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Si toi tu perf… moi j’autonome.

Soumis par Membre Cabbrabant le 26 July 2011

Juillet 2011. Nous ne sommes pas là pour compter les bougies car la météo annoncée, c’est pas du gâteau. On s’est passé le mot: autonomie. Le but n’est pas d’éclater la baraque. Il s’agit de mener en tête des courses abordables et de s’adapter à la météo. Le groupe est homogène. Les 1ersde cordée alternent, la technique s’affine et la carto graphie. Voyez le topo! En prenant son pied. Foi de Thierry Disneur.

Sitôt à Siviez, la totale. Fendant, fondue fromage, concert de cors des alpes... et nous voilà à peu près d’équerre pour grimper à la cabane des Vignettes. Il est bon de retourner à l’école: on gratte la neige avec les pattes et à défaut d’os, on enfouit un piolet qui nous servira de corps mort. Il s’agit de lancer un stagiaire dans la pente et de tester la technique de l’assurage dynamique. Ciel bouché en entrant dans la cabane. Thierry et Markus désignent les cordées. Objectif, le Pigne d’Arolla suivi du Mont Blanc de Cheilon. Après la touffeur de la nuit nous prenons pied sur le glacier. Une neige croûteuse dissimule les pièges et le mot «crevasse» se répercute au fil des cordées.
Le Cervin est plâtré. Au sommet du Pigne, une marée orageuse nous convainc de ne pas tenter le diable au Cheilon. Retour à la Cabane où l’on s’attaque aux azimuts afin de vénérer l’Evêque le lendemain. Cette fois nous voilà dans le coton. La pente se redresse, de lourds flocons trempés nous accompagnent jusqu’à l’arête rocheuse sommitale. Dans la descente périlleuse, il faut gérer la tension de la corde. Nous repassons par le refuge où le solide gardien joue au trampoline sur le filet de l' aire de l' hélico, tout en évoquant ses délicieux éclairs au chocolat. Bernard Sacré.

Ensuite, la cabane Chanrion. Départ au barrage du lac de Mauvoisin. Le parcours bucolique sera parsemé de portraits (expo), tunnels, lacs, moutons, cascades, bouquetins, vaches (à cloches) et cloches (aux pieds). Au refuge, vous batifolerez avec délectation dans les prés d’edelweiss sous l’œil complice des marmottes. Et de la gardienne. Programme pour le lendemain: temps variable. Nous attaquerons par une surprise. Fini de rire. Chacun tire son nom d’un chapeau: ça ira par deux. On démarre par une épreuve de nœuds. Les cordes pendent, la panoplie se déploie: nylon et métal. La concurrence stimule. On en apprend pour son grade: ça rixe de faire mal. On débute par une échauffourée puis ça se tendra au fil des séquences chronos. A chaque go, c’est la curée pour accrocher le point. « Le huit, on s’en bouline! » Un p’tit cabestan à une main…puis le machard a stressé. Pas bien français. Ca papillonne. « Fais seulement ton mickey toi, t’es têtu comme une mule. Et si tu moufles je te débraye ». Quand le polonais rechigne, il faut le stranguler. Abdel et Jean-Michel l’emportent haut la main et le mini chien du refuge termine avec une gourde de survie nouée au cou: vive le « nain-bernard ». Thierry D.

Après une révision complète de cartographie, les équipes s’affrontent avec un jeu de fiches techniques. Puis à la surprise générale, les monos annoncent une course d'orientation. (Markus nous avait discrètement faussé compagnie pour installer 7 balises sur un parcours de 3 heures). Avec deux bouteilles de fendant à la clé pour l' équipe gagnante de la journée, c’ est le branle-bas de combat... Les regards s' aiguisent, les équipes affûtent leurs bâtons de rando, décidées à batailler pour arriver en premier. Top départ! Les concurrents se distancient, se croisent… la lutte est intense. Le rythme aussi. Tous les coups sont permis, certains gardent jalousement les positions des balises, d'autres brouillent les pistes. A la dernière balise, Jean-Michel tournera en vain autour d’un abreuvoir, jouant les toréadors avec une cohorte de taureaux en ruth. Alors que Bernadette, prudente, préfèrera s’éclipser. Paul, Philippe et Bernard déboulent les premiers. Mais le score total du jour est serré: valeureux furent tous les combattants. Au final Jean-Michel et Abdel décrochent la récompense… Cheers! Abdel Bouhmadi.

La course suivante vous étourdira dans un ballet aérien. Envoûté à petits pas, emporté hors du temps, vous risquez de valser longtemps et de terminer en danse de saint-Guy.
Seriez-vous partant pour faire la Ruinette? Sommet déliquescent et au rabais? Détrompez-vous, on en a pour son argent au cours du franc suisse. Solide mise en jambe à la frontale depuis la cabane Chanrion pour gagner le col de Tsofeiret. Les bouquetins ne daignent pas lever le mufle au passage de notre caravane. Arrêt orientation: on va par où? Thierry et Markus se gardent de nous influencer. Les sommets dans la pénombre jouent à cache avec les nuages. Quelques cairns plus loin, le voile se déchire et resplendit, doré par le soleil levant, le seigneur des lieux: le Grand Combin. Au col de la Lire Rose on attaque la première arête à corde tendue. Chercher le bon passage est un plaisir. Partis en tête, Bernadette et moi avons tout loisir d’imprimer notre rythme (respect pour notre âge)!
Un cairn géant vers 3500m indique où il faut rejoindre le glacier supérieur. Pour les derniers 200m, retour sur une arête rocheuse. Aérienne sur la fin, elle est magnifique. Petit rappel à la descente, et c’est en toboggan qu’on survole la dernière crevasse. Après la longue arête inférieure « il n’y a plus qu’à » rejoindre le barrage de Mauvoisin: 1300 m plus bas. Les genoux apprécient… ma que bella! Jean-Michel Hoeffelman

Après une nuit réparatrice au gîte de Siviez, nous voilà en route. A la cabane de Moiry dans le val d’Anniviers, nous préparons notre dernière course comme des pros: carte, boussole, altimètre. Une course modeste prévue en autonomie totale: ”les Pointes de Mourty”. Un itinéraire varié. Le gardien nous convie à déguster un vin chaud sur la terrasse, où un énorme feu de bois et des feux de Bengale illuminent le ciel. C’est magique, la fête nationale suisse! Thierry ne se tient plus et lance ses fusées rouges. Le lendemain j’ai le privilège de faire la course en tête avec deux excellents « seconds », Thierry et Markus! Je suis honorée car c’est à moi seule, cette fois, de les guider. J’emboîte un bon pas pour ne pas me faire larguer. Surprise: nous serons la première cordée du stage à fouler le sommet! Où sont les autres? En fin de course, un « atelier glacier » s’improvise au bord d’une magnifique crevasse. Avec abalakof et mouflages (simple, double et triple). Notre formation se complète. Merci à tous mes amis gaillards d’avoir été si sympa avec moi, la seule petite dame du stage. Bernadette Dupont.

Stagiaires: Philippe Meyrant, Marc Kobs, Thomas Plumanns, Daniel Lhoute, Bernard Sacré, Paul Hegge, Abdel Bouhmadi, Jean-Michel Hoeffelman, Bernadette Dupont. Monos: Thierry Disneur (chef de stage) et Marc Rossignol (Markus).

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