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La Brenta - 10 ans plut tôt

Soumis par Lecocq Philippe le 28 August 2007

Il imprime cette image dans sa mémoire mais surtout, il s’imprègne de l’émotion ressentie en ce moment. Depuis, ce moment ce monolithe le hante et le fascine à tel point qu’il se met à l’escalade et entre au club alpin. Ferratiste passionné, il passe et repasse aux pieds de cette falaise abrupte jusqu’au jour où il décide de former une équipe et de gravir cet immense pilier.

Après quelques temps et péripéties, cinq grimpeurs quittent le refuge Pedrotti et partent en deux cordées dans la voie normale du Campanile Basso. Désigné par le groupe comme étant le plus expérimenté, j’ouvre le chemin. Onze longueurs pour trois cents cinquante mètres d’escalade dans l’ambiance incomparable de la Brenta. Une dizaine de pitons sur la totalité de la voie mais les relais sont de la nouvelle génération. De plus, la météo nous offre une superbe journée en laissant les nuages loin dans la vallée jusqu’en début d’après-midi.

Nous sommes cinq sur la terrasse sommitale à contempler ce qui nous entoure. Et pour moi, c’est un véritable cadeau que de partager l’émotion de cet homme qui vient de réaliser son rêve.
Merci à toi, Philippe, pour cette superbe escapade.

Guy Carbonnelle

La Brenta – 10 ans plus tôt

La Brenta est sans conteste un des massifs parmi les plus représentatifs et les plus spectaculaires de ce monde minéral que constituent les Dolomites. Il est rendu très accessible par de nombreux sentiers aériens et surtout par ses vias ferratas, considérées assez unanimement comme les plus esthétiques du genre .

Cette accessibilité, ainsi que les différentes options qui permettent de passer d’un refuge à l’autre sur le parcours des « Bocchette », conviennent très bien aux groupes hétérogènes comprenant des grimpeurs, des ferratistes chevronnés ou débutant et des randonneurs. Trois jours sans redescendre suffisent pour s’imprégner de « l’ambiance montagne ». Les journées seront calibrées en fonction de l’ardeur des participants mais aussi de la météo parfois capricieuse. Lors d’une arrivée trop précoce au refuge, l’après-midi pourra être meublée utilement par de petits pas d’escalade sur les rochers toujours proches.

C’est dans pareil contexte qu’il y a une dizaine d’années, notre petite famille s’était retrouvée pour la première fois sur les vires suspendues de ces ferratas pour ce qui était encore une de nos premières expériences en la matière. C’est sur l’exceptionnel parcours câblé des Bocchette Centrale (4 heures) que le Campanile Basso nous est apparu pour la première fois. Nous avons fait sa connaissance, pointé son nom sur la carte. Il s’est laissé lentement approcher, puis contourner. Ce jour là, à la fois enthousiaste et intimidé par ce majestueux monolithe, je n’aurais jamais imaginé qu’il m’inviterait, bien plus tard, sur son sommet. De retour dans la vallée, un passage par l’office du tourisme y dénichera un poster de « la chose ». Dix ans qu’épinglé sur le mur de mon bureau, il se rappelle avec insistance à mon souvenir, dès que je lève le nez.

Le Campanile Basso – août 2007

D’après les anciens, le Campanile Basso tirerait son nom de sa troublante ressemblance avec un basset faisant le beau. D’autres sources laissent entendre que son nom viendrait plutôt d’un proverbe égyptien qui trouve son sens lors des décrues du fleuve nourricier : « Quand pas Nil, basse eau » (Yves es-tu là ?). Mais laissons là toutes ces recherches étymologiques qui n’intéressent que les érudits et qui n’ont par conséquent rien à faire dans cette revue.

Laissons les grimpeurs italiens (très soucieux de stimuler le tourisme local) planter le décor :
Campanile Basso, Via Normale, Descrizione Generale
Stupenda salita in ambiente dolomitico, a quella che sicuramente è considerabile come una delle più belle montagne del mondo. L'arrampicata è estremamente estetica e si svolge in un ambiente di incomparabile bellezza, come sono le Dolomiti del Brenta. La via Normale, storica, è stata la soluzione all'enigma del Campanil Basso, per lungo tempo un tabù alpinistico, finchè Ampferer e Berger nell'agosto del 1899, non senza fatica, guadagnarono la vetta. Ancora oggi la salita a questo meraviglioso monolite calcareo regala emozioni uniche, sensazioni che dalla mitica pietra del Basso ti si attaccano addosso, non lasciandoti più.
NDLR : Comme vous l’aurez constaté, les grimpeurs italiens parlent italien. Pour ceux qui éprouvent des difficultés, la Rédaction vous propose une version française en fin d’article qui devrait vous encourager à reprendre la lecture en italien.
On atteint le pied de la voie au départ du refuge Pedrotti (CAI) en passant par le début de la ferrata des Bocchette Centrale. La voie est assez courue, nous poussons donc les cordées de Hollandais dans le ravin, afin d’écourter l’attente.

La « Via Normale » n’est pas bestiale. Du III, IV, un pas de V. Elle exige néanmoins de pouvoir s’orienter dans un cheminement tortueux ; la voie s’enroule en spirale autour du Campanile. L’engagement est aussi un facteur à ne pas sous-estimer, compte tenu du nombre très limité de clous entre les relais, qui sont quant à eux parfaitement équipés.
Munissez-vous donc de friends de gros calibre ainsi que d’amis dont le calibre importe peu pourvu qu’ils soient disposés à passer en tête, là où ça fout la trouille.

De ce point de vue avec Guy pas d’embrouille. Mis à part peut-être quelques nouilles, on arrive au sommet sans que ça cafouille. Et c’est là que tout se brouille car Edouard cette fripouille nous sort tout soudain sa paire de (prévoir si possible le saut de page ici) lunettes afin de mieux observer le spectacle qui s’offre à nous.
Après ce moment d’intense émotion, la descente s’amorce par le même chemin. Les rappels s’enchaînent. Nous traversons les nuages de brume qui montent de la vallée : ambiance assurée!
Poursuivant sur sa lancée, on notera aussi l’excellente descente de l’équipe assoiffée de retour au refuge Pedrotti. (encore des rappels embrumés ?ndlr)

Pour interpréter ce Campanile, Basso ma non tropo, voici notre quintet :
Aux friends: Guy (L’Oeil)
Au reverso: Edouard (Le Calife)
Dans les cordes basses: Thomas (La Pêche) et Gerald (Le Placide)
Aux abois: Philippe (Lecocq)

En conclusion, un Campanile c’est un peu haut et puis c’est beau.

Philippe Lecocq

Il y a une petite dizaine d’années, quelqu’un passe au pied d’un énorme monolithe sur le parcours d’une via ferrata dans les Dolomites.