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Una primavera en Araucania

Soumis par Surny Elisabeth le lun, 19/12/2005 - 00:00

au nord de la Patagonie chilienne dans cette partie du continent où “l’enfer vert" est du coté du Pacifique. Sous la houlette de Christophe Lehner, une quinzaine de passionnés de la marche en autonomie ont envahi le Chili, en pleine campagne électorale, pour faire 2 trekkings sur des volcans : altitude raisonnable entre 2.500 et 3.000 m avec des passages enneigés.
Le voyage fut épuisant, 20h de vol, avec une halte à Santiago, visitée au pas de charge au milieu des échoppes de Noël, une nuit passée dans un bus pour descendre au plus vite jusqu’à notre but, Pucon, camp de base pour le 1er trekking.
Nous voilà au pied de notre objectif, le Villarica, volcan de carte postale, cône parfait, drapé d’une cape immaculée et surmonté d’un étendard de fumée. Le lendemain sous un ciel d’azur et un soleil généreux, nous attaquons et ne sommes pas seuls ; les semaines précédentes il a neigé et tous se ruent à l’assaut de ses pentes enneigées. La récompense est au sommet où la vue à 360° nous submerge : le volcan Lannin en point de mire, et le Quetrupillan, notre objectif suivant font l’objet de toute notre attention. L’activité du volcan, dissimulée par une vapeur sulfureuse, est dévoilée par un bruit de marmite du diable en fusion.
La descente rapide, parfois sur le derrière, sous un soleil voilé et trompeur, nous amène à notre premier endroit de camps où enfin nous montons les tentes et soignons les coups de soleil. Demain sera le vrai test ; nous prendrons nos sacs à dos bien chargés pour 2 jours de trekking autour du volcan par le versant nord avec de belles dénivelées, traversant une forêt exubérante et majestueuse avec ses arbres millénaires, ses lichens, ses fleurs surprenantes et ses bambous superbes, enjambant de multiples gués, puis par des passages enneigés sur les plateaux volcaniques.

Entre le Villarica et le Quetrupillan nous avons rejoint la piste où nous attendrons le ravitaillement pour les jours suivants et sommes allés détendre nos muscles et notre dos aux thermes de Palguin.

Après une nuit sous une pluie diluvienne, nous sommes repartis pour 4 jours de trek sur le plateau volcanique du Quetrupillan, par un temps mixte neige/pluie agrémenté de rafales de vent, entrecoupé par de belles éclaircies nous offrant de superbes vues sur les forêts primitives d’araucarias enneigés et sur les vallées recouvertes de végétation luxuriante.
Et c’est là que “gamel trophy” a commencé...:
Notre guide chilien trouvant les conditions sur le plateau volcanique trop difficiles, nous a entraîné au GPS à travers la forêt, vite devenue jungle. Rapidement notre “guide champion” est largué, et Christophe, aidé de ses comparses Jean-Pierre et Hubert, reprennent les choses en main et font face à une forêt touffue, des bambous devenus traîtres, des rivières spongieuses, ressauts en tous genre - escalade de troncs démesurés, challenges improvisés sous la pluie, grêle et neige inlassables, dont nous sommes sortis après un bivouac improvisé mais salvateur sur une crête de la forêt... .Cela s’est terminé par hasard après avoir trouvé une piste de bûcherons. Ensuite nous nous sommes détendu quelques heures dans les thermes geometrica, cadre superbe et toujours sous une pluie battante.
Pour nous consoler de notre trekking avorté, sous une bonne drache, nous avons été randonner dans le parc national du Huerquehue où nous avons fait le tour des lagos Chicos, Verde, Toros, et quelques cascades. Le surlendemain alors que le temps se rétablit, Christophe nous propose une randonnée à cheval le long de la rivière Trancura où certains ont découvert le plaisir du galop et de la traversée des rivières à cheval.

La deuxième partie de notre séjour se déroule quelques 150 km plus au sud dans la région des lacs dans le Parc national du Puyehue. Le 1er jour, 2 mules monteront le plus lourd de nos sacs à dos sur le plateau volcanique à 1400 m d’altitude. Le temps se maintient dans le bleu et les paysages grandioses où les volcans Osorno, Tronador... etc se déclinent sur l’horizon dans tous les tons d’orange et d’or au coucher du soleil.

