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Oisans le GR 54 2005

Soumis par Germain Claire le jeu, 07/07/2005 - 00:00

Circuit classique s’il en est mais qui peut réserver quelques surprises aux non avertis. La randonnée y est variée et le dénivelé au rendez-vous. Sont partants pour cette aventure Claire bien sûr, Marthe, Jean-Pierre et Philippe.
Quelques-uns plus timides ou plus prudents les rejoindront le long du parcours (Claire – la petite- et Philippe IIème, Annick), vu qu’il s’agit d’une boucle. En route ce 17 juillet au départ de Bourg-d’Oisans avec des sacs bien chargés pour une rando en autonomie.

1er jour – Col de Sarenne
Il est 9 h quand Claire, Marthe, Jean-Pierre et Philippe entament le périple. Dès la sortie de Bourg d’Oisans, la première montée est forte. Les sacs sont un peu lourds puisque nous emportons pour 5 jours de vivres. Peu après, le parcours continue dans le sous-bois. De nouveau une belle montée vers le col de Sarenne. Il y a de l’eau en plusieurs endroits et des fontaines dans chaque petit hameau traversé. Nous avons fait 1300 m de dénivelé positif. Les tentes sont montées près d'une bergerie et d’un refuge en construction, face à la Meisje. Le souper consiste en pâtes agrémentées de fromage de chèvre fondu.

2ème jour - col du Souchet
Grand bleu ce matin, mais bien que nous soyons à 2000 m, il ne fait pas froid du tout. Petit-déjeuner, pliage des tentes et nous reprenons notre route à 7 h. Le chemin de descente vers Clavans-le-bas est abrupt et difficile : gros gravier qui roule sous les pas. Il fait étouffant. Au sortir du village on passe le torrent à 1300 m et l’on remonte vers Besse par un chemin boisé.
Le temps est splendide, et dès le départ la montée est forte, la boucle comporte 13 cols entre 2000 et 2761m. Le dénivelé total est de 12.000 m soit en moyenne 1.000 m en montée et autant en descente par jour. C’est donc « assez physique ». Cela explique sans doute le peu de randonneurs rencontrés sur ce tour.
Joli village ancien où nous achetons un délicieux pain cuit sur bois, ainsi que quelques fruits. Peu après le village, une forte averse orageuse nous oblige à nous abriter. Ce sera d'ailleurs la seule pluie du parcours. En route pour le col de Nazié, vers 1900 m. Nous continuons ensuite à monter vers le chalet Josserant (2244 m), puis vers le col du Souchet (2363 m) où nous arrivons vers 16 h 30. Installation des tentes dans une excellente prairie face à la Meisje et au Râteau. Durant la nuit, un solide orage nous secoue un peu.

3ème jour – Col D’Arsine
Lever avec le soleil, ce n’est pas dérangeant tant notre envie de découverte est forte. Il est 7 h quand nous entamons la descente via les alpages vers Le Chazelet. La descente continue vers La Grave qui est un village type « touristes – shorts - souvenirs » que nous fuyons bien vite, après quelques achats. La remontée se fait par un bois de bouleaux et sapins vers le lieu dit Le Vernois. Ensuite une descente pour rejoindre la Romanche et remontée vers Villars d’Arêne à +/- 2000 m, d’où nous continuons la montée vers le col d’Arsine. Vu l’absence d’eau au col, nous poursuivons vers les chalets d’Arsine pour y camper le long du torrent homonyme.

4ème jour – col ou lac de l’Eychauda
Après le petit-déjeuner rituel (muesli – café ou thé), nous entamons la descente bien raide vers Le Casset. Le chemin toujours bien tracé nous mène ensuite au Monêtier-les-Bains (1490 m). Ensuite, remontée assez raide dans une splendide forêt de mélèzes vers le col de l’ Eychauda (2425 m). Marthe et Claire bivouaquent peu après le col, dans la descente vers Vallouise. Jean-Pierre et Philippe franchissent le col des Grangettes et vont bivouaquer au Lac de l'Eychauda à 2514 m. Nous nous retrouverons le lendemain à 9 h sur le chemin qui descend à Vallouise.

5ème jour – Cabane de Jas-Lacroix
Descente vers Vallouise où la petite Claire et Philippe IIème nous rejoignent. Nous continuons donc à six vers le col de l’Aup Martin après quelques emplettes à Vallouise (1160 m). C’est jour de marché et une grande animation règne dans le village. Sous un soleil brûlant, nous prenons la direction d’Entre-les-Aigues, malheureusement sur le tarmac.
Un petit coup d'auto-stop sauve certaines et l’on peut reprendre le sentier vers la cabane de Jas-Lacroix (1946 m). Le sentier passe à proximité de jolies cascades. Nous nous installons près de la cabane du berger. La bâtisse a été récemment rénovée et comprend un abri pour les randonneurs. Claire et Philippe IIème décident d'y loger.

