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Fabuleuse Muriel ! Heureuse Muriel ?

Soumis par Stoop André le jeu, 02/12/1999 - 00:00

C'est M. R. Collignon, le ministre des Sports de la Communauté française en personne, qui grâce aux démarches du CAB, tient à la féliciter pour ses exploits et l'image qu'elle fait rayonner de par le monde. Ce n'est un secret pour personne dans notre petit monde de l'escalade, Muriel est la dernière championne de la Coupe du mon de ce millénaire. Sur 4 épreuves, elle termina une fois à la 1ère place, deux fois à la deuxième et une fois à la troisième. Une régularité quasi parfaite. Et à l'heure où vous lisez ces lignes elle sera peut-être sacrée championne du monde sur l'épreuve de Birmingham.

Ce sera pour elle le grand bonheur et la récompense pour la "dévotion" qu'elle porte à son sport, à notre sport. Nous serons tous fiers et heureux de savoir qu'une gentille petite bruxelloise est si grande dans ses exploits. L'exemple à suivre en escalade de compétition.
Et bravo donc pour notre championne.

Cet événement mondain m'a néanmoins interpellé.
Le plaisir de pratiquer un sport au plus haut niveau, y trouver des amis, une certaine gloire et notoriété dans les médias, peuvent-ils combler un athlète? Probablement, lorsque ces ingrédients permettent à un athlète de valoriser sa personnalité sociale. En effet, bien que "l'argent ne fasse pas le bonheur, il y contribue ,facilite l'insertion de l'athlète dans une vision à long terme en sorte qu'il puisse envisager sereinement son avenir post-sportif ". Hélas pour Muriel, l'escalade, même au niveau mondial, est un sport relativement confidentiel. Et bien que l'image de l'escalade contienne un potentiel médiatique certain via les publicités, pensez Jupiler, les sponsors ne se poussent pas au portillon pour soutenir Muriel de façon conséquente.

L'escalade n'est pas un sport olympique, Muriel n'est pas une élite olympique. Les moyens d'aide financière et même d'encadrement de nos fédérations sont fantomatiques par manque de ressources à la dimension des nécessités minimales de Muriel. C'est la réalité, c'est la faute à personne.
Gloire et notoriété sont des valeurs éphémères très gratifiantes à l'instant présent. Exister pendant et après ces bonheurs et honneurs est le soucis véritable de Muriel. Quelle est sa place dans notre société? Quel est son boulot? A-t-elle des droits sociaux égaux à ceux de chacun d'entre nous? Je m'interroge. Tous ensemble nous devons l'aider, lui restituer ce qu'elle nous apporte.

Comment? Ceci est la question. Si vous avez une réponse, une solution même partielle, faites nous en part.

André Stoop

Mardi 16 novembre 15h10, notre Muriel nationale fait son entrée dans un salon de réception sis au 38 rue de la Loi.