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Caroux 2015

Soumis par Raymaekers Yves le 25 mai 2015

Nous étions une petite vingtaine à nous retrouver pour cette semaine au Caroux, entre l’Ascension (bien nommée) et la Pentecôte.
Chacun y a pu trouver son bonheur, malgré des conditions assez venteuses empêchant la réalisation de certaines voies très exposées au vent. Nous avons œuvré principalement dans les sauvages gorges d’Héric.

Jeudi 14 mai : Pierre-Yves, Guy et moi-même sommes les premiers à fouler les rochers, par l’escalade de l’arête sud-est du Minaret. Un départ en variante nous fait rapidement retrouver l’arête, plaisante à parcourir, sans être trop difficile, mais nous avons à placer nous-mêmes les protections. Les voies ici ne sont pas équipées, on peut cependant y trouver des broches dans quelques passages difficiles et les relais de certaines voies (pilier du Bosc).

Vendredi 15 : le temps de faire quelques courses, et déjà le temps se dégrade pour se mettre à la pluie. Ce n’est que dans l’après-midi que quelques courageux filent au secteur Vergues, toujours dans les gorges d’Héric. Premier malheur : en voulant cacher mon sac derrière un gros bloc, j’écrase le majeur de la main droite en coinçant une grosse pierre contre le bloc : le doigt explose et se met à saigner, l’ongle s’est détaché. Guy m’enveloppe le doigt avec un sparadrap et nous enchaînons les longueurs dans ce rocher école.

Samedi 16 : avec Pierre-Yves et Philippe, nous trouvons la cheminée du Rieutord, après quelques fastidieuses recherches dans le ravin dudit ruisseau, grimpe plaisante dans des dièdres brochés minimum syndical. Lors du rappel final de 15m, deuxième malheur : dernier à descendre, j’oublie mon descendeur en haut du rappel et peste sur ce Machard qui freine à crever avant de m’apercevoir qu’il est tout seul sur le baudrier. J’en suis quitte pour remonter avec le même Machard et une clef de pied récupérer le descendeur, pour ré-entamer le rappel de façon plus « classique ». Mais où donc avais-je la tête, ou de la nécessité du Machard ou du Prüssik lors d’une descente en rappel !

Dimanche 17 : Nous sommes 7, une cordée de 4, une de 3, à parcourir à corde tendue la main de Farrières. Lors du départ, Guy, engagé dans une cheminée, nous prévient qu’il doit évacuer un bloc dangereux pour la progression. Troisième malheur : je suis adossé à la paroi, le bloc roule dans la cheminée, et à la rencontre du sol terreux, oblique rapidement dans ma direction ; je n’ai que le temps de l’éviter du pied droit pour le recevoir sur le gauche, juste au-dessus de la malléole interne. J’en suis quitte pour une grosse ecchymose, mais le restant de la journée, à part l’hésitation de la deuxième cordée pour la descente au col, se passe très agréablement, quoique dans des conditions assez venteuses.

Lundi 18 : Reconstitution de la cordée de jeudi, nous partons cette fois pour l’arête sud du Peyris.
La corde à double en deux brins nous permet à chaque longueur de choisir qui grimpe en tête.
M’échoit la dernière longueur : j’escalade un grand feuillet pour sortir dans un dièdre. Ensuite, une traversée délicate sans être difficile me permet de placer une protection sur un arbuste. Peu après je trouve un piton. La progression s’arrête en-dessous d’un petit surplomb où trône une grosse fissure : il est temps d’y placer un friends, j’y parviens après quelques tergiversations. Je suis fatigué et ne parviens pas à surmonter directement le surplomb ; je n’ai pas envie de tomber à cet endroit, je dois me concentrer. J’observe le replat oblique où reposent mes pieds : il se prolonge vers la droite et j’entrevois une sortie vers un arbuste après 3 ou 4 mètres de traversée. Ouf ! Je suis sorti et je peux installer un relais, mais le pansement du majeur en a profité pour jouer les filles de l’air et le frottement de la corde va m’obliger à retraverser dans l’autre sens pour la dégager du friends.

Mardi 19 : si je vous raconte que nous avons été littéralement obligés de nous ranger sur la bande d’urgence de l’autoroute par des fous furieux qui nous croyaient l’auteur d’un vol dans leur voiture à l’aire de repos où nous avions fait halte, vous comprendrez sans peine que je crois aujourd’hui à la loi des séries ! ! J’ai expliqué fermement à l’auteur du détournement que la police nous a précédés un temps avant de disparaître et que si un accident arrivait il en serait tenu pour responsable ; ils sont repartis sans autre forme de procès !

Mercredi 20 : j’ai dû me rendre aux urgences, mon doigt amoché prenait une coloration inquiétante, je commençais un panaris. Les malheurs se terminent par une cure d’antibiotiques, je ne vous dis pas l’effet sur le système digestif !
Super la semaine au Caroux, des amis agréables, un endroit superbe, un temps finalement assez clément, mais……

Les tribulations d’un grimpeur au Caroux, ou comment de petits bonheurs peuvent se ponctuer de petits malheurs