6ème jour - Pré de la Chaumette
Brin de causette avec le berger qui distribue du sel à ses 800 bêtes. Quelques photos ; une chèvre avec ses deux jeunes agneaux est irrésistible. Le chien du berger (un bâtard de taille plutôt modeste qui ne paye pas de mine) fait preuve d’une efficacité incroyable dans la manœuvre le troupeau. Jean-Pierre et Philippe aident le berger à remettre un abreuvoir en état avec les moyens du bord. L’étape du jour est considérée comme la plus dure du GR. La montée au col est, comme annoncé, un peu dure sur du schiste délité et le chemin assez étroit par endroits mais le site est splendide et il fait toujours beau... Il nous faut 3 heures pour faire les 800m de montée et atteindre le col à 2760 m. Ensuite, toujours sur le schiste, traversée vers le Pas de la Cavale en ½ h, puis encore 1000 m de descente sur un chemin raide et caillouteux vers le refuge du Pré de la Chaumette (CAF). Le bivouac est installé après les 300 m réglementaires. Lessive, douche (chaude), souper excellent au refuge (ce n’est pas tous les jours que le patron vient à la table annoncer le menu et vanter son fromage de chèvre affiné dans la cave du refuge!).

7ème jour – Xavier Blanc
Trois cols successifs en direction des Bans, en contournant le majestueux massif du Sirac. Cols la Valette à 2668 m, Le Gouiran à 2597 m et Vallonpierre à 2607 m. Nous observons de nombreuses marmottes. Les gardiens de refuge nous disent que depuis 10 ans le GR 54 ne se fait pratiquement plus en totalité. Les randonneurs font 1, 2 voire 3 étapes sans plus.... On commence à comprendre...

8ème jour - Refuge des Souffles
Le chemin nous semble facile mais long et nous mène vers la Chapelle-en-Valgaudemar où nous retrouvons Annick. Quelques achats et montée vers le refuge des Souffles en plein soleil. Le refuge (non gardé ?) est petit, haut perché,avec une grande terrasse et une fontaine. Surprise au souper : la petite Claire et Philippe IIième ont apporté de quoi se faire une bonne fondue au fromage! Nous passons une agréable soirée à jouer au whist.

9ème jour – Desert en Valjouffrey
Aujourd'hui, encore un col à passer, le Col de la Vaurze à 2490 m. Ensuite, descente raide sur ce schiste qui s’émiette sous les pas ; nous en avons l’habitude. Ce chemin très caillouteux franchit trois torrents aux lits fortement creusés par l’érosion. Nous avons réservé un gîte au Désert en Valjouffrey dont le patron est accueillant. Une douche, un bon souper et une nuit dans un vrai lit, ce n’est pas du luxe !

10ème jour- Cantine des Carrières
En route pour le col de Côte Belle. Le chemin est régulier dans un vallon étonnamment verdoyant et riche en fleurs (notamment de grandes gentianes jaunes). Juste après le col, le chemin passe sous un chaos de lames de schiste qui ressemble à d’énormes tubulures d’orgues. Nous arrivons ensuite à une bifurcation: Philippe et Jean-Pierre vont visiter le petit village de Valsenestre (splendide, mais un peu trop propre et trop net pour faire vrai), les autres montent doucement vers l’ancienne Cantine des Carrières, à l’entrée du vallon dominé par le col de la Muzelle. Philippe apprend (à ses dépends) que le bivouac est interdit entre 9 et 19 heures dans le parc mais le règlement du parc est assez flou sur bien des points. Seul le bivouac (donc sans tente ?) réglementé est autorisé. En fait, les petites tentes sont tolérées mais seulement entre 19 et 9 heures (l’amende est cas d’infraction est de 68 Euros). De plus, on ne peut théoriquement bivouaquer à moins d’une heure de marche des limites du parc. Mais le règlement ne précise pas à quelle vitesse marchent les gardes ...

11ème jour - Lac Lauvitel
Nous commençons la journée en grimpant de 1634 à 2650 m. Les derniers 200 m sont très redressés sur du schiste très délité. Nous montons plein nord, donc à l'abri du soleil, ce qui nous convient bien. Le col est une sorte de fenêtre bien nette dans une arête. Le vent violent et froid rend malheureusement l’endroit inconfortable et après quelques photos, nous entamons la descente facile vers le lac et le refuge de la Muzelle (2115 m). Petit arrêt pour se restaurer puis nous continuons notre trajet en montant par quelques blocs (500m de dénivelé quand même) au col du Vallon (2541 m). Finalement, faute d’un endroit convenable pour camper, nous allongeons l'étape et descendons jusqu'au lac Lauvitel. L'envie de se baigner fait oublier l'important dénivelé de la journée (environ 1600 m ++. 1500 m. --).

12ème jour – Bourg d'Oisans
Bien reposés, nous entamons la descente vers Bourg d'Oisans, il n'y a plus que 831 m à faire... avec en prime d’attrait d’une bière bien fraîche.

En conclusion : C’est beau et même très beau, mais c’est dur !!!
Outre le circuit de base, un grand nombre de variantes balisées sont possibles. Le balisage du GR 54 est assez léger mais suffisant par temps clair.

Claire et Philippe

Au printemps 2005, Claire propose à un petit groupe d’amis, tous bons randonneurs, de faire le tour de l’Oisans, qu’elle connaît bien, au début de l’été.

Bourg d'Oisans