Le lendemain, laissant nos sacs à dos au pied du cône volcanique, nous allons au sommet du Puyehue voir son immense cratère. Le vent est au rendez-vous - nous ne restons pas longtemps au sommet - une longue journée nous attend. Bien chargé, nous traversons le plateau volcanique enneigé, où nous enfonçons parfois jusqu’à la cuisse, pour rejoindre les “aguas caliente” (sources d’eau chaudes volcaniques) où nous restons 2 nuits. C’est un paysage tout en noir et blanc avec au loin les fumerolles de notre but. Notre campement se fait au confluent de plusieurs petites rivières entre eaux glacées et eaux bouillantes où nous pouvons lancer des pierres de lave qui flottent. Seuls quelques canards contestent notre présence dans ce lieu magique et surréaliste où la végétation, luxuriante au bord des cours d’eaux, contraste avec les monceaux de glace et de neige qui la surplombe, et les montagnes de poussières volcaniques noires. Le lendemain cap sur les geysers situés à quelques heures de marche de notre campement. Après quelques hésitations, le chemin ne se devine pas aisément sous la neige, nous suivons plusieurs crêtes magnifiques avant de rejoindre les geysers composés de marmites de boues en ébullitions et de jets de gaz sulfureux.
Au soleil couchant, notre nouveau guide apparaît, et dès le matin suivant, nous partons tôt pour continuer notre tour du Puyehue toujours au soleil, par “la ruta de los americanos”, itinéraire portant ce nom depuis que 2 américains y errèrent 8 jours durant en 1995. Une remontée bien enneigée jusqu’au col d’où nous pouvons voir la deuxième partie de notre trek qui descend dans une vallée moins enneigée et au loin dans la forêt luxuriante. Maintenant que nous sommes bien entraîné, nous avalons les dénivelées, traversant les plateaux d’un bon pas et nous arrivons dans un endroit de camp au confluent du Rio Valo et du Rio Golgol, rivière tumultueuse que nous suivrons encore le lendemain. Un pont qui ne mène nulle part fait dans des troncs d’arbres monumentaux enjambe la rivière et nous laisse rêveurs. Nous repartons sur le sendero Esmeralda bordé de fuschia où chacun pourra créer son propre passage dans la forêt pour éviter les longs passages dans la boue et l’eau stagnante. Nous irons de chutes d’eau en salto, cascades larges, longues, hautes et bruyantes qui scandent notre descente vers la vallée. Enfin nous retrouvons les alpages avec le bétail et l’entrée du parc quitté quelques jours auparavant.

Il nous reste quelques jours : pendant que Régine et Eddy vont gravir le volcan Osorno, nous allons visiter Puerto Montt, la dernière grande ville chilienne de la région où aboutit la panaméricaine, et l’île de Chiloé où nous découvrirons les maisons sur pilotis revêtues de bardages de toutes couleurs et de toutes formes, les pingouins de Magellan ou de Umbolt, des plages à perte de vue, l’océan bordé par une forêt luxuriante, des vaches mangeuses d’algues et les petites églises de bois si caractéristiques.

Le moment vient où il faut reprendre nos tribulations vers le nord où notre avion nous ramènera “a casa” pendant que trois d’entre nous continuent leur périple par le tour du Fitz Roy et le “campo de hielo sur”, vaste calotte glaciaire, vestige de la dernière glaciation, qu’ils feront toujours sous le soleil, ..mais ceci est une autre histoire.
Encore merci Christophe de nous avoir fait découvrir ce pays de magie et de nature à l’état brut, vraiment ce fut une agréable surprise!
Babeth Surny

QUI :
Marianne de Troyer et Jean-Luc Thelen - Régine Armbruster et Eddy Bynens - Christophe Lehner - Hubert Leclercq - Jean-Pierre Devaux - Paolo Da Silva - Laurent Lejong - Vivianne Nicolay - Martine - Maryvonne - Laurence - Claire Deramee - Babeth Surny

QUAND :
du 28 novembre au 19 décembre 2005

Après leur tour du monde des trekkings, Olivier et Caroline nous l’avaient dit : leurs préférés étaient en Araucanie,

villarica