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Petite chronique chilienne

Soumis par Surny Elisabeth le sam, 15/01/2011 - 00:00

Début de cette année, Marthe, Katalin et moi embarquons pour le Chili. Nous y rejoignons nos compagnons/maris partis avec quelques amis depuis le 21 décembre pour y faire 2 ascensions, le San José et le Tupungato. Nous avons pris quelques jours avant de les retrouver pour explorer Santiago, trouver les cartes dont nous aurons besoin pour notre expé et voir les possibilités de randonner ensemble dans les environs.
Nous commençons le voyage par une halte forcée de 12h à Madrid qui nous permettra d’aller voir le centre ville et nous donnera surtout le désir d’y retourner.
Enfin nous sommes à Santiago, sous le soleil, et il fait bien chaud (cela nous change de la Belgique qui grelotte sous la neige). L’hôtel est proche du métro, rampe de lancement pour découvrir Santi de long en large en attendant nos montagnards de compagnons qui pendant ce temps luttent dans la tempête.
A leur retour, nous faisons connaissance avec le reste de l’équipe. Une soirée animée nous permet de mettre les noms sur les visages… ils sont tous content de retrouver la civilisation…
Dès le lendemain, nos chemins se séparent : ils rentrent en Belgique, et notre petit groupe part pour Valparaiso (Valpo pour les gens du cru).
Valparaiso est d’abord un port historique. Les bateaux qui passaient par le détroit de Magellan y faisaient halte. Aussi la construction du canal de Panama a été une vraie catastrophe pour toutes les villes portuaires d’Amérique du Sud et Valparaiso a connu un vrai déclin. Aujourd’hui, des navires de tourisme y font halte et la ville, avec son charme indéniable, est devenue avec ses peintures murales et ses spectacles de rue, une ville artistique qu’il ne faut pas manquer de visiter. Coaché par l’hôtelier, nous découvrons des endroits étonnants, montant par les ascenseurs (funiculaires), et descendant par les escaliers, prenant les chemins de traverse, chaque recoin nous enchante.
Pour poursuivre notre séjour, Guy (qui a plus d’un tour dans son sac) a reçu en prêt d’un ami à moitié chilien, une maison de vacances au bord de l’océan : loin de tout, mais pour nous ce fut un vrai paradis. Elle domine l’océan, ses criques et fait face à une île colonisée par des lions de mer. Nous partons nous perdre dans les petites sentes qui bordent le Pacifique, allons jusqu’au phare et jusqu’à la maison bleue… et c’est déjà le moment de partir. Un retour minuté qui nous persuadera de l’efficacité des transports publics chiliens.

Il nous reste notre défi ! Le Plomo, 5400m : le volcan le plus accessible des environs de Santiago.
Samedi, le chauffeur de l’agence nous dépose à la Parva, station de ski l’hiver. L’après-midi, comme mise en jambe, nous allons jusqu’au lac Puiquenes … Il fait froid et gris, le vent souffle. Au retour, nous sommes accueillis au campement par Rodrigo notre guide, qui nous a préparé un BBQ.
Le lendemain, première étape. Journée longue où nous montons et descendons avant de parvenir à la vallée qui donne accès au Plomo. Les garçons piaffent (ils sont en pleine forme) et les filles souffrent et soufflent. Encore une journée d’approche avant d’arriver au dernier camp. Maintenant, il fait beau et il n’y a presque pas de vent. On croise les doigts pour le lendemain.
Départ à 7h15 – beau temps et peu de vent. Nous montons de la bosse verte à la barre brune jusqu’au petit refuge « Agostini » en forme d’ogive, à 4600m. Nous nous y engouffrons pour une tasse de thé bien chaud. Il y a beaucoup de vent sur la selle, et le moral n’est pas au beau fixe. Mais, surprise : à la sortie du refuge, nous constatons avec ravissement que le vent est tombé.
On y va … ! Nous sommes au pied de l’énorme éperon qui donne accès à l’arête sommitale. Une grosse bavante dans les cailloux – 3 pas en avant et 2 en arrière. Marthe et Katalin, recrues de fatigue, décident sagement de s’arrêter vers 5100m ; Andréa les prend en charge pour la descente tandis Rodrigo nous entraîne vers le sommet.
Enfin, le court passage neigeux où il faut chausser les crampons. Le vent est quasi nul et c’est un vrai régal que de faire les derniers mètres ensemble – ce qui semble malgré tout fort long.
La cumbre ! Le sommet est une sorte de plateforme avec des bosses de ± 5 à 10 m et le vrai sommet se distingue au bout du plateau par un piquet et une plaque : c’est bien là.
Le paysage est notre récompense. Le ciel est toujours bleu et les sommets de la cordillère des Andes, du Tupungato à l’Aconcagua sont là, voilés parfois par les nuages qui passent.
Très longue descente, avec un court arrêt pour chausser les crampons, et attendre les garçons (qui se sont attardés au sommet) à l’endroit de la découverte de la momie inca « El Niño ».
Nous arrivons au campement dans le vent qui a décidé que nous ne ferions pas tout sans lui.
Il souffle toute la nuit, et oblige nos guides à abattre la tente mess qui lévitait à un mètre au dessus du sol seulement retenue par les cordes.
Nous nous levons avec le soleil – le vent est très fort – on prépare les sacs dans les tentes avant d’aller déjeuner dans le petit abri-refuge. Lambert tente d’apprivoiser un jeune renard qui zone dans les environs.
Vers 10h15, on quitte le campement pour redescendre dans la grande vallée…Vers midi, nous sommes au camp 1. Petite pause où on voit passer les mules ; Rodrigo et Andrea nous rejoignent et nous entamons les montées/descentes qui nous ramènent à « La Parva ».
L’aventure se termine, nous retrouvons David (le chauffeur) qui nous attend toujours souriant et nous récupérons nos sacs chez le muletier qui nous attend avec les étriers en bois promis à Katalin. Nous reprenons la longue descente en lacet vers Santiago, qui nous accueillera dans les embouteillages, la pollution et la chaleur. Et déjà Bruxelles se profile à l’horizon…
Cette partie du périple s’est déroulée du 3/1/11 au 22/1/11 en compagnie de :
Marthe Marin et Yves Raymaekers, Katalin Nagy et Guy Carbonnelle, Elisabeth Surny et Lambert Martin – avec nos guides Rodrigo et Andrea de l’Agence Azimut 360.

Elisabeth Surny

Début de cette année, Marthe, Katalin et moi embarquons pour le Chili.

Plomo, Santiago de Chili