cordée et enfin, le premier de cordée qui est capable de mener une cordée avec un ou deux seconds en tenant compte du niveau de ceux-ci en fonction des voies proposées. Nous avons aussi le niveau 1er A, qui s’adresse aux personnes qui sont intéressées et motivées par l’encadrement des ateliers et des diverses activités du club. Les décisions se prennent de façon collégiale. Ce système fonctionne car nous connaissons bien les participants qui nous suivent depuis un certain temps. Et les nouveaux ne sont pas en reste car, par le fait de pratiquer les tournantes de cordée, ils sont très vite intégrés dans l’activité et l’esprit du club.
Après treize jours de camp, nous nous étions tous enrichis de quelque chose de commun et de personnel à la fois, ravis d’avoir participé ensemble à cette aventure dans la verticalité avec tout ce que cela suppose comme engagement, émotions diverses, joie et parfois trouille, mais surtout de rencontre avec soi-même.
Un très bon cru 2014. Un grand merci à tous les participants.

1er juillet, 6h30 Bruxelles.