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Stage de ski de randonnée, 10 – 17 mars 2012

Soumis par Promel François le sam, 17/03/2012 - 00:00

Catherine et moi-même tout d’abord, dès le milieu de matinée. Nous profitons tout d’abord du soleil radieux sur la terrasse du refuge, puis nous explorons les sentiers aux alentours du village. André, Anne, Jacques et Martine sont également matinaux, mais à la balade, préfèrent une petite mise en jambe sur les pistes de ski de la station de Sestrière toute proche. Pendant ce temps, Gauthier, Gilles, Javier et Stéphane profitent pleinement des aléas de la route et des files dans la vallée de la Maurienne. Enfin arrivent Arnaud, futur accompagnateur de ski de randonnée qui participera en qualité de stagiaire, et Jean, notre guide préféré, qui débarque de Courchevel. C’est dire que nous avons tous déjà notre petite histoire à raconter quand nous nous retrouvons au complet autour du poêle brûlant allumé par Claudio et de la table bien garnie par Anna.
Le lever du dimanche est magistral : le ciel est déjà bleu, un grand feu est allumé dans l’âtre, le pain est frais, la confiture est maison et le café brûlant. C’est à regret que nous prenons congé de nos hôtes et que nous nous dirigeons vers la petite station de Prali. Une heure plus tard, nous voici tous chaussés de skis et assis dans le télésiège. Courte rémission : en matière d’échauffement, nous dévalons une piste rouge, puis une autre dieu sait de quelle couleur, avant de se retrouver définitivement hors piste. Les choses sérieuses commencent : les bosses, les virages les deux skis bien dans la neige, et les inévitables cabrioles qui finissent les quatre fers en l’air ! De là, les plus téméraires s’engagent dans une première grande descente qui s’avèrera semée d’embûches : arbres en travers, cailloux sournoisement masqués et enneigement insuffisant en fin de parcours. Pour les plus raisonnables, descente pépère par les pistes. Nous nous débarrassons vite fait de notre matériel de piste et filons jusqu’à Villanova dans le Val Pellice où nous abandonnons les voitures. De là, une grosse heure de marche et 500 mètres de montée nous attendent pour gagner le refuge « Willy Jervis » (1732 m). Heureusement Robi passe avec son camion tout terrain et nous épargne le portage des sacs. C’est donc légers que nous profitons de l’approche du gîte et d’un ciel infiniment constellé d’étoiles. Et quel bonheur à l’arrivée que de retrouver Anna-Lisa, Mateo, la chaleureuse ambiance du refuge et sa bonne table !
Après une nuit réparatrice, nous prenons contact avec notre nouveau matériel : bottines à articuler et désarticuler, fixations à bloquer et débloquer, peaux de phoque à coller et décoller, bâtons à serrer et desserrer, arvas à allumer et éteindre, sondes à plier et déplier, pelles à emmancher et démancher. J’ai certainement oublié quelque chose mais cette fois-ci c’est sûr, on va marcher sur la lune. Sur la terrasse inondée de soleil, Arnaud nous parle des avalanches, des techniques de recherche des victimes, et Jean et Robi nous partagent leurs (més)aventures en la matière, nous voilà prévenus. Donc forts de toutes ces recommandations, nous arpentons le plat autour du refuge et nous nous initions en souplesse aux conversions, aux glissades avec les peaux de phoque et autres figures de style propres à la discipline. Robi et Matéo retournent un plein champ de neige pour dissimuler un mannequin victime d’avalanche que nous retrouvons à grand-peine : il n’a pas dû avoir chaud le pauvre ! Pour terminer la journée en beauté, nous mettons le cap sur un petit couloir que nous gravissons et descendons avec des fortunes diverses, c’est de bon augure pour les prochains jours ! Dès le lendemain nous mettons le cap sur le col Barant (2373m). Là les choses se corsent : fini le plat autour du refuge, direction les pentes, et vive la découverte des vraies sensations de la randonnée à ski. A ski ? Mais j’ai des boulets aux pieds ! Et chez l’un une fâcheuse tendance à partir en arrière, et chez l’autre les skis qui « bottent », et chez le troisième les peaux qui se « déscotchent », mais au final la progression nous amène chacun à trouver petit à petit le mouvement juste glissé du ski ou la bonne gestique de conversion. Inutile de dire que le peloton est un peu étiré à l’arrivée du col, mais qu’importe, c’est l’heure de casser la croûte, et de contempler les virages gracieux que Robi offre en extra aux plus vaillants de la troupe. Ensuite, et pour tous, direction le bas. Attends : j’enlève les peaux, je serre les bidules sur les godasses, je bloque les fixations des skis, et le plus important, je ferme la veste jusqu’au cou car c’est sûr, on va déguster ! Bon, prêt, on y va alors ? Facile : la pente est faible, la neige bonne, et pas le moindre sapin à l’horizon... Donc on corse un peu ? Allez, on pousse la pente ! Ca passe toujours ? Je vous rajoute les sapins ! Et purée cette neige, c’est de la polenta maintenant ! On en oublie presque de regarder la montagne, les vieux mélèzes tout tordus (sauf celui que je viens d’éviter), et on sort sa bouée de sauvetage : un bon vieux chasse-neige tout terrain ! Sauvé : nous touchons le plat, à une encablure du refuge, sa terrasse encore au soleil, sa bière fraiche, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes…
