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La conquète de la Meije

Soumis par Tchou Maurice le dim, 03/09/2000 - 00:00

.... accompagné de chasseurs de chamois, fait la première ascension du grand Pelvoux dans un dessein cartographique. En effet, l'armée désire établir une carte du massif. Là-haut, il découvre un sommet inconnu et plus élevé que le Pelvoux ! Ce sommet recevra plusieurs noms avant d'être définitivement appelé "la Meije". Ce ne sera qu'en 1848 qu'un autre homme montera au Pelvoux mais, lui, en alpiniste. Il s'appelle Victor Puiseux.
A partir de ce moment, les assauts vont se répéter, menés par tous les grands noms de l'alpinisme de cette époque: Whimper, Walker, Miss Brevoort, Coolidge, Michel Croz, Cordier, entre autres...
Le sommet de la Meije reste seul inviolé, donc le but suprême à atteindre.
En juin 1864, Whimper tente une approche mais doit battre en retraite. Il fixe ses idées sur Zermatt .... Six ans plus tard, Miss Brevoort, accompagnée de son neveu Coolidge, tous deux assistés de trois guides suisses, suivent le chemin de Whimper mais se trompent de sommet. Ils sont au Pic Central.
En 1873, tout un groupe de bons alpinistes anglais accompagnés de guides suisses débarquent à La Grave. Ils renoncent très vite.
1874. L'anglais Maund, toujours avec des guides suisses, s'avance jusqu'à la Meije centrale mais doit reculer en raison du mauvais temps. Au mois d'aôut de cette même année, Henri Emmanuel Boileau, baron de Castelnau et Duhamel se rencontrent par hasard au refuge des Grands Mulets et deviennent amis.
1875 : de nombreuses tentatives échouent. L'italien Martelli, les français Devin, H. Cordier et Tairraz, l'anglais Wentwoorth, les suisses Almer, Roth et Kaufman.

Le 19 août, Duhamel, Castelnau et trois guides chamoniards partent, en diligence, pour la Grave. Ils se lancent à l'assaut dès le lendemain mais le 21 août dans les "Corridors", ils doivent renoncer devant un mur de glace, pour eux, infranchissable. Ils battent en retraite puis,les jours suivants, tentent un autre itinéraire par l'arête, avec tout autant d'insuccès.
En 1876, de nombreux essais, dirigés par des grands de l'alpinisme, sont tentés et constituent autant d'échecs.
Décidément, la Meije est coriace !

Duhamel, lui aussi découragé, écrit au Président du C.A.F. que, à son avis, l'ascension de la Meije ne se fera pas avant de nombreuses années. Un peu plus tard, Henry Cordier tient le même discours. Cette même année, de Castelnau fait la connaissance d'un rude montagnard, Pierre Gaspard, avec lequel il fait quelques courses et des parties de chasse.

1877 : E Boileau de Castelnau est en grande forme. Accompagné des Gaspard, père et fils, ils réussissent, le 21 juillet (!), la première du Dôme de Neige des Ecrins par la muraille, le 23 juillet, la première de la tête du Rouget et le 31, celle du Petit Pelvoux. Ils sont prêts !! Le 4 août ils font une première tentative vers la Meije mais doivent renoncer, le mauvais temps se déchaînant. Enfin, le 16 août, ils peuvent repartir. Castelnau a engagé un porteur, J.B. Rodier. Ils quittent la Bérarde à 11 heures du soir pour arriver au Chatelleret à 2 heures du matin ! A 4 h 20, ils repartent. Ils montent jusqu'à la Pyramide Duhamel puis escaladent la Grande Muraille. Les conditions ne sont pas très bonnes mais grâce à la grande forme de Pierre Gaspard ils atteignent le Glacier Carré à midi. Rodier y restera car il ne suit pas très bien et ils repartiront à trois vers 12.45 heures. Ils faut qu'ils taillent des marches pour atteindre le sommet du glacier, puis ils progressent rapidement dans les rochers. Ils débouchent au pied du Grand Pic. Immédiatement ils attaquent son versant S.O. Alors que le sommet leur parait à portée de main, la paroi se redresse, les surplombe. Malgrè plusieurs essais, ils ne passent pas. De plus, le temps se gâte! Heureusement, le père Gaspard, avec un instinct extraordinaire, passe dans la face nord et y découvre un itinéraire possible. A 15.30 heures, le sommet est atteint. Pierre aura ce mot : "Ce ne sont pas des guides étrangers, suisses ou chamoniards, qui arriveront les premiers ! "

Après quelques tâches traditionnelles à cette époque; observations thermométriques et barométriques; édification d'un cairn, de Castelnau aperçoit, à la lunette, des congressistes du C.A.F. participants à l'assemblée du club à La Bérarde.
Vers 16 heures, ils entament la descente. Tout se passe bien jusqu'au Glacier Carré où ils retrouvent J.B. Rodier. Mais la nuit et le mauvais temps les surprennent. Ils doivent bivouaquer sur une vire étroite, encordés à leurs piolets coincés au-dessus d'eux. Vent, grêle et neige agrémentent leur repos ! Au matin, malgré la neige qui tombe en abondance, ils descendent par des rochers verglacés. Après un court arrêt au Chatelleret, ils arrivent, enfin, victorieux, à la Bérarde. Castelnau y dormira seize heures d'affilée.
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Grâce à cette première prestigieuse, Pierre Gaspard se révèle être un grand guide. Il fera une superbe carrière, tant sportive que ... sentimentale.
Emmanuel Boileau de Castelnau, il a 18 ans au moment de cet exploit, retourne dans son Languedoc natal. Il ne mettra plus jamais les pieds en montagne...

Maurice Tchou Bibliographie
"La Meije", H. Isselin, Ed. Arthaud
"La Montagne", Ed. Atlas
"Le Massif des Ecrins". G. Rebuffat, Ed. Denoel
"Les grandes heures des Alpes", M. Camson, Ed. Perrin

Un peu d'histoire...En 1828, l'intérieur du massif du Pelvoux est "terra incognita"! Un certain capitaine Durand......