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En Patagonie, sur les pas de…

Soumis par Surny Elisabeth le mar, 04/12/2007 - 00:00

... c’est à dire le tour du Fitz Roy et des Torres del Paine que nous compléterons par le Sud du Sud à Ushuaia et retour sur Buenos Aires pour visiter cette fabuleuse ville. Nous partons le 19 novembre 07, fin du printemps austral, période de l’année où les journées sont longues.

D’abord le Fitz Roy pour se mettre en jambe… Après un passage par El Calafate, petite ville de vacance au bord de l’immense lago Argentino, réserver le bus pour El Chalten et faire les dernières courses pour notre trek, nous partons pour 4 journées de trekking voir les mythiques parois où Nico, Sean, Oli et Mike ont traînés leurs basques début 2006.
Le jeudi 22 novembre, 3h30 de bus entre Calafate et Chalten avec un panorama grandiose sur la Mecque de la Patagonie, le Fitz Roy et le Cerro Torre, plus effilé que nature, nous préparent à notre trekking. Nous prenons nos sacs et cap sur la vallée du Rio Fitz Roy qui mène au Lago Torre qui fait suite au glacier Torre. Pas de vent, un ciel bleu, les montagnes superbes, c’est l’occasion rêvée d’aller jusqu’au mirador Maestri admirer le Cerro Torre, immense glaive tendu vers le ciel se reflétant dans le lac.

Toujours sous un ciel sans nuage, le lendemain nous changeons de vallée et mettons le cap sur le Fitz Roy. Après quelques heures de marche le long des lacs Nieta, Hija, et Madre, nous pouvons admirer le Fitz Roy mais le vent commence à se mettre de la partie. Arrivés au camp Poincenot, nous abandonnons nos sacs et en passant par le CB du Rio Blanco où l’expé du CAB de ’81 a dû patienter en attendant le beau temps, nous montons au lago de los Tres – passage obligé pour le pied de la paroi… Une pensée pour 4 garçons dans le vent… il y a 2 ans sur leurs portaledges ou obligés de se réfugier dans une grotte de glace pour échapper aux attaques en règle d’un vent fou. Le lendemain, à notre tour d’être aux prises de ces rafales, le Fitz est couvert de nuages et il commence à pleuvoir. Nous longeons le Rio Blanco et dans un dédale de gros blocs allons jusqu’au lago Piedras Blancas, où se jette le glacier très tourmenté, rien que des séracs. Et c’est là que nous nous fourvoyons en traversant le Rio Blanco sur un bout de bois craignos et faisons un sérieux détour qui nous permet d’avoir une belle vue sur les montagnes avant de remonter le Rio Electrico jusqu’au campement de la Piedra del Fraile où nous nous installons (pensée pour Hubert, Jean-Pierre et Christophe et au droit de passage). Lambert, Jean-Luc et Marianne continuent jusqu’au lago Electrico sous un vent déchaîné.

Après une nuit venteuse et les attaques d’un chat féroce, nous nous levons sous un ciel tourmenté avec du soleil. Descente de la vallée Electrico mais attention, nous virons sur la droite pour trouver notre chemin d’hier, petite trace dans la forêt qui nous ramène directement vers le Rio Blanco. Passage par Poincenot puis retour sur El Chalten pour attraper le bus de 18h pour Calafate. Le lundi 26 novembre sera plus touristique, avec la visite du glacier Moreno – énorme glacier qui se jette dans le Lago Argentino – Tout est démesuré, blanc presque bleu, venteux et très humide.

