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Cascade de glace...Val Pellice 2010

Soumis par Raymaekers Yves le sam, 20/02/2010 - 09:37

au parking de Villanova.

Samedi : journée rouge en France, week-end du Carnaval. Le voyage fut donc fastidieux.
Nous nous retrouvons tous à Torre Pellice, non loin de chez « Gulliver », sauf Edouard, Jean et Dominique, qui nous rejoindront dimanche matin.
Ancienneté oblige, je mène le reste de la troupe à Villanova, terminus pour les voitures.
Fébrilement nous nous préparons, ne pas oublier la « Tikka », car nous arriverons sans doute dans la nuit au « Jervis ». Certains (et j’en fais partie) se rendent compte que les sacs seront lourds à la montée : préparation en dernière minute, peur d’oublier quelque chose…
Il fait bon au départ du parking et la neige est molle et profonde ; heureusement, Robi nous attendait au parking avec des raquettes, et il a préparé la trace à skis pour nous faciliter la tâche.
Nous approchons lentement du refuge, le vent est plus froid et la fatigue commence à se faire sentir. Rahia et moi serons contents de voir redescendre Arnaud et Louis, les deux premiers arrivés, pour nous délester quelque peu après plus de deux heures et demie de montée.

Dimanche : Jean nous annonce que dorénavant nous serons tous munis d’ARVA pour nos activités. Il nous propose une journée de cours : étude du manteau neigeux au matin, apprentissage de la recherche de victime à l’ARVA l’après-midi. Cela nous paraît bien utile et nous permettra aussi de récupérer quelque peu du voyage.

Lundi : les cascades du haut de la vallée, Partia d’Amunt et Delirium, sont trop dangereuses pour l’instant. Avec mon groupe, encadré par Robi et Marco, je descends à la cascade de la Pis. Cerise sur le gâteau : Robi nous installe une moulinette qui passe par les rochers, nous pourrons nous adonner aux joies du « dry tooling », avec petit surplomb, s’il vous plaît !
Jérôme, Tillio, Arnaud et moi irons nous y mesurer, après l’exercice des deux autres moulinettes installées. Et chapeau à Claude, qui a fait preuve d’opiniâtreté pour le franchir !
La journée a été belle et le soleil nous a redonné de l’énergie.

Mardi : temps mitigé, neige. Pour ma part, j’accompagne Robi, Jérôme et Edouard à une petite cascade pas trop difficile qui nous permettra, en tête, de planter nos premières broches à glace, après s’être exercés à monter avec un seul ou sans piolet. Les plus forts sont partis escalader les deux premières longueurs de Mira Buc avec Marco, les débutants s’essayent à la rétroversion du bassin avec Jean, c’est le cas de Louis, Antoine, Dominique et Rahia, entre autres.

Mercredi : il a neigé cette nuit, et nous allons couper la semaine avec une balade en raquette ou à skis au col de Baran. L’atmosphère est laiteuse, des nappes de brouillard nous masquent un peu la beauté des paysages à l’arrivée au col, où nous engloutissons notre piquenique. Sécurité oblige, Jean et Marco nous font descendre un par un la pente la plus forte ; nous prenons ainsi conscience des risques encourus. Jean, un peu facétieux sans doute, mais aussi par prévention si survenait une chute trop douloureuse, a demandé à deux volontaires d’emporter des luges. Elles feront la joie d’Arnaud et Jérôme d’une part, et de Tillio d’autre part : lors de la descente, ils vont redécouvrir le plaisir enfantin de se ramasser dans la neige. Et d’ailleurs tous les autres, à ski ou en raquettes (mais pas les guides bien évidemment), se sont plantés et certaine, a même vu un de ses skis disparaître dans la neige, avec pour conséquence une petite chasse au trésor. La vallée a résonné longtemps de nos franches rigolades ! Malgré les guêtres, avec cette neige molle et humide, nous sommes tous plus ou moins trempés en franchissant le seuil du refuge. Et comme tous les soirs, la salle de séjour redevient un gigantesque pendoir.

Jeudi : le beau temps est revenu mais les conditions ne sont pas au top pour les cascades du haut et nous redescendons aujourd’hui au dernier pont avant Villanova, pour emprunter une vallée où sont enchâssées quelques magnifiques draperies de glace. Jean a coupé plus haut pour installer une moulinette sur une cascade un peu plus difficile, pendant que Davide et Marco vont en tête équiper les autres cascades. Les forces nous sont revenues, avec la technique, et nous grimperons aujourd’hui tout notre soûl, car nous nous doutons que demain peut-être…La journée a permis à quasi tout le groupe de se côtoyer, et je peux deviner le bonheur des débutants que sont Rahia, Antoine ou Louis, et observer la sérénité tranquille de Wim.
Nous clôturerons la journée par la difficile cascade, bordée sur sa droite de fragiles mais élégantes draperies. Tous ceux qui « en voulaient » l’ont essayée ; avec plus ou moins de bonheur, hein Louis ? Histoire de pratiquer la grimpe avec un seul piolet…
Décidément, le ciel se couvre peu à peu, la neige sera sûrement au rendez-vous demain.

Vendredi : après une tentative héroïque de Jean, Marco et Davide pour nous préparer une petite compétition à la cascade de la Pis, nous devons nous rendre à l’évidence : les conditions de neige sont trop dangereuses. Nous n’aurons pas l’occasion de connaître notre capacité de monter avec un minimum de coups de piolet sur une longueur, ou de passer élégamment par des points « obligés », ou encore de mesurer notre vitesse de grimpe.
Jean nous propose encore un cours ; avec Jérôme, je préfère aller faire un peu de raquette avec un autre groupe de Belges : Wanda et Axel, ainsi que Mimi et Michel. Nous monterons vers le petit refuge du Graneto, sans toutefois pouvoir l’atteindre : à certains endroits, nous enfoncions à la cuisse. Et au retour, quelle n’est pas notre surprise de voir venir à notre rencontre Rahia et Dominique qui avaient aussi envie de bouger !

Samedi : voilà, nous rentrons déjà, certains un peu frustrés peut-être, mais nos guides ont fait un max pour nous satisfaire, le temps n’est pas de leur ressort. Le soleil est de la partie à la descente, mais le vent aussi et des congères se sont formées sur la descente. Au passage, nous voyons les nombreuses coulées, preuve de l’abondance de la neige, et nous resterons groupés jusqu’au parking. Dernier rassemblement des troupes à Torre Pellice, chez « Gulliver », avant d’entamer notre retour.

Merci encore à toute l’équipe du Jervis pour les bons petits plats préparés (je me suis régalé des champignons à l’huile, un délice, et de la tarte aux myrtilles…), de leur jovialité et de leur serviabilité. Un dernier mot pour Robi, qui malgré ce foutu nerf sciatique qui l’a tarabusté un petit temps, nous a courageusement encadré dans les cascades, et surtout bien facilité la tâche lors de la première montée au Jervis. Sans oublier Davide, le beau gosse, Marco, le baba cool et Jean, l’hypertechnique intarissable blagueur qui nous a une fois de plus surpris dans son exercice favori : le nœud de cabestan à pieds nus, les mains accrochées à un piolet pendu à une poutre du plafond de la salle de séjour.

Yves Raymaekers

Nous le savions déjà, les conditions pour la cascade ne seraient pas idéales. Il était tombé beaucoup de neige et il nous avait été confirmé au refuge que la motoneige ne pourrait pas descendre

Refuge du Jervis