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Aventure au Zanskar

Soumis par Thille Eric le mar, 30/09/2008 - 00:00

... nous a ouvert ses portes et accueilli durant 4 semaines en septembre dernier.
Fin 2007, notre ami Yves lance l’idée d’un trekking dans cette région. Nos maigres connaissances de ce « pays » nous viennent d’un film présenté par un certain Olivier Folmi voici plusieurs années. Il nous faisait découvrir cette région à travers un document sur la rivière Zanskar en plein cœur de l’hiver. (le Tchadar). A l’époque, nous étions loin de penser qu’un jour nous verrions de nos propres yeux ces paysages grandioses ainsi que ce peuple oh combien courageux pour vivre dans des conditions si rudes.
Après une petite année de préparation et autres formalités, nous voilà prêts pour cette grande aventure.Pour notre premier trekking, Yves nous a particulièrement gâtés : la diagonale du Zanskar!! 300 km à parcourir entre 4000 et 5300 mètres d’altitude, un dénivelé positif et négatif de l’ordre de 15.000 mètres! Ce ne sera pas de tout repos !
Nous sommes 11 à l’enregistrement des bagages et prêts à décoller un samedi matin de notre petit pays. Après un voyage long mais sans encombre, nous voici enfin à Leh, capitale du Ladakh. Et quelle surprise, c’est à croire que l’un de nous avait emporté un petit souvenir de Belgique dans ses bagages: il pleut!! On nous avait pourtant bien dit qu’il ne pleuvait pratiquement jamais dans ce pays! A peine quelques millimètres en septembre.
Transférés à notre hôtel où un accueil chaleureux nous est réservé, nous avons hâte de nous reposer un peu. Nous montons avec peine les marches qui nous séparent de nos chambres. Le choc est brutal : nous sommes tout de même à 3500 mètres d’altitude. Le manque d’oxygène se fait sentir.
Durant 3 jours, nous allons nous acclimater en visitant Leh et ses environs. Nous découvrons ainsi de multiples monastères dont Hemis, Tiksey, Spituk, Alchi, Lamayuru, …A chaque fois, nous sommes surpris de l’accueil des moines. Nous étions partis dans l’idée que ces monastères étaient des lieux austères où les moines vivent en perpétuelle méditation. Nous nous trompions complètement. Il y règne une atmosphère certes respectueuse mais aussi détendue et chaleureuse.
Ensuite, départ pour la vraie aventure. Nos semelles commencent à s’impatienter. Nous faisons tout d’abord la connaissance de nos muletiers et de leurs mules et chevaux. En effet, au Zanskar, contrairement au Népal, ce sont les animaux qui portent les charges.
Nous sommes également accompagnés de notre précieux guide Sonam et de son équipe de cooks et intendants. Durant tout le trek, toute cette équipe sera à nos petits soins, attentive à chacun d’entre nous : eau chaude au lever, thé au sortir de nos plumes, repas copieux et variés, thé à la menthe, au citron, noir ou massala selon nos envies, nous avons vraiment été gâté. Nous marcherons ainsi 6 à 8 heures par jour, campant chaque soir près d’une rivière pour nous apporter l’eau nécessaire à la boisson, cuisine, lessives et ablutions. Une vie à la dure mais malgré tout bien loin de celle que vivent les Zanskarpas.
De ces 21 jours de trek, nous garderons un souvenir inoubliable. Ce peuple Zanskarpa nous a beaucoup marqué. Leur hospitalité et leur gentillesse sont impressionnantes. Le peu qu’ils possèdent, ils sont prêts à le partager. On ressent fort que toute cette attention est naturelle, sans attente en retour. Est-ce la rudesse du climat qui favorise cette générosité, cette entraide ou est-ce simplement la non contamination par les éléments de notre société occidentale, individualiste et superficielle ?
Des paysages, nous retiendrons cette immensité tant verticale qu’horizontale. Nous n’avions que de trop petits yeux pour contempler ces vues saisissantes et d’une grande beauté. C’est aussi un vrai paradis pour les géologues tant les fractures, les plissements, les variétés de roches sont innombrables.
De cette expérience éprouvante et enrichissante nous sommes revenus quelque peu différents. Sensibles à ce monde perdu, tellement différent du nôtre mais tellement plus vrai, nous espérons qu’il le restera le plus longtemps possible.
« Il n’y a pas de chemin pour le bonheur, le bonheur c’est le chemin » Et si Bouddha avait raison …
Michelle et Eric Thille

Le Zanskar, coin de terre perdu au nord de l’Inde, coincé entre le Pakistan à l’ouest, la Chine à l’est et la chaîne du Karakorum au nord......