Aller au contenu principal

Cascade de glace refuge "Willy Jervis"2012

Soumis par Membre Cabbrabant le sam, 04/02/2012 - 00:00

Tôt dans la matinée, de Liège ou de Bruxelles, par un froid dont on se souviendra encore longtemps.

Après onze heures de route et un peu plus de 1000 km, nous sommes arrivés à Bobbio Pellice : notre point de rendez-vous. Pour certains, il s’agissait de retrouvailles car ils étaient déjà venus au refuge l’année précédente. Pour d’autres, des liens d’amitié allaient se créer. Après quelques achats au magasin de montagne du village, nous montons en voiture jusqu’à Villanova, au parking où nous laisserons se reposer nos moteurs avant le retour (hélas tout à une fin).

Robi Boulard, gestionnaire du refuge et guide nous attendait avec deux scooters des neiges pour monter nos sacs : quel soulagement ! Pour nous, raquettes aux pieds, une ascension de 500 mètres de dénivelée nous faisait louvoyer au gré des courbes de la rivière « Pellice » en direction du refuge. Nous profitons pleinement de la beauté du paysage au crépuscule naissant. En un peu plus d’une heure et à la lueur des frontales nous arrivions à notre refuge où un très bon repas nous fût servi. Une attribution des chambres, un rangement du matériel et puis surtout une bonne nuit de sommeil allait clôturer cette première journée.

Le lendemain, après un copieux petit déjeuner et le réglage des crampons, nous formons deux groupes. L’un a déjà participé à un stage de cascade de glace, l’autre va le découvrir. Par un froid équivalent à celui de la Belgique, agrémenté d’un ciel bleuté et ensoleillé, nous nous dirigeons vers nos cascades respectives.
Après une marche d’approche en raquettes dans la superbe vallée entourant le refuge, la cascade se dévoile à nos yeux.

La pureté de sa glace aux reflets bleutés n’attend que les explications de notre guide Jean de Macar, qui va la gravir. Il installe les moulinettes et nous pouvons suivre ses conseils pour l’escalader : quel régal. Sous l’aile protectrice de Robi Boulard, l’autre groupe s’est attaqué à une autre cascade tout aussi belle.

Aux environs de 16 heures, nous sommes tous de retour au refuge où un repas nous attend. Pour celui qui aime bien manger, je peux vous certifier que vous ne serez pas déçus des différents repas servis. La variété, la quantité et la qualité n’en ont jamais été mises en défaut. En attendant le souper vers 20 heures, nous rangeons le matériel de la journée puis nous allons prendre une bonne douche chaude. Certains vont faire une sieste et d’autres se lient d’amitié en buvant une bière. Lors des soirées, nous partagions nos expériences et apprenions à nous connaître autour d’un bon verre. Mais sans excès car de nouvelles aventures nous attendaient le lendemain matin.

La vie du refuge s’organise. A cette période nous avons la chance : seuls trois italiens nous côtoient, œuvrant pour un recensement des espèces animales de la montagne.
Les jours suivant se joignent à Robi et Jean deux autres guides venus retrouver leurs amis. Il s’agit de Marco, guide et instructeur sauveteur qui a fait sa formation en même temps que Jean, et Cesare formateur des guides.
Quel luxe et quelle expérience pour nous d’avoir 4 guides à disposition pendant 3 jours. Hormis une fin de journée où la neige s’est mise à tomber vers 15h jusqu’au bout de la nuit, le soleil nous a accompagnés tout au long du séjour. Cela nous a permis de réaliser de superbes photos et vidéos de nos « exploits ».

Le mercredi, Robi était reparti dans la vallée et c’est en compagnie de Jean, Marco et Cesare que nous sommes tous descendus à la cascade de la Pis.
Chacun grimpe à son rythme sur les moulinettes installées par les guides. A la demande de Christophe, Thomas, Eric et moi-même, nos guides nous ont permis de monter en tête après avoir placé les broches à glace. Avec un encadrement de cette qualité, il ne pouvait rien nous arriver.

Le jeudi, une grande partie des participants a fait un break en gravissant en raquettes un sommet avoisinant en compagnie de Jean. Ce dernier ainsi qu’Eric et Thomas l’ont fait en ski de rando pour avoir le plaisir de tout redescendre dans la poudreuse. Superbes photos à la clé pour les autres, redescendus en raquettes. Pour ma part, avec le guide Cesare, j’ai opté en compagnie de Christophe et du deuxième Thomas pour une cascade de toute beauté, précédée d’une pente assez abrupte...
D’une hauteur proche des 100 mètres, 3 relais furent nécessaire pour venir à bout de la verticalité de celle-ci. Le dernier relais étant atteint, tout le bonheur du monde se lisait sur notre visage tant la beauté du paysage que celle de la cascade nous avaient ravis.
Les rappels fractionnés nous ramenaient à notre point de départ et nous fîmes nos adieux à Cesare qui redescendait dans la vallée.

Le vendredi nous nous sommes rendus à la cascade du col Lacroix, frontière entre l’Italie et la France. Après une ascension de 300 mètres de dénivelée dans la poudreuse, la cascade située à 2050 mètres nous apparaissait.
Cette sixième et dernière cascade allait clôturer notre stage. Lors du chemin qui nous ramenait au refuge je me suis imprégné la mémoire de ces paysages que j’allais bientôt quitter, non sans une pointe de nostalgie et un pincement au cœur.

Le dernier soir, nous avons clôturé la fin du stage en vidant la bouteille de « génépi » en compagnie des guides et de certains de mes compagnons des glaces, avant le retour du lendemain vers la Belgique, où il faisait toujours aussi froid.
Un tout grand merci à tous pour l’esprit de camaraderie, l’encadrement de nos guides, l’accueil et le service du personnel du refuge. Vivement 2013.

A Catherine, Jean, Edouard, Denis, Christophe, Marc, Thomas P, Michel, Eric, Thomas VST, Jean-François.

Didier Bral

Le samedi 4 février, départ pour les 11 participants à cette aventure.

Val Pelice, Vilanova, refuge Willy Jervis