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Les glaces du Jervis 2009

Soumis par Membre Cabbrabant le sam, 28/02/2009 - 00:00

La route cette année, est complètement coupée par la neige et même les motoneiges ne passent pas.

Un grand merci à nos guides Jean, Robi, Marco, Davide, Muyo, Giancarlo, Lorenzo et Alberto.
Lambert & Edouard

«Je propose de faire un petit tour de table», nous dit Jean lors du briefing à New Rock, «pour voir quelle est l’expérience de chacun». Aie, aie, aie, la minute de vérité!! Bon, voilà mon tour! «Expérience en cascade de glace?» «Non, aucune», «Expérience en montagne?» «Non plus», «Ah!? Tu fais de la randonnée, alors?» «Ben…non». Là, j’ai vu dans le regard de Lambert et de Jean que je ferais peut-être mieux de m’inscrire à un stage de pétanque… ! Un sauveur dans l’assemblée à la bonne idée de dire «mais il grimpe en falaise!». «Ah oui, oui, je grimpe… depuis l’été passé!». Voilà les paroles qu’il faut pour convaincre! Personnellement, j’ai quand même eu un petit doute jusqu’au jour du départ… mais, trop tard pour reculer!!

Quinze jours plus tard, nous suivons, à la lueur des frontales, le chemin tracé dans l’épaisse couche de neige, qui mène du village de Villanova au refuge Willy Jervis. Quelle neige! Parole d’autochtone, il n’a plus neigé autant depuis 60 ans! Ambiance assurée: à gauche, le torrent coule dans le noir insondable; à droite, le versant enneigé aussi loin que puissent éclairer nos lampes ; au-dessus de nous, un ciel pur et étoilé. Je calque mon pas sur celui de Lambert en qui j’ai reconnu le montagnard. A la fin, il y a un petit raidillon, me dit-il.
Aaargh !! Mais qu’est-ce que ça grimpe! Et qu’ai-je mis dans ce sac pour qu’il soit si lourd? Je finis par arriver au refuge en léchant la neige tellement j’ai la langue qui pend par terre…

Et là, c’est Byzance! Oubliés les efforts de la marche! L’accueil de nos hôtes, la chaleur du feu de bois, les pâtes aux champignons, un régal! Le vin qui coule à flot…ça requinque!

Le dortoir, situé dans les combles, a quelques poutres situées fort bas… toujours pratique pour s’endormir! Il paraît que quelqu’un a ronflé!?

Le lendemain, la vingtaine de participants est divisée en deux groupes: initiation et perfectionnement.
A la cascade du Delirium del verticale, Jean nous explique comment planter les crampons et les piolets dans la glace. Puis, à nous d’essayer…et ça ne marche pas trop mal; ça tient même bien! Nous voilà partis pour quelques moulinettes. Le vrai délire, c’est ce gros bloc de neige compacte qui glisse du haut de la cascade, se fracasse dessus et engloutit ensuite Dominique qui est occupé à assurer Babeth. Celui-ci réapparait quelques mètres plus bas, toujours cramponné à sa corde, (heureusement il y a un Jumar de sécurité !) un peu sonné quand même… Pas triste, la mise en jambes !!

Les jours suivants, Jean nous répartit dans les cascades accessibles en fonction des risques d’avalanche: Partia d’Amunt–grandiose, le Pis, Delirium et la cascade du Jervis. Sans oublier la rando en raquettes – en ski pour les doués – jusqu’au col Sellière, avec vue imprenable sur le Mont Viso: 1100m de dénivelé. Et aussi la journée de «formation avalanche» par les super-dévoués guides alpins italiens.

Jean nous a réservé l’apothéose pour le dernier jour : le site mythique du Val Varaita, cascades de glace, cigares, dry tooling et autres desserts, le tout à 1H30 en voiture du parking de Villanova, mais cela vaut le déplacement. Cascades très verticales. Les débutants et moins débutants ont pu tâter de la grimpe en tête.

Je m’en voudrais de ne pas dire un mot de la participation de nos « Djaun’s ». Ils ne marchent pas, ils courent jusqu’aux cascades. Après avoir grimpé toute la journée sur glace, il faut qu’ils grimpent encore, sur la façade du refuge ou sur tout ce qu’ils trouvent ! Ou encore qu’ils s’amusent à faire des cabestans avec les orteils, pendus à une poutre de la salle de séjour. Increvables, ces Jeunes !!

Et puis, il y a aussi ces soirées où Lambert, Véronique ou Brunella nous improvisent tour à tour un morceau à la guitare, les briefings de Jean – jamais tristes -, et les repas qui traînent un peu…et qui se terminent au Génepi (remontant à base «d’herbes »).

