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Genèse du projet

Soumis par Deramée Edouard le sam, 24/08/2013 - 14:02

Comment donc est né ce projet? Personnellement, de par mon métier de géomètre, je suis assez sensible à la magie des chiffres.
Depuis quelques années déjà, l’envie d’aller au Nun-Kun me tient à cœur. En 2006, grâce à François Promel, j’ai eu la chance de découvrir le Ladakh et le Zanskar. Son projet : parcourir la rivière gelée, le « Tchadar » en plein hiver, mais en y accédant par un itinéraire peu parcouru, les chemins du Jumlam, dont le passage clé est le « Char Char la », un col à 5000m. Ce fut pour moi un trekking magique et inoubliable, je me liai d’amitié avec Catherine et François au cours de cette aventure.
De fil en aiguille, j’appris l’existence au Zanskar d’un massif de plus de 7000m, le Nun-Kun. Je repris contact avec Sonam Dawa, l’organisateur ladakhi du premier trek, qui connaissait déjà Catherine et François depuis 2004 pour avoir parcouru avec eux la diagonale du Zanskar, un autre trek de grand intérêt.
Je désirais organiser avec lui un parcours de la diagonale, mais j’avais aussi entendu dire qu’au cours du trek, on franchirait un col duquel par beau temps, on pouvait admirer le Nun. Il faut savoir que le massif du Nun-Kun comprend deux sommets jumeaux : le Nun, 7135m et le Kun, 7077m. Nous fûmes 11 à vivre ce trek d’envergure, parmi lesquels Guy Carbonnelle et Edouard Deramée, des amis et compagnons d’aventure du Gurla Mandhata, dont faisait aussi partie Lambert Martin. Bien entendu, nous n’avons pas eu la chance de voir le massif : il neigeait au passage du col et la visibilité était insuffisante.
Renseignements pris, je sus que ce sommet avait été conquis pour la première fois en 1953. Il faut savoir que c’est aussi l’année de ma naissance, voilà déjà une similitude troublante. Les années passaient, je me rendis compte que j’allais franchir le cap des 60 ans. Mais au fond, pourquoi ne pas faire coïncider ce passage avec une expédition belge, qui tenterait le sommet du Nun En 2013 ? C’était l’année du 60ème anniversaire de la première victoire franco-suisse, dont firent partie Bernard Pierre, Claude Coghan et Pierre Vittoz.
Et voilà, le projet était lancé. Quant à Jean-Luc Fohal, j’ai d’abord fait sa connaissance à l’occasion de l’expédition belge au Gasherbrum en 2001. Ensuite, j’ai évidemment suivi ses exploits en Himalaya, le dernier étant l’ascension du Manaslu en 2011. Dernièrement, j’ai pu participer, avec Lambert Martin et Guy Carbonnelle, à l’expédition au Chili qu’il organisa l’hiver 2010-2011 au Tupungato. C’est là aussi que j’ai connu Christiane Blaise, une amie de Jean-Luc, grande amoureuse de la montagne dont j’ai pu admirer la robustesse face à des conditions climatiques pénibles. Christiane sera de la partie, et c’est finalement un peu par hasard que Jean-Luc nous a rejoints, après un grand projet avorté à cause de circonstances dramatiques. Il a remplacé François De Poorter, qui après une mauvaise chute a préféré déclarer forfait. Guy m’a proposé d’emmener son fils Colin, et Lambert m’a conseillé Benoît Vanden Weghe, avec qui il a 2 ou 3 ans auparavant conquis le Chopicalqui et tenté le Huascaran au Pérou. C’est aussi le médecin du groupe. Jean-Luc, d’ores et déjà surnommé Mamadou pour ne pas confondre avec le deuxième (il vous racontera peut-être), a déjà accompagné quelques-uns d’entre nous dans des trekkings assez durs, pour ne pas dire engagés. Sa bonne humeur assez constante et son sens du groupe en feront, j’en suis sûr, une bonne recrue.
Selon moi, une expédition d’envergure comme celle-ci ne peut s’organiser qu’avec des gens qui se connaissent et qui ont déjà eu l’occasion de s’apprécier. C’est le cas des neufs participants. Déjà, quelques épreuves d’entraînement, comme le parcours montagne à Beez, et des WE de marche à Freyr, Hatrival et Bouillon, entre autres, ainsi qu’un trek dans les Vosges à la Pentecôte nous ont permis de renforcer nos liens. Sans préjuger de l’issue de ce projet, nous avons une équipe soudée et motivée. N’est-ce pas un bon début pour une aventure unique ?
Yves Raymaekers