Ensuite nous attaquons le parc de Los Torres…
Le mardi 27 novembre, après un voyage en bus de 5h à travers la pampa aride, où nous verrons des guanacos, des nandous entourés de leurs petits, des renards appelés ici zorro, et le passage de la frontière chilienne (vérification minutieuse des bagages concernant la nourriture fraîche), nous arrivons à Puerto Natales. Préparation du trek, achat du frais et réservation du bus pour le parc des Torres del Paine.
Arrivé sur place, les gardiens du parc nous apprennent qu’il n’est pas possible de faire le grand tour, le passage est effondré en plusieurs endroits et estimé dangereux à cause de la neige. Nous changeons rapidement notre fusil d’épaule et décidons de faire le « W », très belle solution de rechange. Cela signifie de remonter chaque vallée du massif avec de belles vues sur les montagnes. Un mini bus nous amène à l’Hosteria Las Torres d’où démarre notre trek par la valle Ascencio qui donne accès aux Torres del Paine. Nous installons nos tentes au campamento Torres et tout de suite l’orage éclate avec un vent hurlant. Immédiatement après la pluie, Jean-Luc et Marianne montent au mirador admirer les tours qui sont enfin dégagées. Nous avons raté l’occasion et espérons pouvoir y aller demain. Toute la nuit il a plu, nous nous réveillons dans un paysage bouché, trempé. Nous décidons d’aller vers la vallée del Silencio en passant par le Campamento Japones où nous sommes accueilli par 2 jeunes grimpeurs du Colorado qui attendent le beau temps en buvant du maté. Nous continuons notre ballade sous une pluie qui se transforme en neige d’abord dans un ruisseau à sec puis sur des pentes de cailloux et très vite sur de la neige bien fraîche. Tout est blanc et nous sommes dans les nuages lorsque nous décidons de faire demi-tour, nos traces sont déjà recouvertes. Retour à notre campement toujours sous une pluie bien drue.
Le lendemain tôt, nous montons jusqu’au belvédère d’où nous pouvons admirer les Torres complètement plâtrées et sinistres dans un décor gris. Dire qu’il y a 2 ans lors de leur rêve patagon, Nico et Oli Favresse, Sean Villanueva et Mike Leconte ont passé 11 jours dans cette paroi pour faire « Riders in the storm » dans la tour centrale des Torres. Maintenant que nous avons vu les tempêtes, nous pouvons imaginer… Chapeau bas.

Nous bouclons nos sacs, la journée sera longue jusqu’au campamento italiano (± 9h) dans la vallée suivante en contournant le Monte Almirante Nieto, son glacier suspendu et sa face sud est qui fait penser aux droites à Chamonix. Le temps est sec mais venteux dès que nous sortons des vallées, et le long du lac Nordenskjold, des rafales terribles arrivent en rasant le lac et viennent frapper la côte et les parois en faisant remonter les cascades le long des parois. Enfin nous arrivons à la vallée des français au campamento italiano. Au lever, il pleut mais aujourd’hui, journée avec petit sac, nous restons au même campement ce soir. Nous remontons la vallée jusqu’au campement britannique par une moraine centrale d’où nous dominons le glacier des français balayé par les avalanches – le cirque est grandiose bordé par des aiguilles de tous côtés. Marianne, Jean-Luc et Lambert continuent et attaquent le pierrier, 450 m bien pentu et enneigés. Au sommet tout est bouché. Ils ne verront pas les Torres qui doivent être juste de l’autre côté du col. Une tempête de neige les oblige à redescendre tout droit dans la neige et retour vers le campement – Repos – demain nous allons vers le glacier Grey.

Etape longue sous un climat patagonien, c’est à dire pluie, brouillard, soleil et vent alternent à une vitesse incroyable et il faut pouvoir s’habiller en fonction de n’importe quel climat. C’est une belle promenade qui nous mène de la vallée des français au lac Pehoé puis après une montée de vallée vers le lago Grey qui charrie des icebergs venus de l’immense glacier Grey. Nous allons jusqu’au mirador proche admirer le coucher du soleil sur le glacier et le lac Grey. Le lendemain, alors que nous descendons rapidement, Jean-Luc et Marianne jouent les prolongations en allant jusqu’à l’étape suivante. Ils prendront le bateau de 18h, nous nous retrouverons le soir à Puerto Natales.

Et la suite, de notre séjour sera beaucoup plus touristique vers Ushuaia et ses ballades en catamaran pour voir les lions de mer ou encore le long du canal de Beagle puis retour vers la Belgique avec un arrêt à Buenos Aires que nous avons arpentée dans la liesse populaire. Buenos Aires fête l’élection de sa toute nouvelle présidente Christina Kirschner. Mais c’est une autre histoire…

Babeth Surny

Début 2007, Edouard & Claire nous proposent de les accompagner avec Jean-Luc & Marianne en Patagonie « sur les traces du Brabant avec Christophe en 2004 »...