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Celui qui contemple les étoiles

Soumis par MARTIN Lambert le dim, 26/12/2010 - 00:00

pas la moindre étoile en vue, où suis je ?
Petit à petit mon cerveau se réveille : un réveillon extravagant à 4.300 m, le mauvais temps et le « base camp » sous la neige et hier cette grosse journée pour monter lourdement chargé directement du camp de base au camp 2. Je dois me rendre à l’évidence, je ne suis pas dans mon lit bien chaud, mais bien à 5.500m dans une tente ballottée par la tempête qui souffle en permanence depuis hier soir.

La situation n’a rien de confortable, il fait glacial et 1 cm de neige recouvre l’intérieur de notre habitacle de survie. La neige est tellement fine et les coups de vent sont si violents que celle-ci pénètre par les moindres failles de la tente pourtant prévue pour la haute altitude ! La pensée m’effleure que la toile pourrait se déchirer et nous plonger dans une situation encore nettement moins confortable voire catastrophique. A côté de moi, « P’tit Loup » mon compagnon de nuit cherche vainement un sommeil réparateur. Pour une première expérience en haute altitude il est servi. Je lui dis que « tout va bien ». Etrange circonstance qui a formé ce binôme composé du plus âgé et du plus jeune du groupe, mais qui finalement nous convient bien : il a pour nous deux la force de la jeunesse et moi celle de l’expérience.
Méthodiquement nous repoussons la neige à l’entrée de la tente et entamons la délicate opération qui consiste à préparer pour le petit déjeuner de l’eau chaude à l’intérieur de la tente.
Soudain, la tirette s’ouvre et comme un extra-terrestre, la tête de Jean Luc apparaît ; il est tout blanc et ses lunettes rondes sont givrées, il n’en garde pas moins sa bonne humeur « c’est l’enfer ici, préparez vos sacs, à 10h00 on redescend »

10h00, le vent souffle toujours avec violence, chacun s’extrait de son cocon ; on peut à peine se tenir debout et replier la tente dans ces conditions est un vrai calvaire. Rapidement les mains sont engourdies par le froid et la seule technique possible est de bourrer comme on peut la toile dans le sac qui est déjà bien rempli.
« Sauve qui peut » : le salut est dans la fuite vers la vallée. Malgré tous nos efforts, le Tupungato ne veut pas de nous et nous renvoie brutalement à la case départ !

Le Tupungato, 6570m, est le 14ème sommet de la cordillère des Andes, et se trouve à la frontière Chili-Argentine à la hauteur de Santiago, capitale du Chili.
Situé dans une concession minière, l’accès au Tupungato est limité et demande des autorisations préalables. La longue marche d’approche (47 km jusqu’au camp de base) traverse et remonte des vallées sauvages. Une approche très variée et de toute beauté, qui peut être un projet de trekking en soi, en dehors des sentiers battus et de la foule des grands classiques des environs.
« Tupungato » signifie dans la langue des Huarpes « Celui qui contemple les étoiles »

Ont participé à cette aventure Andine proposée par Jean-Luc Fohal du 20/12/10 au 7/1/11 : Christiane Blaise, Yves Raymaekers, Guy Carbonnelle, Cosmino Foresti, Jean-Pierre Bastien, Luc Bontemps, Hubert Carton, Pascal Lebailly, Lambert Martin
Nos guides Tamara, Maria et Eduardo (Fito) de l’agence Azimut 360

5h du matin, le vent souffle avec violence ; dans un demi sommeil j’ouvre l’œil, tout est blanc et froid autour de moi,

Tupungato, Santiago de Chili