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Cascade de glace en Italie - Première impression

Soumis par Membre Cabbrabant le sam, 04/02/2012 - 00:00

une vallée enneigée avec en son creux le chemin qui mène au refuge. Une balade fantastique au clair de lune, je m’abstiens d’allumer ma frontale, juste humer l’air frais de la nuit tombante, écouter le silence des géants qui nous entourent, le crissement des raquettes dans la neige et regarder les couleurs de la nuit refléter sur les pentes, les arbres et la rivière gelée : féérique. Le groupe, disséminé sur l’heure et demie de marche, progresse ; une lampe scintille au loin, puis une autre. Nous nous retrouvons et faisons connaissance autour d’un repas bien mérité dans la chaleur du refuge, un bon vrai refuge de montagne avec les chaussures qui sèchent autour du feu.

Le lendemain, première approche d’une cascade de glace, j’en avais tant rêvé! Pendant que Jean installe les cordes, j’ai le temps d’apprécier la froideur des lieux, la beauté de la neige immaculée et la rudesse de la montagne. Et puis, un premier coup de piolet, un deuxième. Je m’étonne de parvenir à m’élever du sol avec ces engins un brin barbares, mes crampons accrochent, c’est parti! Me voilà en pleine ascension avant de voler une ou deux fois. Quel plaisir!

Ce matin, direction “Delirium”, 1h30 de marche. D’abord le chemin s’étire, plat et silencieux, cerclé de crêtes enivrantes. Ensuite, un petit dénivelé dans un beau tas de neige nous vaut quelques essoufflements alors que les deux guides, Jean et Cesare, papotent gentiment en ouvrant la marche. Nous nous hissons vers le pied de la cascade. Comme j’entends le doux sifflotement de l’italien, je me dis que ce passage n’est qu’une broutille et j’enjambe un muret enneigé, surmonté de quelques arbrisseaux, avec l’élégance d’un buffle engoncé dans la neige.
Quel bonheur d'arriver aux pieds de cette belle dame dont l’opulente chevelure glacée nous inspirera magnifiquement. Sous les conseils avisés de Cesare, je parviens à décrocher un piolet un peu trop bien enfoncé dans la glace. Qu’est-ce qu’on peut s’énerver pour rien... Ce guide est d’une tranquillité à faire pâlir les plus terribles avalanches, et possède le regard de ceux qui ont touché l’immensité et apprécié des paysages d’une beauté indicible. Après une fraction de seconde plongée dans la profondeur de ses yeux, l’appel du piolet m’envoie gravir la belle dame. Quelle belle journée!

Au retour, bichonnée par Robi et sa fine équipe, nous attend la réjouissante cuisine à l’italienne. Pendant que nos affaires sèchent au coin du feu, tout le monde se retrouve dans une bonne humeur qui s’étire jusqu’au soir, en toute simplicité.

Trop court séjour,
À bientôt au Jervis...

Catherine Larielle

Après 12 heures de voiture, nous abandonnons les voitures sur un parking au milieu de nulle part,

Val Pellice, Villanova, refuge Willy Jervis