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L’acclimatation au Chili

Soumis par Carbonnelle Guy le dim, 26/12/2010 - 00:00

L’idée était de gravir un premier volcan, le San José (5840m), de redescendre, changer de vallée et de se lancer, acclimaté, dans l’ascension du deuxième volcan, le Tupungato (6580m). Le tout en deux semaines.
J 1 - Arrivés à Santiago de Chile (600m) après 19 heures de voyage, nous avons l’après-midi pour reconditionner nos sacs et bagages. Vers 17h00, rencontre avec notre (charmante) guide Tamara qui parle très bien le français. Toutes les questions reçoivent une réponse. Celle concernant l’acclimatation est un peu évasive pour certains : « marcher doucement, avancer lentement… ».
J 2 – Après une excellente nuit, nous sommes en pleine forme pour le copieux déjeuner.
09h30, départ en petit bus pour la vallée de Maipo, plein Est. Arrêt dans la petite ville de San José de Maipo pour le ravitaillement du frais et nous reprenons la route qui monte, qui monte…
Halte au beau refuge de Lo Valdès où nous déposons les bagages inutiles en altitude, et nous continuons en bus sur une piste qui nous mène au départ du chemin (+/- 2200m). Les muletiers nous y attendent et chargent leurs onze bêtes pendant que Tamara nous présente les deux autres guides : Maria et Edouardo, un couple fort sympathique.
Quatre heures de marche nous mènent au refuge Plantat (3315m), où nous montons nos tentes pour la nuit.
J 3 - Départ pour un portage jusqu’au camp 1 (4200m) où l’on dresse une tente pour y stocker le matériel. La montée se fait pour moitié dans la caillasse, et dans la neige pour la seconde moitié. La fatigue et un léger mal de crâne se font déjà sentir malgré le retour au refuge.
J 4 – la montée au camp 1 me fatigue, je vais dormir tôt
J 5 – Montée au camp 2 (4700m) : parti homogène, le groupe s’étiole…si bien que nous aurons deux camps 2. Notre guide, resté avec les derniers, stoppe la progression pour y installer le camp. Elle parvient à rattraper quelques marcheurs et les ramène au bivouac. Mais deux d’entre nous étaient trop en avance et ils feront leur bivouac 250m plus haut.
J 6 – 03h00 lever, départ à 04h00 pour le sommet (5840m) avec 1140m de dénivelé. Une fois encore le groupe s’étire et fini par se scinder, chacun marchant à son rythme ou essayant de suivre un compagnon. L’arrivée au sommet est étalée ainsi que le retour au camp 2. La descente complète, initialement prévue dans la foulée est annulée : trop de fatigue et de migraine…et il commence à neiger.
J 7 – Démontage du camp 2 dans le froid, et commence la descente. Arrêt ravitaillement et conditionnement des sacs au refuge Plantat. La fatigue marque nos visages et nos gestes. Les muletiers arrivent. Nous terminerons donc plus légers le chemin du retour jusqu’à la route où nous attend notre bus. Au refuge de Lo Valdès, un bon repas agrémenté d’un vin du pays (Carmenere) nous revigore, et après une nuit réparatrice, nous partirons en bonne forme pour la deuxième ascension.

Si vous partez un jour sous ces latitudes et que l’on vous dit droit dans les yeux : « acclimatation, pas de problème, il faut y aller lentement et doucement… », méfiez-vous, c’est du même tonneau que le plat népalais, vous savez, quand on part de 4000m et qu’on arrive à 4400m, pour eux c’est plat même s’il faut descendre 1200m et en remonter 1600.
Guy Carbonnelle

Fin décembre 2010, nous nous retrouvions à une dizaine pour un projet d’enchaînement d’ascensions au Chili.

An José, Santiago de Chili