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MAKALU 2008

Soumis par Fohal Jean-Luc le 1 March 2008

... à l’ombre de son prestigieux voisin, l’Everest. L’actualité peut parfois troubler la quiétude de certaines montagnes, la preuve cette année :

L’actualité peut parfois troubler la quiétude de certaines montagnes, la preuve cette année : les Chinois désirant monter la flamme olympique en haut du Chomo lungma en ce mois de mai, ils interdiront purement et simplement, pour des raisons dites de sécurité, l’accès à l’Everest, mais aussi au Shisha Pangma, au Cho Oyu. Revers de la médaille, beaucoup d’expéditions se tourneront alors vers le Makalu, qui, sans doute, n’avait jamais vu autant de paires de crampons sur ses pentes.

En ce printemps, Joao et moi-même unissions à nouveau nos forces pour tenter cet objectif d’envergure. La voie d’ascension était la voie historique des Français, celle qui emprunte le versant nord-ouest.

Dans un premier temps, nous choisirons la région du Khumbu pour entamer notre acclimatation : le trek classique qui , depuis Lukla, Namche Bazar et le Chola Pass, mène aux sommets du Gokyo Peak et du Kala Pattar, à plus de 5000 mètres, belvédères imprenables sur le Toit du Monde. Ce sera l’occasion également de vivre quelques jours avec une famille sherpa à Pangboche, partager et découvrir avec elle cultures et traditions bouddhiques.

Dans un deuxième temps, nous rejoindrons le pied du Makalu par voie aérienne : transport de l’équipement et des membres de l’expédition jusqu’au camp de base Hillary vers 4800m par hélicoptère. Des problèmes d’ordres administratif et technique nous donnerons pas mal de soucis et du retard dans le déroulement du voyage. Le choix aurait été sans doute plus judicieux de réaliser le magnifique trek d’approche du Makalu, celui qui démarre de Tumlingtar et remonte ensuite la vallée de l’Arun et franchit le col du Shipton-la. Un jour de marche le long du glacier de Barun et nous atteindrons le camp de base de la voie normale, à 5600 mètres environ, entre pénitents de glace et moraines.

Dans un troisième temps, l’ascension elle-même, réalisée sans porteurs et sans usage d’oxygène artificiel. Plusieurs montées successives seront nécessaires pour dresser les camps d’altitude vers 6300 m, 6800 m, 7400 m et le dernier à 7900m. La première partie de l’itinéraire se déroule en face ouest : cheminement sur un terrain caillouteux, franchissement de crevasses sur le glacier Chago, accès au col du Makalu-la par des rochers et pentes de neige raides. La seconde partie aborde le versant nord : longue traversée sous des séracs, un couloir raide en rocher et glace et enfin l’arête sommitale.

Parti dans la nuit depuis le camp 4 vers 7900m, Joao foule ce 19 mai la cime du Makalu vers 11 heures du matin, après s’être déjoué de tous ces obstacles. Il réussit ainsi son dixième sommet de 8000 mètres. Un exploit de plus ! Je m’arrêterai vers 8000 mètres, mon organisme trahissant quelques signes de fatigue, préférant garder les quelques forces restantes pour la descente délicate.

Cette expédition au Makalu aura été une superbe aventure, où chacun d’entre nous aura donné le meilleur de soi-même, dans le respect de ses convictions, dans le respect de la montagne. Un profond enrichissement personnel.

Jean-Luc Fohal

Le Makalu… Le Grand Noir. Le cinquième sommet du monde. Du haut de ses 8463m, ce géant de granit se dresse discrètement à la frontière entre la Chine et le Népal ......