Aller au contenu principal

Les carabistouilles de pépé John - juin 2009

Soumis par Olaerts Johnny le 1 June 2009

...dont l’un avait un comportement bizarre, l’air hagard, les 2 mains soit derrière le dos, soit dans les poches. L’autre explique à François qu’il y a un grimpeur seul bloqué dans la niche de la Directe !! (la niche se trouve au milieu de la paroi, c’est une toute petite grotte, 2 grimpeurs assis côte à côte peuvent s’y tenir)
François pense à un grimpeur en solo qui n’ose plus monter, ni descendre, mais en allant le récupérer, il constate vite que ce n’est pas un foudre de l’escalade !!! Alors, comment est-il arrivé là ?
En cuisinant les trois grimpeurs, il apprend la vérité, que voici :
Albert, Bernard et Claude partent faire le Zig Zag. A cette époque, on grimpait uniquement en corde double. Albert (1er de cordée) s’encorde au milieu et les 2 autres à chaque brin de libre.
Le Zig Zag (gaz à tous les étages) part vers le sommet en diagonale à partir de la niche de la directe, et le gros lot se situe, avant le dernier relais, à la traversée horizontale d’une dalle. Pour les pieds, nada, schnoll, nothing, rien !! En adhérence (et avec des semi-rigides, c’est pas le pied), pour les mains ou plutôt les doigts, une série de trous, 2 doigts pour les garçons, 3 pour les filles (elles ont les doigts plus fins), et encore faut-il les mettre dans le bon ordre (comme au tiercé), car cela permet d’aller chercher une très bonne prise, hé hé, assez loin. Les doigts mal placés, c’est le pendule assuré. Tout cela avec un vide assez impressionnant en dessous de soi… plein gaz.
Albert arrive au dernier relais et fait venir Bernard qui grimpe depuis peu. Arrivé à la traversée de la dalle, comme c’est souvent le cas avec des néophytes, Bernard tombe, la corde se tend, et libère le nœud d’encordement de Bernard qui était mal fait.
En tombant, Bernard, qui passe devant la corde de Claude, a le réflexe de la prendre à deux mains, mais malheureusement glisse de quelques mètres, ce qui a pour conséquence de lui brûler les deux paumes des mains ; mais l’instinct de survie le fait tenir bon !!!. Claude (toujours dans la niche) n’a d’autre solution que de se désencorder, pour qu’Albert puisse récupérer Bernard et le fasse sortir au sommet.
Problème : du relais, impossible de lancer la corde à Claude (c’est trop éloigné) et du sommet, le bord est en surplomb par rapport à la niche. Impossible pour Claude de prendre la corde.
Et voilà pourquoi ils eurent recours à François pour secourir leur compagnon de cordée…

Pépé John

Un après midi en semaine, François, l’ancien propriétaire du Chamonix,qui s’appelait en 1960 "la pâtisserie" mais ça, c’est une autre histoire, voit entrer 2 grimpeurs français