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Haute Randonnée 6 jours de Paradis

Soumis par Govaerts Michel le 20 July 2006

.......mais il est beaucoup moins connu pour ses randonnées. Sans doute parce que les cols sont assez hauts, et étaient souvent enneigés jusqu’il y a quelques années, avec des sentiers pas toujours bien tracés.
Aujourd’hui, cela a bien changé : le recul des glaciers et quelques aménagements intelligents ont ouvert de superbes et nombreuses possibilités de combiner des boucles de plusieurs jours. Mais le massif reste peu fréquenté, la nature intacte, et les refuges super accueillants.
Le parc du Grand Paradis est en fait le prolongement italien du parc de la Vanoise. On y trouve des paysages similaires, la faune et la flore sont exubérantes, les touristes quasi absents en juillet. Imaginez la Vanoise il y a 50 ans…

Notre itinéraire… Les refuges…
Pour notre semaine annuelle de balade avec quelques couples d’amis, nous avions opté pour un itinéraire « progressif » : 3h de marche le premier jour, 7h le 6e jour. En ménageant bien sûr quelques extras pour les plus excités… Le résultat fût superbe, totalement « zen » : décontraction, jardins de fleurs, animaux fréquents et en tous genres, nombreuses photos pour Pierre et Jean, nos deux artistes de service, tout en passant chaque jour notre petit col à 3000m. Chaleureux accueil et nuits profondes dans les refuges. Mais oui, cela existe encore !

1er jour : Après une nuit à « l’Hôtellerie du Paradis » dans la vallée de Valsavarenche, nous laissons les voitures au parking de Pont (1960m), et…tournons le dos au Grand Paradis pour monter au « Col du Nivolet » (2604m), à travers les « jardins » jalonnant le torrent. Les plus fringants prolongent jusqu’au « Col de Nivoletta » (3152m), très impressionnant vu du bas, mais en fait aisément accessible (dans la partie raide, veiller seulement à choisir l’option par la cheminée à droite, plutôt que par les pentes très raides à gauche). Le soir, nous logeons à l’auberge Savoia (2534m).

2e jour : Nous montons vers le « Col Rosset » (3023m). Au « Lac Leita », nous croisons un vieil italien. « D’où venez vous ? » « Je descends du ciel », nous dit-il, « Je suis un ange ». S’ensuit 30 minutes de dialogue philosophico-surréaliste sur l’air, la lumière, les étoiles et la paix entre les peuples. Un fabuleux bonhomme… Magnifiques champs de fleurs le long des lacs, parterre d’edelweiss dans la montée…
Le « Col Rosset », assez raide, était un peu difficile il y a quelques années. Il passe maintenant sans difficulté, grâce à un sentier bien tracé. A aborder tout de même prudemment s’il subsiste de la neige.
Chamois et bouquetins dans la descente jusqu’au « Refuge Benevolo »(2285m). Un peu petit et assez fréquenté. Heureusement, la patronne est une « maîtresse femme » et la cuisine extra.

3e jour : Belle montée vers le « Col Bassac Dere » (3082m), au pied de la « Tsantaleina ». Pierre et Catherine réalisent tout à coup que nous sommes juste derrière Tignes, où ils ont habité pendant 1 an.
On frôle les glaciers, qui ont reculé de façon inquiétante par rapport à notre passage en 2000. Autrefois un passage « réservé aux alpinistes », c’est maintenant un très beau sentier, agrémenté par une traversée de moraine un peu pénible, et un petit névé sans danger à la fin. Du col, les plus courageux peuvent pousser jusqu’au « Bec de la Traversière » (3337m), accessible sans matériel dans de bonnes conditions. Redescente vers le magnifique « Glacier de Gliairetta », au pied de la « Grande Sassière ». Le long du sentier, des roches verdâtres et quelques curieux gisements d’amiante. Arrivée sous l’orage au « Refuge Mario Bezzi » (2284m). Magnifique, rénové, peu fréquenté, environnement de rêve, accueil et nourriture les meilleurs que nous ayons goûtés ces dernières années. La fille du patron est une « pro ».

4ejour : Long sentier en balcon jusqu’au « Chalet de l’Epée » (2370m). Edelweiss et nombreuses traversées de torrent « fun »…Belles vues sur le massif du « Rutor ». Le passage au « Becca Refreita » (2612m), marqué comme dangereux sur les cartes, est en fait sans aucune difficulté ni exposition. Un sentier a sans doute été tracé récemment, qui évite la « voie directe » indiquée par la carte. Le « Chalet de l’Epée » est récent et très confortable.

5e jour : Courte montée jusqu’au « Col de Finestra » (2840m), qui comme son nom l’indique, est en fait une fenêtre de quelques mètres de large. Superbes vues jusqu’au Mont Blanc. La descente est typique d’une brèche: zig-zag dans une pente uniforme et très raide de 400m de dénivelée. Avec des bâtons, de bonnes chaussures et un peu de prudence, cela passe sans problème par temps sec. Mais la patronne de l’hôtel nous dira plus tard que les autorités pensent en interdire l’accès aux touristes.

Le parc naturel du Grand Paradis est bien connu pour son sommet, « le 4000 le plus facile des Alpes », pour ses très belles courses de ski de printemps, mais il est beaucoup moins connu pour ses randonnées. Sans doute parce que les cols sont assez hauts, et étaient souvent enneigés jusqu’il y a quelques années, avec des sentiers pas toujours bien tracés.
Nous comprenons pourquoi certains groupes préfèrent faire la randonnée dans l’autre sens, de façon à prendre ce col à la montée. Après 4 jours « hors de la civilisation », nous traversons le superbe village de Bruil / Rhêmes Notre Dame (1723m) où nous logeons à l’hôtel « Chez Lidia ». Surprise : les randonneurs sont logés dans les caves. Avec la canicule qui règne en ce mois de juillet, même en montagne, cela nous conviendra finalement très bien.

6e jour : Longue étape un peu redoutée par les randonneurs, avec 1300m de montée et 1300m de descente. En partant un peu plus tôt, cela passera à nouveau sans problème, grâce à un excellent sentier, passant par le « Col d’Entrelor » (3007m). A la montée, nous croisons 1 chamois, puis 2, puis 10 ; finalement c’est un troupeau de 40 chamois que nous trouvons en train de brouter sur un large plateau vers 2500m au petit jour. Pas trop effarouchés par notre arrivée. Chouette… A la descente, nous traversons l’ancien domaine privé de Victor-Emmanuel. Il y avait son pavillon de chasse, paraît-il. On comprend pourquoi, dans une végétation luxuriante, face au Grand Paradis…Le rêve… Et nous retrouvons finalement, le 29 juillet, l’ « Hôtellerie du Paradis », où nous avions passé notre première nuit. Célébration et relaxation. Nous apprenons que la canicule sévit toujours. Le lendemain, il fera 38 degrés quand nous passerons à Aoste…

Les cartes et autres infos…
Carte Kompass 1/50.000 nr 86 (Gran Paradiso - Valle d’Aosta) – Imprécise mais suffisante
Cartes « Alpes Sans Frontières » de l’IGN français 1/25.000 nrs 14 et 15. Nettement plus précis et récent. Il semble cependant que la carte nr 14 soit épuisée.
Refuges : tous répertoriés sur internet. Réservation facile par mail ou par téléphone.

Autres détails : michel.govaerts@skynet.be

Michel Govaerts

Le parc naturel du Grand Paradis est bien connu pour son «4000 le plus facile des Alpes», pour ses très belles courses de ski de printemps.........