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Mont Viso Arête Est

Soumis par Raymaekers Yves le 23 July 2011

Mercredi 21 juillet,
Journée fastueuse après la journée exécrable d’hier et l’accueil « à la mesure du temps » au refuge Vallanta. Le temps s’est remis et nous avons improvisé une montée au Passo Fiorio et Ratti pour rejoindre la Punta Dante en traversée. La montée au passo a été un grand moment, un couloir très raide avec un pierrier tellement instable que l’on a préféré passer en escalade sur le côté. La Dante c’est dans la poche et la descente « sur le cul » dans les névés pour rejoindre le passo Sagnette, nous donna quelques émotions. C’est assez fatigués que nous redescendons vers le « Quintino Sella », par une via ferrata bien raide.

Jeudi 22 juillet,
Prévenus hier soir par téléphone qu’il nous faut attendre un jour pour que le Viso soit en conditions, nous montons au Viso Mozzo, qui va nous permettre d’observer notre montagne à loisir, de l’inspecter dans ses coins et recoins et d’essayer de reconnaître le parcours proposé : l’arête Est. L’après-midi est la bienvenue pour un petit somme réparateur. Roby nous rejoint le soir à l’heure du repas.

Vendredi 23 juillet,
4h du matin, on toque discrètement à la porte de notre chambre. Petit-déjeuner à l’aise, il y a d’autres cordées candidates pour la « Este », nous leur laisserons l’avance. Vers 4h45, ça y est, départ à la frontale, nous commençons par le contournement du lac.
Nous entamons les premières pentes de neige et gagnons dès que possible l’arête au niveau d’une bonne terrasse. Le rocher est relativement bon, mais c’est un terrain d’aventure avec un itinéraire délicat à trouver. Roby trace sa voie et nous le suivons à corde tendue. Je suis encordé à 3m de Lambert et le suis comme un chien fidèle. Le temps est beau, nous pouvons admirer avec bonheur les premiers rayons du soleil. Petite inquiétude cependant : venant de la vallée, nous voyons monter lentement une mer de nuages, phénomène local appelé «la nebbia », brouillard de beau temps dû à la condensation sur la plaine du Pô. Tout au long de l’ascension nous resterons cependant au dessus des nuages. Les longueurs succèdent aux longueurs, l’escalade est agréable. C’est à la tour Robert que cela devient délicat.
« Mais dis-moi Lambert, c’est quand même pas du 4 ce qu’on vient de passer là! ».
Après l’escalade des 4 longueurs en 4c de la tour Robert, nous rejoignons l’arête de la voie normale, et c’est vers 11h45 que nous débouchons au sommet, visible grâce aux plaques commémoratives. Il fait toujours beau, la vue est splendide et nous déjeunons avec appétit (j’ai bien sûr quelques « chacha » dans ma besace).
Je passe en premier pour la descente par la voie normale, en essayant de suivre fidèlement les marques jaunes qui la jalonnent, me fiant aussi à mon instinct, beaucoup de marques étant enfouies sous la neige. Roby nous prévient : « pour la traversée de ce couloir, allez-y rapidement car il y a des chutes de pierre possibles ». La descente se termine enfin : nous rejoignons le bivouac Andreotti, refuge de secours, et entamons les grandes pentes de neige : que du plaisir, on peut se décorder et nous atteignons sans encombre le Passo Sagnette.

C’est avec soulagement que Babeth nous accueille au refuge Sella, et nous allons boire un solide verre de l’amitié !

Extraits du journal d’Yves :

Mont Viso, Turin