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Les carabistouilles de pépé John - décembre 2010

Soumis par Olaerts Johnny le 1 December 2010

Question de confort, nous avons bivouaqué au pied de la paroi, et comme je ne suis pas du voyage, je rassemble les restes du bivouac et m’en retourne à pied par la route au campement qui se trouve à ± 5km du Nose, espérant voir un animal sauvage. Dans le parc, les animaux sont protégés et on a intérêt à ne pas les emmerder, car les « rangers » sont très pointilleux à ce sujet. Et c’est bien ainsi, les animaux le savent et se laissent approcher tout en gardant une certaine distance quand même (pas folle la guêpe). J’ai bien sûr entendu parler des ours. DES OURS !! Oui, cela fait plus de 2 semaines qu’on est ici, et pas vu une seule trace. Des écureuils, ratons-laveurs, biches et loups oui, mais des ours… on ferait n’importe quoi pour attirer le touriste.
A l’arrivée au campement, CARAMBA !! Le sac à provision planqué sous les pierres avait été visité, les œufs et diverses friandises en ont fait les frais. Un coup du gang des ratons- laveurs.
Pour être clairs, en arrivant aux USA pour 5 semaines, nous avions loué une voiture et au bout de 3 semaines, nous avions rejoint le Yosémite par le chemin des écoliers, faisant un peu de tourisme et grimpant dans divers sites. En arrivant dans le parc du Yosémite en voiture on pouvait s’installer où on voulait. Les personnes ne possédant pas de voiture (la plupart des grimpeurs et randonneurs) étaient regroupés au camp 4 où des cordes étaient tendues entre les arbres. Comme il est interdit de laisser la nourriture dans les tentes, elle est enfermée dans un sac et pendue à ces cordes. Ce qu’on n’avait pas dit, c’est que la dernière semaine, Danielle, la femme d’Averell qui nous accompagnait, nous quittait avec la voiture (notre coffre-fort à bouffe). Bof ! Pour quelques jours encore dans le parc, on ne va pas en faire un fromage, l’endroit est super, le camp 4 nous éloignerait encore plus des rochers et puis le temps que les bestioles reniflent la boustifaille, nous serions déjà partis.
Bon, pour l’instant cela nous coûte des œufs, mais pour les prochaines nuits il va falloir planquer beaucoup mieux le sac. En face de ma tente, une table et des bancs solidement ancrés dans le sol. En soirée, en stoumelinks pour ne pas alerter les voisins (tous en gros camping car), je creuse un espace en dessous d’un banc et le soir je vais y coincer le sac, mais alors bien le coincer. Ratons-laveurs et autres bestioles en seront pour leur frais… Content de moi, je rentre dans la tente prendre un repos bien mérité.
Au milieu de la nuit, dans un demi-sommeil, j’entends du raffut du côté du sac. NDD de NDD, saloperie de ratons-laveurs, les voilà qui reviennent, je m’en vais leur foutre une raclée. A moitié réveillé et bille en tête je sors à quatre pattes de la tente, pour me retrouver devant une grosse masse sombre ! Un ours, un vrai de vrai. Il est accroupi : avec ses pattes avant il essaye de tirer le sac et c’est son arrière train immense que j’ai devant ma figure… A quelques centimètres près, c’était la fête à Toto. Du coup, je suis très réveillé et la poussée d’adrénaline fait battre mon cœur à un rythme d’enfer. Dans le silence de la nuit, j’ai l’impression qu’il fait plus de bruit qu’une grosse caisse et la seule pensée qui me traverse l’esprit à ce moment c’est qu’il faut diminuer mon rythme cardiaque, sinon je vais finir par attirer son attention. Donc je m’assieds, essayant de me calmer tout en regardant gros nounours qui a finalement réussi à avoir le sac (je l’avais pourtant bien coincé), et l’a retourné. Décidément la fermeture de ce sac, c’est de la camelote ! Assis au milieu de la bouffe il fait son marché. Je le vois maintenant de profil. M’a-t-il vu ? Le cœur bat à nouveau normalement (enfin presque), je recule cm par cm jusqu’à une distance acceptable, pour piquer un 100 m olympique jusqu’à un petit bâtiment en dur. J’y passerai plus ou moins ¾ d’heure sur le toit avant de redescendre pour, avec des ruses de sioux m’approcher de ma tente et voir l’ours s’éloigner dans la direction opposée. Ouf !! Bien qu’il n’y ait plus rien de comestible, je fourre tout dans le sac et remarque au passage les traces de ses dents dans une boîte à sel (bien fait).
Doux Jésus ! Ce n’est pas de la petite canine ça ! Je descend à la rivière pendre la sac en dessous du pont, ce que j’aurais du faire depuis le début.
Dans les Pyrénées, les gens font un foin de tous les diables au sujet de la réintroduction des ours. Jusqu’à présent, il y a peu d’agression par les ours au Yosemite et pourtant sans qu’on les remarque, ils s’y baladent. En respectant certaines règles on est tranquille.
Pour des questions de rentabilité, les troupeaux de brebis (pas moins de 500 têtes) qui pâturent en montagne ne sont gardées que par un seul berger, assisté de 2 ou 3 chiens qui certainement ne font pas le poids face à un ours où à des loups…

Averell et Vincent remontent 50m de cordes fixes installées la veille dans la « Steak Salathé » au Nose.

Yosémite, Californie