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Namibie une expérience différente

Soumis par Hanssens stephane le 10 August 2014

Pour partir en Namibie, nous étions cinq, trois Belges et deux Suisses, un mélange de grimpeurs de tous niveaux et pour pimenter la chose, un full d’hommes par les dames. Un fameux changement par rapport à nos autres aventures. La présence féminine amène une tendresse dont on n’a pas l’habitude, et ça fait du bien. Cela nous a permis de proposer des choses qu’on n’oserait pas faire entre hommes… du tourisme par exemple.
Jean-Louis a troqué son polo de photographe pour un polo de cinéaste… L’occasion était belle de prouver ses talents dans ce domaine.
Le but du voyage était de rechercher de nouveaux sites de blocs. Pour ce qui est de l’escalade, n’ayons pas peur des mots, nous sommes tombés sur du rocher moyen, voire totalement pourri. Point de vue qualité, on s’attendait à beaucoup mieux ! Mais cela n’en a rendu les choses que plus intéressantes. Cela nous a demandé une meilleure cohésion de groupe pour aborder les moments difficiles et plus d’instinct et de créativité dans la recherche des secteurs de blocs. Ce n’était pas du clé sur porte! Pas mal d’anecdotes ont étés racontées sur mon site Internet (www.stephanehanssens.be), mais en voici une inédite, spécialement pour vous!
Je préfère largement expliquer les ressentis ou les impressions plutôt que des moments précis. C’est ce que je préfère dans les voyages. La Namibie m’a laissé une sensation incroyable d’accueil et de sympathie, surtout de son peuple noir . Cela faisait trois semaines au moins qu’on était là et on avait déjà découvert plusieurs secteurs de grimpe intéressants, mais pas encore « Le » secteur, « Le » massif tant convoité. Du coup, on vadrouillait un peu de beautés en curiosités, à la recherche de blocs tout en profitant pour visiter les lieux. Imaginez d’immenses plaines arides avec des amoncellements de cailloux un peu partout. Des tas de petites montagnes, très peu de monde, voire personne. Alors quand on passait dans un village et que les enfants jouaient au foot, cela nous donnait envie, mais on continuait notre chemin, alors que nous avions un ballon avec nous dans la voiture !
A un moment, va savoir pourquoi, on décide de s’arrêter. Le soir tombait et nous n’avions aucune idée de l’endroit où nous allions dormir. On entame une partie de foot endiablée, où se mélangent les couleurs et les ethnies. Jusqu’à la nuit noire, nous nous battons pour ce pauvre ballon qui n’avait rien demandé à personne. A la fin du match, une longue discussion s’engage avec nos adversaires du jour. Ils étaient réellement surpris que des occidentaux, des blancs, s’arrêtent pour jouer avec eux. Nous étions dans un endroit touristique, et ils avaient plutôt l’habitude de voir des blancs passer sans s’arrêter. Quand on leur expliqua qu’on ne savait pas où dormir et qu’on n’avait pas envie de payer pour cela, ils furent encore plus surpris et nous trouvèrent de plus en plus sympathiques.
Dans les pays en voie de développement, il est difficile de faire la part des choses entre le véritable accueil de la population et le désir d’en tirer un bénéfice. Dans notre cas, le match de foot avait généré un véritable accueil sans arrière-pensée, qui nous fit chaud au cœur ! Le camping était juste en face du terrain de foot, et le fils du patron nous a invités à planter la tente dans son jardin, tout en profitant des sanitaires du camping… gratuitement. Le lendemain, nos nouveaux compagnons nous emmenèrent durant toute la journée voir les éléphants. La journée s’est terminée dans la piscine d’un des lodges du coin après un repas offert. Il est vrai que la veille, la soirée s’était terminée dans les bars du coin où nous les avions arrosés en breuvages sulfureux et autres, mais leur gentillesse était sincère.
La seule chose qu’ils demandaient en échange, c’était qu’on raconte chez nous, en Europe, que la Namibie est un pays accueillant. D’autre part, les seules personnes qui nous causèrent du souci furent des blancs. Nous sentions chez eux la peur, mais aussi la rancune par rapport au passé.
La Namibie fut une très agréable surprise, tant pour ses habitants que pour ses paysages ; elle mériterait vraiment que l’on s’y attarde plus longtemps, pour l’escalade et la découverte de ses habitants.
Stéphane Hanssens

« Le bien vivre ensemble peut générer le bien faire ensemble » Claude Onesta

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