Bref, une semaine de pur bonheur !
Didier

LA DIVINITE DE LA CASCADA DEL PIS

Dans certaines régions de l’Himalaya, quand les habitants passent au pied d’une cascade gelée, ils récitent une prière car ils pensent qu’une divinité loge dans le trou d’où sort la glace. La Cascata del Pis abriterait-elle une telle divinité ?

Quand nous sommes passés pour la première fois au pied de la cascade, nous étions chargés de nos pesants sacs à dos. La journée était magnifique et le soleil donnait. Aussi avons-nous pensé que l’endroit était propice à une petite pause. Nous avons déposé nos sacs sur la neige et sorti le thé, nous donnant le temps d’apprécier à la fois le liquide chaud et la beauté de la glace. Tout n’était qu’opulence : larges dômes, colonnettes innombrables, tantôt translucides, tantôt bleutées, ou parfois teintées de vert ou de jaune. Pas un mouvement, pas un bruit, à peine le murmure souterrain d’une eau invisible. Le thé bu, nous avons repris nos sacs et notre marche.

Quelques jours plus tard, nous sommes revenus à la cascade, cette fois-ci harnachés de crampons, de piolets, de cordes et de broches diverses. Nous avons trouvé la cascade amoindrie, affaiblie. A sa base, elle s’était ouverte en un large cœur de pierre dans lequel
filait un rapide rideau d’eau. Nous avons attaqué la glace sans vergogne, tapant, plantant, vissant tous nos outils pour nous hisser jusqu’en haut. Là, il y avait un œil cyclopéen, et sous la cornée translucide, toute une vibration intérieure faite de gouttelettes fugaces ou de battements amples et lents. Nous avons piétiné l’œil sans y prendre garde et nous sommes repartis, laissant la cascade éclatée, brisée.

Quand nous sommes repassés pour la dernière fois, la cascade était devenue méconnaissable : la glace était squelettique, disloquée. On eût dit les lambeaux d’une peau abandonnée par une bête après la mue. L’endroit si beau était devenu sinistre et nous n’avons plus eu envie de nous y attarder. Quelques pas plus loin, la montagne avait été ravagée par des coulées de neige mêlée de glace, de pierre, de terre et de bois broyé. Nul doute, nous avions délogé la divinité de la cascade et elle s’était vengée de l’impudence des humains.

Si nous retournons un jour au pied de la Cascata del Pis, nous partagerons notre thé ou notre biscuit, mais nous nous garderons bien de déranger à nouveau la divinité...

François

IMPRESSIONS
On nous l'avait dit, on nous l'avait promis. C'est 100% réussi. Un p'tit coin d' paradis où accueil, confort, gastronomie et loisirs sont de la partie.
Une semaine pleine d'émotions et d'animations où chacun a pu évoluer suivant son choix, les uns préférant la cascade de glace, les autres les raquettes de neige ou encore la terrasse de bois.
Nous avons été entourés d'une sacrée équipe de guides dont les compétences, l'entrain et la bonne humeur ont fait concurrence au grand bleu présent chaque jour.
Et quelle chic idée pour la "journée ateliers". Une journée où les jambes se sont reposées mais la tête s'est bien chargée.
Et pour clôturer ces formidables journées, de la musique grâce à quelques-uns, qui ont gratté des cordes à sextuple, de nombreux fous rires et du cirque au plafond, sur et sous les tables. Pas triste tout ça !! Que de bons souvenirs !!
Dur-dur de se quitter mais heureusement rendez-vous est déjà pris pour revivre ces merveilleux moments.
Un tout grand merci aux organisateurs.
A la revoyure Kivik, Eliane et Eric

EN BREF: Purée que j'ai bien rigolé Johan

Un gros coup de cafard depuis mon retour, j'étais trop bien là-haut, avec un groupe tellement sympathique. Je ne me sens pas l'âme d'écrire, je n'ai envie que d'une chose : me sauver!
Brunella

Ont participés au stage: Guy Carbonnelle, Edouard Deramee, Katalyn Nagy, Lambert Martin, Elisabeth Surny, Yves Raymaekers, Marthe Marin, Arnaud Thille, Olivier Zintz, Tanguy de Spirlet, Véronique Gaspard, Dominiqe Neefs, Aline Mayne, Marie Meyer, Johan Debecker, Didier Winderickx, Brunella Boeyen, Luc Herickx, Kivic, Eric et Eliane François, François Promel et Catherine Souchon

Une semaine de grand bleu, un stage tout en finesse, où il a fallu louvoyer entre les avalanches, les cascades d’eau et de glace et les montées - descentes au refuge... à pied.