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Jacques Borlee

Soumis par Membre Cabbrabant le lun, 01/03/2004 - 00:00

Nous y ajouterons donc simplement quelques témoignages que ceux qui lui étaient proches nous ont fait parvenir :

Monsieur Lambert Martin
Monsieur,
En mission a l'étranger, j'ai eu connaissance du récent décès de Monsieur Jacques Borlée a mon retour.
Cette annonce m'a très sincèrement touché. J'ai toujours admiré le dévouement de Monsieur Borlée à défendre et promouvoir la pratique du sport et plus particulièrement celles de l'alpinisme et de l'escalade. Sa passion a très clairement participé a la reconnaissance de ces sports en Belgique.
Si le départ d'un proche est source d'une grande tristesse, la perte au niveau professionnel crée elle aussi un vide. Ou l'émotion est bien sur très présente.
Je tenais a manifester auprès du Club Alpin qui a été l'objet de sa passion ma très sincère amitié. Disparu, le guide n'en continue pas moins d'exister a nos côtés. Un chef de cordée tel qu'il le fut ne disparaît jamais définitivement. Car, même en pensées, il continuera a guider vos pas avec assurance et intelligence. C'est ce que je souhaite r l'ensemble des différentes sections du Club Alpin de Belgique.
Je vous prie de croire, Monsieur, en l'expression de mes très sincères salutations.
Didier Gosuin
Ministre

Cher Jacques,

J'avais 15 ans, tu en avais 57.
J'étais jeune grimpeur fougueux, avide de performance et d'engagement...
Tu étais montagnard aguerri, généreux de sagesse et d'expérience...
Et pourtant nos vies se sont croisées, et nous ont permis de partager quelques grands moments de passion et d'aventure, comme la sortie au clair de lune du "grand parcours" au sommet de la montagne Sainte Victoire, l'ambiance "hors du temps" de la "voie du Levant" aux Calanques, et les terribles fissures de "Luna Bong" au Verdon...
Nous étions à tour de rôle tantôt "leader", tantôt second de cordée...
Tu guidais la cordée dans les passages délicats, je la guidais dans les passages difficiles...
Malgré ton âge et tes cheveux blancs, tu as toujours été proche des jeunes grimpeurs.
Voilà pourquoi tu resteras pour moi le lien entre la génération d'alpinistes dont tu faisais partie, et ma génération moderne de grimpeurs.
Ton enthousiasme, ta persévérance, ta générosité, et surtout ton sourire rieur resteront dans nos mémoires... Christophe Lehner

En 1995, j'avais rejoins Jacques aux Houches . Il m'avait proposé de l'accompagner dans une évocations de ses souvenirs. C'est ainsi que nous sommes montés ensemble au refuge de la Noire de Peuteret dont il avait fait l'ascension plus de trente ans auparavent et au refuge de Leschaux auquel il avait, quelques années plus tard, consacré tant de temps pour le faire ériger tout d'abord et pour le construire ensuite. Cette escapade nous avait laissé un goût amer car trois des alpinistes belges que nous espérions suivre à la jumelle dans les Grandes Jorasses venaient de trouver la mort accidentellement au cours de leur ascension.
Le partage de l'émotion et de la tristesse de Jacques à cette occasion m'a confirmé dans l'estime que j'avais pour ses grandes valeurs humaines et m'accompagne dans mon souvenir. Marcel Brouwer

En avril 1999 l’annonce du Paldor m’a séduit, aussi le jour même je me suis rendu pour la première fois chez Jacques et Monique. Ils m’ont ouvert leur porte et nous avons fait connaissance, ils m’ont accepté pour l’expé et, j’ose le dire, ils m’ont gentiment piégé pour le CAB Brabant. Ce jour-là l’amitié était au rendez-vous. Croyez moi c’est un beau parcours, il continue toujours malgré l’épreuve et la porte ne s’est jamais refermée. Edouard Deramée

Ce lundi 8 décembre 2003, date de la rédaction de ce PV, j’apprends à la fois la victoire de Muriel Sarkany qui vient de gagner la coupe du monde d’escalade sur structure artificielle mais aussi et malheureusement le décès de notre collaborateur Jacques Borlée qui outre son investissement sans compter dans la vie de la communauté alpine belge, assuma durant une trentaine d’années la fonction de Secrétaire général de notre association. Il y a deux semaines, Jacques, souffrant, cherchait encore à s’informer et se souciait toujours quant à l’évolution des dossiers en cours. Il gardait près de son lit une corde de montagne équipée d’un descendeur, équipement qui lui permettait de se redresser. Aujourd’hui Jacques s’en est allé plus haut que le sommet des montagnes. Nous perdons énormément. Ses hiéroglyphes crayonnés me manqueront. Jacques m’avait initié à l’histoire de l’alpinisme belge. L’un de ces derniers soirs de novembre, alors que j’allais lui demander conseil, j’ai quitté Jacques s’excusant de ne pas être bien en me promettant de revenir plus tard. J’ignorais alors que je ne reverrais plus jamais mon ami. Nous avions notamment ensemble encore évoqué la personne de Xavier de Grunne…Je sais hélas que même un « hocus pocus » de notre magicien du Brabant ne te fera plus redescendre de là -haut. Jean-Louis Vigneul

La carrière sportive et la vie de Jacques ont été largement évoqués dans un hommage paru dans A&A.