Aller au contenu principal

Glace et émotions

Soumis par Obertin Claude le sam, 20/01/2007 - 00:00

Le réchauffement climatique aurait-il fait halte devant la région du Piémont?
Enfin le jour du départ arrive. Après un long voyage sans histoires, nous arrivons en fin d'après-midi à San Giovanni, où nous avons rendez-vous avec notre guide Jean de Macar. Avant de quitter la civilisation, nous faisons un détour au magasin de sport local pour compléter notre équipement, et la collection de lunettes de soleil pour Jean.

Enfin le jour du départ arrive. Après un long voyage sans histoires, nous arrivons en fin d'après-midi à San Giovanni, où nous avons rendez-vous avec notre guide Jean de Macar. Avant de quitter la civilisation, nous faisons un détour au magasin de sport local pour compléter notre équipement, et la collection de lunettes de soleil pour Jean. Finalement nous arrivons à Villanova, dernier village avant la nature sauvage. Les bagages sont entassés dans la camionnette et nous montons à pied au refuge. La nuit est déjà tombée et nous devons allumer nos frontales. Sur le sentier, par endroits, c'est la glissade sur des plaques de glace: trois pas en avant et deux en arrière... Cependant les cascades qui se trouvent sur notre chemin ne sont pas gelées! Arrivés au refuge, nous sommes accueillis chaleureusement et dégustons un repas succulent.

Le matin seulement, nous pouvons découvrir la merveilleuse vallée de Val Pellice. Nous en sommes pour l'instant les seuls habitants, car les bergers avec leur cheptel ne viennent qu'en été. Il n'y a pas de neige dans la vallée, seulement sur les hauteurs qui nous entourent, mais apparemment beaucoup moins que les autres années. Par chance, quelques cascades restent praticables au fond de la vallée dans le secteur de « Delirio del Vertical ».
Enfin, ce sont les premiers contacts avec la glace pour les uns, et des retrouvailles pour les autres. Nos deux vaillants guides, Robi et Jean, nous font découvrir l’escalade sur glace : technique de progression avec piolets et crampons. Comment retenir tout ça d’un coup? Le mieux, c’est d’y aller tout simplement et d’essayer! C’est un vrai plaisir d’attaquer une cascade de glace et d'entendre le son caractéristique du bon placement du piolet. A midi, Robi nous quitte pour aider son équipe au refuge, car Lucio, le cuisinier, est tombé malade. Pour le reste de la journée nous nous amusons sur différentes voies de la cascade, interrompues par des pauses de thé chaud. Après une bonne journée de grimpe, nous revenons à la Jeep où Jean nous fait part d’une très mauvaise nouvelle : Lucio, le cuisinier est décédé à l’hôpital. Nous sommes tous éperdus : la veille, il nous avait encore préparé notre repas.

Le deuxième jour, le groupe se divise : les uns vont faire de l'escalade sur glace en tête avec Jean tandis que les autres suivent un cours de perfectionnement avec Robi, suivi d'une cascade de plusieurs longueurs. Au préalable, Jean équipe la cascade de broches à glace et nous explique leur maniement au pied de la voie. Tour à tour, nous plaçons des broches dans la glace sous l'oeil vigilant de Jean. Après la théorie vient la pratique: un à un nous nous lançons dans la voie et essayons de placer à notre tour des broches à glace. La voie n'était pas difficile mais il faut s'assurer, et parfois à plusieurs reprises, si les crampons et les piolets tiennent. De plus la manipulation des broches prend du temps ce qui se fait sentir dans les mollets.

Le jour suivant, journée d’escalade en falaise près du refuge, afin de permettre à Jean et Robi de se rendre à l’enterrement de Lucio. L'après-midi, nous sommes seuls au refuge, un drôle de sentiment. Le soir nous participons à un grand repas émouvant avec tous les anciens et amis du refuge venus pour l’enterrement. Lucio était une grande figure de la vallée et Robi le connaissait depuis 30 ans.
Au milieu de la nuit, Lambert nous réveille, Paul a terriblement mal au ventre. Après avis médical téléphonique, il est emmené à l’hôpital de Pinerolo. Le lendemain nous nous rendons à l’hôpital où nous apprenons qu’il doit encore être opéré le jour même. Nous retournons au refuge et attendons de ses nouvelles. Lors du repas il nous appelle pour nous dire que tout s’est bien passé. Nous sommes tous soulagés.

Le lendemain, Jean emmène son groupe vers la cascade du "Km lancé". Il fait froid et il neige un tout petit peu. La cascade est superbe et la glace est bonne. Absolument génial ! Robi emmène l'autre groupe vers une cascade à gauche de « Delirio ».
Le soir, nous nous laissons gâter par l’équipe du refuge qui, malgré les émotions vécues, a toujours tout fait pour nous rendre le séjour très agréable.
Un vent fort et chaud se lève et siffle toute la nuit. Le lendemain, l’action du vent a rendu les cascades impraticables. Nos guides nous emmènent dans la vallée pour une journée d’escalade en falaise par des températures estivales de 18°C !

Arrive alors l’inévitable : le dernier jour des vacances. Nous quittons à regret l’équipe du refuge et nos deux guides. Ensuite, nous allons récupérer Paul à l’hôpital de Pinerolo pour entamer le chemin du retour.
Un grand merci à nos guides Robi et Jean pour leur encadrement chaleureux, ainsi qu’à toute l’équipe du refuge Willy Jervis.

Claude

La glace sera-t-elle au rendez-vous ? C’est la question que tout le monde se pose les derniers jours avant le grand départ.

refuge du Jervis