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Trekking au Manaslu - Pisang Peak 1er partie

Soumis par Deramée Edouard le mer, 10/10/2001 - 00:00

 La perspective de se retrouver dans un groupe de vingt personnes en avait effrayé plus d'un, mais cela aussi n'était-il pas une aventure intéressante ? De plus, la majorité des participants se connaissait pour avoir déjà vécu ensemble des moments formidables.
En effet, en 1999, Monique Borlée et Thierry Graulich avaient organisé un premier trekking en deux groupes dans les environs des Ganesh Himal et du Langtang Lirung avec, en apothéose, l'ascension du Paldor : un sommet de 6000m environ, dont l'arête sommitale ceinturait, avec le Fang, un magnifique cirque glaciaire.
Nous fûmes une dizaine à avoir le bonheur de le gravir ; bonheur malheureusement terni par la nouvelle, au retour de l'ascension par le premier groupe, de la mort d'un de nos sherpas ; Gorgon , sans doute déjà malade au camp de base, avait dû redescendre en catastrophe, aidé d'un de ses compagnons, pour finalement être terrassé par un oedème pulmonaire.
Nous savions par ses amis, notamment Mulal, le Sirdar, qu'il était papa d'un petit Mukhti,âgé de six mois à peine. Le comité du Brabant, mis au courant dès notre retour, décida de prendre en charge l'éducation de Mukhti jusqu'à la fin de ses études. Nous prîmes donc contact avec sa mère, par l'intermédiaire de l'agence de trekking.
Nous étions donc plusieurs à vouloir rendre visite à la maman du petit. Et c'est ainsi qu'au projet de trekking autour du Manaslu, Monique et Lambert ajoutèrent un petit détour par Laprak, le village Gurung de la belle-famille de Gorgon.
Voici donc le journal de notre périple :

Mardi 16 et mercredi 17 octobre : Bruxelles — Kathmandu.
Arrivée via Londres et Doha (Qatar). Nous constatons, mais nous l'appréhendions déjà puisque nous en avions eu l'expérience, qu'il manque cinq bagages à l'arrivée.
Et c'est un rien inquiets que certains reçoivent leur collier de bienvenue, avant d'embarquer dans les minibus, en direction du légendaire Kathmandu Guest-House. Jeudi 18 et vendredi 19 octobre : Kathmandu — Gorkha.
A Kathmandu, bien sûr, nous partons visiter la ville tous horizons : Pachou Patinath, Bodhnat, Swayanbunath, par petits groupes. Peu sûrs de récupérer leur biens avant le départ, certains auront dû faire un peu de shopping et en profitent pour se charger de la location du matériel technique nécessaire à tous les participants. Dès 6h30 le lendemain, nous sommes prêts pour le petit-déjeûner et nous embarquons dans l'autocar de l'agence.
Vers 8h00, destination Gorkha.Gorkha est la ville d'origine de la famille royale, récemment décimée dans des circonstances assez floues.
Après avoir dégusté notre premier dalbat, plat traditionnel de riz accompagné de légumes et éventuellement de viande, le tout enrichi de sauce plus ou moins piquante, nous arrivons au point de départ du trek en début d'après-midi. Le sirdar, Nil, répartit les charges parmi les porteurs et porteuses, et nous partons, accompagnés aussi d'Arzul, l'officier de liaison qui nous a été adjoint par les autorités. Ce petit bonhomme malingre dont le visage émacié est mangé par des lunettes en verre de bouteille, n'a quasiment rien dit durant le voyage. Ca promet pour la suite..
Après 2 heures de balade, longeant les champs de millet qui dessinent d'harmonieuses courbes épousant le relief en terrasses, nous aboutissons au petit village de Nawesnar.
Le terre-plein où nous campons est dominé par des gradins qui précèdent l'école.
Comme d'habitude, nous sommes accueillis par tous les enfants du village, curieux de tout, qui viennent aussi, sans doute, pour recevoir des petits cadeaux. Les habituels 'namaste. se mêlent aux premiers "gimme a pen'. Samedi 20 et dimanche 21 octobre : Nawesnar — Barpak.
Lever en général entre 6h30 et 7h30. Les sherpas nous réveillent en nous apportant le tchia (thé) ainsi qu'une bassine pour nos ablutions.
Serge, armé d'un cours de népalais et d'un lexique, a entamé la conversation avec Arzul, qui semble peu à peu s'extraire de sa gangue de timidité. Après une sérieuse descente de plus de 800m pour rejoindre une plaine champêtre au bord de la Daraudi Khola, nous traversons village après village et empruntons nos premiers ponts suspendus, en longeant la rivière. Dans les champs, les paysans utilisent des boeufs sous le joug pour labourer à l'aide d'une araire. L'un d'eux m'offrira spontanément un délicieux morceau de pastèque.
Il fait chaud et ce n'est qu'après une longue marche que nous établissons le bivouac au bord du torrent. Edouard et Claire, toujours dynamiques, sont les premiers à procéder au montage des tentes, aidés bien sûr par les sherpas. Certains porteurs, peu expérimentés et recrus de fatigue, ne rejoindront le camp qu'en début de soirée ; quelques uns d'entre nous auront donc dû patienter un peu avant de s'installer. Cela permettra à tous, ou presque, de prendre un bon bain dans la rivière pour déguster au soir le savoureux repas préparé par Shangra, notre cuisinier.
Jean-Michel est amateur de magie. Dimanche, dès le premier village il subjugue et enchante les enfants grâce à quelques tours dont il a le secret. Alternant traversées de rizières et de ponts, nous arrivons bientôt au pied des premières pentes un peu fortes ; il est temps de pique-niquer. Le chemin, sur lequel nous croisons des caravanes de mules, se transforme en une interminable succession d'escaliers, à travers bois et champs entrecoupés de massifs de bambous et de bananiers. Philippe peut à loisir photographier de très beaux spécimens d'araignée. Enfin, après avoir traversé un petit village aux toitures d'ardoises coiffant un promontoire, toujours arpentant, nous traversons des prairies en terrasse d'où la vue sur les maisons en contrebas avec la rivière en arrière-plan est grandiose. Petit repos adossé à un chortèn, avant d'arriver à Barpak. Ce soir, nous camperons sur la place du village, à côté du terrain de volley-ball, un sport très prisé au Népal. Il a fait assez chaud aujourd'hui (30°) et nous sommes à 2000m d'altitude. Heureusement, l'épicerie du coin vend de la bière et du coca-cola ; ce soir elle fera de bonnes affaires!
A suivre Edouard Deramée et Yves Raymaekers

Préambule.
Faut-il le dire, ce trekking de près d'un mois autour du Manaslu, avec la possibilité de gravir un trekking peak de plus ou moins 6000m était très alléchant.

Tour du Manaslu