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Interview Belclimb - enfin des nouvelles

Soumis par Belclimb le ven, 20/01/2012 - 00:00

ce dimanche 5 février pour de nouvelles aventures en paroi. Changement complet de cadre : alors qu’ils avaient navigué à bord d’un bateau lors de leur précédent périple (voir cet article), ce nouveau voyage les amènera à explorer la jungle d’Amérique centrale. Direction les mythiques « Tepuis » du Venezuela. L’équipe des protagonistes sera formée par Sean Villanueva, Nicolas Favresse, Stéphane Hanssens et Jean-Louis Wertz. Quatre grimpeurs bénéficiant d’une solide expérience en escalade sur big wall.
Nous avons interrogé les deux premiers pour qu’ils nous livrent leurs impressions avant cette plongée dans l’inconnu.
Belclimb: Vous êtes plutôt habitués aux marches d’approche en milieu hostile. Cette fois-ci, ce sera la jungle. Qu’est-ce que cela vous inspire et est-ce que vous vous y êtes préparés?
Sean: Ce qui nous a beaucoup inspirés au Groenland c’est la longueur “trou noir” : une cheminée trempée, sale et velue. Nous avons entendu qu’au Venezuela il y a des parois entières dans ce style : 600m de jungle déversante, mouillée, boueuse, mousseuse, un véritable combat avec la végétation, les serpents, crocodiles et scorpions. L’ambiance jungle va être bien différente des conditions extrêmes de la Patagonie, de l’altitude du Karakorum, et des grands espaces de l’arctique (Baffin et Groenland).
Votre objectif est d’ouvrir plusieurs voies sur les Tepuis du Venezuela. Faut-il aller si loin pour trouver des faces encore inexplorées?
Nicolas: La rumeur nous est parvenue qu'il existe une face de 600m de haut extrêmement déversante sur un Tepui qui s'appelle Amuri. De cette envergure, ce qui est vraiment unique ici c'est qu’elle serait probablement une des faces les plus surplombantes au monde, dont la partie en surplomb est encore vierge. Le rocher c'est du quartzite, donc un type de grès mais très solide qui apparemment est d'une qualité exceptionnelle et qui, selon nos infos, se prête particulièrement bien à l'escalade traditionnelle aventureuse comme on l’aime. C'est sans aucun doute un challenge qui sera très difficile à relever.
Sean: A savoir aussi qu’on ne sera pas les seuls dans le coin… le hasard fait qu’une autre équipe a choisi le même objectif pendant la même période! Dans cette équipe il y a Siebe Vanhee !!! Il est sur place avec un Américain et deux Anglais. Ce sont des bons copains à nous, donc ça risque de bien épicer la musique. Ils ont 10 jours d’avance sur nous… C’est complètement par hasard que deux expéditions se retrouvent en même temps dans la région.
Il existe une centaine de Tepuis. Allez-vous en choisir un seul ou plusieurs? Où se situe(nt)-il(s)?
Nicolas: Notre premier objectif est donc de tenter de grimper en libre cette face sur le tepui d'Amuri. Peut être qu'on y restera pendant toute la durée de l'expé. Ça dépendra de ce que l'on trouve là-bas, si on est motivé par plusieurs lignes sur ce mur, si on se motive pour une ligne très difficile qu'il faut travailler ou si on repart avec la queue entre les jambes. Pour atteindre la face déversante d'Amuri, on embarque tout d'abord à Cuidad Bolivar,dans un petit avion Cessna qui nous mènera au cœur de la jungle dans le village amazonien de Yunek. De là, nous parviendrons au pied de la paroi après 4 jours de marche à nous frayer un chemin parmi les animaux sauvages.
Vous êtes à nouveau quatre en paroi. Est-ce que c’est un avantage de grimper avec deux paires?
Sean: Le plus important n’est pas le nombre de personnes, mais bien l’ambiance, la bonne énergie et l'esprit dans l’équipe. Mais à quatre nous sommes flexibles pour partir en deux équipes de deux ou, dans le cas où l’un de nous se ferait mordre par un serpent, on peut aussi grimper en équipe de 3.
Le CAB-RCT accueille un nouveau venu en la personne du photographe Jean-Louis Wertz. Une bonne recrue?
Sean: Ce petit nain blanc-bec « Lidgieux » (de Liège) est vachement moche et son QI n’est pas très élevé. Il n’aura donc aucun problème à s’intégrer dans l’équipe. On ne le dirait pas comme ça mais c’est un grimpeur très doué : même quand il ne grimpe pas pendant une longue période, il garde les sensations. C’est un grimpeur très léger sur les prises et bien en contact avec ses instincts, ce qui est très important dans le terrain d’aventure. Ensuite, en plus d’être un très bon grimpeur, il est aussi un bon photographe. Donc on espère revenir avec des belles images…
Vous serez une nouvelle fois coupés du Monde. Comment allez-vous communiquer avec l’extérieur?
Sean: la communication se fera par Facebook et par notre site web. On a pris le téléphone satellite du CAB, donc on espère envoyer des petits messages de temps en temps. Malheureusement on n’aura pas la possibilité d’envoyer de photos…

Enfin des nouvelles
Il y a manifestement des messages qui se sont perdus dans la jungle vénézuélienne !! Après une longue attente, quelques bribes d’information nous sont parvenues en Belgique !! Nous avons enfin reçu quelques nouvelles de l'équipe ! Nico et Sean, Stéphane et Jean-Louis viennent juste de terminer l'ascension en libre de « Amuri », une voie surplombante de 600 mètres au droit d’une impressionnante cascade au milieu de la jungle ! Il leur aura fallu 9 jours pour atteindre le sommet. Ils sont maintenant de retour sur le terrain et prêt pour la suite !! Restez à l'écoute ! Sur leur site http://www.xpedition.be et sur leur page facebook http://www.facebook.com/xpeditionbe

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