Mercredi, fini l’échauffement, on passe aux choses vraiment sérieuses : le col Sellière (2834m). Ses 1100 mètres de montée et sa vue imprenable sur le Mont Viso en font un must du Val Pellice à pied à cheval en voiture, et pour nous, en motoneige. Cool ! Donc plein gaz vers le fond de la vallée, mais Jean, pourquoi tu arrêtes ? Quoi ? On continue avec les skis ? Mais on a encore rien monté ! Bon d’accord si tu veux… Donc nous abordons la côte en rang serré entre les mélèzes, jusqu’au Pian Sinelvie, marqué par un monument commémorant l’accident d’avion en ces lieux pendant la deuxième guerre. De là nous remontons la combe où le groupe s’étire au fur et à mesure que la pente se redresse. A hauteur du refuge Granero, Robi bifurque avec l’arrière garde vers le col Manzol (2667m), alors que l’avant-garde sue dans le dernier raidillon sous le Sellière, où on finit par larguer les lattes pour mettre pied sur les cailloux du col. Pause sustentatrice et on passe en mode descente. La neige est magnifique, encore bien poudreuse dans ce vallon abrité du soleil. Une traversée – où on passe un par un au cas où – et nous voilà à essayer des virages en pente raide… Quelques gamelles plus loin nous retrouvons la motoneige. Une longue corde, quelques nœuds dedans, voilà le tire-fesses façon Jervis, et nous regagnons le refuge à petite vapeur. Je vous l’avais dit : le Sellière, à pied à cheval, en voiture !
Pour le jeudi, nous mettons le cap sur le col d'Urine (2525m), qui comme tout le monde le sait, alimente la cascade del Pis… Passons … à une autre technique : on ficelle les skis sur le sac, on se transforme en curieuses bêtes à cornes et on part à pied en cahotant. Heureusement la neige n’est pas trop loin, et c’est par une traversée légèrement exposée que nous gagnons le vallon sous le col. De là, la progression est régulière et la neige prometteuse. En vue du col, nous bifurquons à droite par une pente plus raide, et après quelques conversions avec et sans skis, nous atteignons la Mait d'Amunt (2804m). Sur le sommet voisin, la Gan Gorgia, une trace de ski plonge dans le précipice. Avec son enthousiasme inébranlable, Javier me répond « l’an prochain » ! En attendant, préférons la pente sage qui nous ramène vers le col et l’itinéraire de montée. La neige tient ses promesses et nous nous surprenons à bien skier. Marco, qui remplace Robi parti avec un autre groupe, et qui avait assisté à nos premiers ébats à Prali, mesure aussi la différence et encourage nos progrès. Encore quelques beaux virages et zip paf, nous voilà en technique survie sur de la neige croûtée, puis sur l’herbe. Fin de parcours, on plie tous les machins et on s’en retourne à pied comme on est venu.
Vendredi, dernier jour déjà, nous amène vers le col Lacroix (2299m) et Praroussin (2675m). Pour la montée, la carte nous annonce une série de lacets serrés, et nous ne sommes pas déçus : un coup à pattes, un coup à skis, un coup à pattes, un coup à skis… La progression est un peu laborieuse, et ce d’autant plus que la neige est lourde. Au-delà du col, la corniche de neige s’est effondrée et a causé une petite avalanche. Pour traverser cet éboulis de grosses boules compactées, nous sortons notre arme secrète, les couteaux à glace, puis nous passons rapidement, en gardant un œil sur le haut de la pente. Rien ne bouge, ouf ! Quelques lacets encore, une dernière conversion et nous voilà au sommet. Belle vue sur le Viso, le Queyras et les Ecrins au loin. La descente jusqu’au col est plaisante, y compris sur la tôle ondulée de l’avalanche. En deçà du col, nous quittons le chemin de montée pour emprunter un couloir tantôt parsemé de sapins, tantôt étroit. Pas facile à négocier, et il y a des paquets de neige dans le haut. Nous comprenons que nous sommes en fait dans cette espèce de dévaloir que nous avions coupé ce matin à la montée… Chacun y va à sa façon, du « haut la main » pour les pros à la descente sur les fesses pour les moins assurés. Peu importe : nous arrivons tous entiers en bas, et c’est déjà l’heure de remiser tout notre attirail, snif…
Bilan : une super semaine avec un super soleil !
A l’an prochain ?
François Promel

Merci
- A nos guides : Jean de Macar, Robi Boulard, Marco Curti
- A notre accompagnateur : Arnaud Dewez
- A nos hôtes : Anna-Lisa et Mateo (refuge « Willy Jervis »), Anna et Claudio (gîte « Pzit-Rei »)

Le rendez-vous est donné à Usseaux, dans le joli gîte « Pzit-Rei » d’Anna et Claudio. Nous arrivons en ordre dispersé.

Val Pelice, refuge Willy Jervis