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è pericoloso sporgersi !! la via delle leggende

Soumis par Schoboboda Alain le 20 November 2017

ALTA VIA 01

Pratiquer la randonnée en montagne demande un pied sûr (même deux, puisqu'on les a et en plus, dans pratiquement tous les cas, .....cela marche); maintenant transposer ce concept dans les Dolomites demande aussi de faire abstraction du vide.  Pour parodier Jean-Claude Van Damme: "t'enlève le vide, tout tombe" (personnellement,  je trouve cela très..profond !). Gardons le vide, mais, n'y touchons pas trop!
A ce sujet, je repense à ce qu'écrivait Georges Kogan dans la Revue d'Alpinisme (1950) : "...Le vide des Dolomites, c'est la terreur qui vous glace et la joie qui vous enivre, c'est le cadre inséparable de votre action, qui la rend sublime et précaire..."
Ceci pour ajuster le calibre du séjour: on est parti pour de la randonnée aérienne.

Brigitte voulait découvrir les Dolomites. Pour ma part, c'était un retour en terres connues après 25 ans (à ma belle époque d'escalade et vias ferratas, où d'ailleurs ma dermatologue m'avait déclaré que j'avais un beau cor - bon, depuis ...elle me l'a enlevé).
Sachant que pour découvrir une région, rien de tel qu'une randonnée itinérante, notre choix se porta sur l'Alta Via n°1, haut chemin alpin partant du nord du Tyrol, au lac de Braies pour se terminer au sud, dans le piémont vénitien, à Belluno (±150 km et 12.000 m de dénivelée positive, avec les variantes).
Parmi les 7 ou 8 Alta Via des Dolomites, la n°1 est assez classique, avec quelques passages aériens et mains courantes. Seule la dernière étape exige du matériel spécifique de via ferrata, d'autant que le parcours se fait dans le sens de la descente!!

Pour le reste, et en résumé: chaque jour vous comble de paysages de citadelles élancées parmi des crêtes minérales, dans un contraste permanent entre violence du relief et douceur des alpages. Entre les vaches errantes et les vététistes croisés aux jarrets électro-motorisés, de plus en plus nombreux sur certaines portions, la randonnée n'est jamais monotone, mais, au contraire, rythmée par les variations rapides entre chemins aisés et parcours techniques, aériens,  courts ou surprenants; l'émerveillement est constant, d'autant qu'aucune montagne ne se ressemble: la vue à 360° du refuge Lagazuoi, les Tofanes, les Cinque Torri, le Pelmo, la Civetta (impressionnante face Nord ) la Schiara,...  excellents sujets pour photographes et contemplateurs émotifs (j'en suis).

Cerise sur le gâteau (souvent un tiramisu), après une journée d'efforts, l'arrêt et le repos dans les refuges est un véritable régal: autant pour la beauté du site que pour la qualité de la nourriture, et comme on dit: y’a pas de mal à se faire du bien et les Tyroliens savent y faire!! (faut juste assurer en aval).
Brigitte est revenue comblée de ce premier séjour dans les Dolomites et a appris aussi qu'il valait mieux partir très tôt du refuge pour éviter les orages, assez fréquents et violents, et ne pas arriver au "compte-gouttes"  à l'étape!!
Assurément, on y reviendra (...dans moins de 25 ans!)
Arrivederci
                                                                                                                            Alain Schoboboda

 

ALTA VIA 2

À force d’entendre parler des Dolomites par mes copains de rando, l’envie de découvrir ce coin de montagne m’est aussi venue. Et grâce à mon ami Alex, l’envie est devenue réalité.
Le 9 juillet nous partons pour l’Italie. Notre parcours: l’Alta via 2 Dolomiti qui démarre de Bressanone jusqu’à Feltre, 12 jours de marche en altitude.

Il existe plusieurs Alta Via dans les Dolomites. Pourquoi avoir choisi celle-là ? Son nom peut-être ? « La Via delle leggende », mais surtout parce qu’on y chemine tout le temps entre 2000 et 3000 m, qu’elle est réputée technique et équipée de plusieurs passages « attrezzato ». Les descriptifs, photos et vidéos trouvés sur le net ont achevé de nous conforter dans notre choix.
La préparation fut surtout le fait d’Alex, expert en GPS, et en italien, ce qui ne gâche rien pour la lecture des topos et les réservations. Il a personnalisé l’itinéraire pour le rendre plus intéressant, tout en prévoyant des voies échappatoires en cas de mauvais temps.

Comment résumer en quelques lignes ce merveilleux périple ?

Les paysages d’abord nous en ont mis plein les yeux ! Les « groupes », comme on nomme dans les Dolomites les différents massifs parcourus, montagnes de roc verticales, émergent de vallées verdoyantes, offrant de beaux contrastes entre la douceur et l’aridité.
Les nombreux cols franchis - en italien Passo, Forcella, Col - toujours très hauts, étaient autant de fenêtres vers de nouveaux horizons, tous plus beaux les uns que les autres.
S’arrêter pour découvrir, s’imprégner, se fondre dans cet univers minéral, s’étonner des fleurs qui s’épanouissent entre les pierres, admirer les roches dorées ou rosées sur un ciel bleu profond, sentir l’ardeur du soleil et le froid du vent d’altitude, écouter le silence, dormir dans des refuges isolés en pleine montagne, s’émerveiller le matin devant une mer de nuages; que de sensations, que d’émotions devant tant de beauté !

Pour ce qui est du parcours, nous avons eu la chance d’avoir du beau temps et donc de faire les variantes pour « esperti », deux sommets, et la traversée de la Marmolada avec une première expérience sur glacier pour moi !
Les passages « attrezzato » équipés de câbles, de pitons ou d’échelles mettent du piment dans les journées ! Pour certains il s’agit de vraie via ferrata (le panneau est là pour nous l’indiquer) et il faut s’équiper, ce qui s’avère quand même très rassurant pour une néophyte comme moi.
Cela dit, que ce soit en montée, en descente, ou en balcon, le cheminement est difficile et demande une concentration constante. Et les descentes sont finalement encore plus dures que les montées tellement il faut faire attention de ne pas glisser sur des pierres qui roulent, sans parler de certains sentiers étroits bordés de pentes abruptes qui sont vraiment stressants; une chute serait fatale !
Les dénivelées sont importantes tous les jours, en montée comme en descente, et ce qui tue c’est la descente ! À deux reprises plus de 1850 m.
Bref, il faut une bonne condition physique, le pied sûr, un bon compagnon de marche et…du beau temps.

Enfin, comment oublier le charme de l’Italie, sa langue qui chante aux oreilles (même si dans le nord l’allemand est très présent), les « salve », « buongiorno » échangés sur les chemins, les haltes en journée pour un cappuccino, un minestrone, un strudel di mele ou un panino, l’accueil si chaleureux dans les rifugi, la délicieuse cuisine (et on choisit ce que l’on désire manger !), le caffé, la grappa e tutti quanti.

Que du bonheur cette Alta Via ! Il faut évidemment aimer le minéral et les chemins un peu techniques mais l’éblouissement est quotidien.
Au terme de ce périple, une seule envie, revenir dans les Dolomites !

Récapitulatif: 190 km, dénivelée positive 12000 m, dénivelée négative 13255 m.
Si vous êtes intéressés: infodolomiti.it

                                                                                                       Marie-Cécile Vanpel

 

 

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