Dernière minute: Guy a déclaré forfait, contraint et forcé. Il a contracté une pneumonie, ce qui n’est pas idéal pour la haute altitude. Tout le groupe lui souhaite un prompt rétablissement. Nous penserons beaucoup à lui, il voyagera dans nos pensées.

L'expédition NUN 2013 se déroulera du 25 août au 24 septembre 2013.

Le Nun fait partie de la chaîne montagneuse du Zanskar, l’une des trois épines dorsales de l’Etat du Jammu-et-Cachemire, région du Ladakh, dans le nord-ouest de l’Inde.
Le Nun 7135m et son sommet jumeau, le Kun 7077m, séparés d’environ 4km par le Snow glacier, sont les rares montagnes qui dépassent les 7000 m dans cet Etat. Seul le Rimo (7385m), plus au nord dans le Karakoram indien, les dépasse en altitude.

L'itinéraire emprunté est en partie celui de la voie historique de 1953, par l’arête ouest que l’on rejoindra par le versant nord-ouest et non par le versant sud originel. Le niveau technique de cette course peut être coté AD à D.

Camp de Base (BC – Base Camp) vers 4200m, au pied du versant nord-ouest, au-dessus du hameau de Tangol. Après 3 jours de trek et un col à plus de 5000m, nous serons sans doute suffisamment acclimatés pour remonter directement vers le camp de base avancé.
Camp de Base Avancé (CBA ou ABC – Advanced Base Camp) à 4600 m.
On remonte la vallée en direction d’un col. Le cheminement emprunte d’abord une moraine avant de prendre pied ensuite sur un petit glacier. Installation du CBA au pied de la cascade de glace située sur la gauche.

Camp 1 vers 5500 m: installé sur le plateau supérieur du glacier Parktik (ou Ganri). L’accès au plateau supérieur est défendu par un mur de glace de 200 mètres. Du camp 1, l’itinéraire jusqu’au sommet est visible.
Camp 2 vers 6100m : l’itinéraire traverse d’abord le plateau à l’horizontale, en direction du col qui donne accès au versant sud de la montagne. C’est le chemin qu’avait emprunté l’expédition victorieuse de 1953. La pente se redresse sur 600 mètres. L’ascension se déroule à droite d’une grande cascade de glace dans des pentes de neige et de rochers. Le franchissement d’une tour rocheuse vers 5800 est la partie la plus raide et difficile de la montée vers le camp 2, aménagé sur un replat.
Camp 3 vers 6400m : par des pentes de neige et de glace, on accède à un deuxième replat, où sera installé le camp 3.
L’ascension finale sera tentée à partir du camp 3, par des pentes de neige versant sud-ouest, avant de rejoindre vers 7000 m l’arête ouest proprement dite, raide et effilée.

Les membres de l’expédition

L’équipe de 9 grimpeurs belges et complétée par un Sirdar et deux sherpas d’altitude devra dans un premier temps équiper les camps d’altitude et placer des cordes fixes dans les passages raides, ce qui lui permettra en même temps, par des allers et retours de portage entre les camps successifs à installer, de s’acclimater pour l’attaque du sommet.
Sonam Dawa, notre coordinateur ladakhi, prend en charge l’organisation du trekking d’acclimatation et l’intendance au CBA.

Yves Raymaekers team leader
Lambert Martin
Guy Carbonnelle
Colin Carbonnelle
Jean Luc Fohal
Christiane Blaise
Benoît Vanden Weghe
François Promel
Jean –Luc Thelen

NUN 2013 des membres du CAB relèvent un défi.

rocher de FREYR, DINANT