
Oisans
– GR 54 (du 16/07 au 29/07/05)

Grand bleu ce matin, mais bien que nous soyons
à 2000 m, il ne fait pas froid du tout. Petit-déjeuner,
pliage des tentes et nous reprenons notre route à 7 h.
Le chemin de descente vers Clavans-le-bas est abrupt et difficile :
gros gravier qui roule sous les pas. Il fait étouffant. Au sortir du village on passe le torrent à 1300 m et l’on remonte
vers Besse par un chemin boisé.
Quelques-uns plus timides ou plus prudents
les rejoindront le long du parcours (Claire – la petite- et Philippe IIème,
Annick), vu qu’il s’agit d’une boucle. En
route ce 17 juillet au départ de Bourg-d’Oisans avec des sacs bien chargés
pour une rando en autonomie.
Le temps est splendide, et dès le départ la
montée est forte, la boucle comporte 13 cols entre 2000 et 2761m. Le dénivelé total est de 12.000 m soit en moyenne
1.000 m en montée et autant en descente par jour. C’est donc « assez physique ». Cela explique sans doute le peu de randonneurs
rencontrés sur ce tour.
1er
jour – Col de Sarenne
Il est 9 h quand Claire, Marthe, Jean-Pierre
et Philippe entament le périple. Dès
la sortie de Bourg d’Oisans, la première montée est forte. Les sacs sont un peu lourds puisque nous emportons
pour 5 jours de vivres. Peu après,
le parcours continue dans le sous-bois. De
nouveau une belle montée vers le col de Sarenne. Il y a de l’eau en plusieurs endroits et des
fontaines dans chaque petit hameau traversé.
Nous avons fait 1300 m de dénivelé positif. Les tentes sont montées près d'une bergerie et d’un refuge en construction,
face à la Meisje. Le souper consiste
en pâtes agrémentées de fromage de chèvre fondu.
Joli village ancien où nous achetons un délicieux
pain cuit sur bois, ainsi que quelques fruits.
Peu après le village, une forte averse orageuse nous oblige à nous
abriter. Ce sera d'ailleurs la seule pluie du parcours. En route pour le col de Nazié, vers 1900 m.
Nous continuons ensuite à monter vers le chalet Josserant (2244 m),
puis vers le col du Souchet (2363 m) où nous arrivons vers 16 h 30.
Installation des tentes dans une excellente prairie face à la Meisje
et au Râteau. Durant la nuit, un solide orage nous secoue
un peu.
Lever avec le soleil, ce n’est pas dérangeant
tant notre envie de découverte est forte. Il est 7 h quand nous entamons la descente via les alpages vers
Le Chazelet. La descente continue
vers La Grave qui est un village type « touristes – shorts - souvenirs » que nous fuyons bien vite,
après quelques achats. La remontée
se fait par un bois de bouleaux et sapins vers le lieu dit Le Vernois. Ensuite une descente pour rejoindre la Romanche
et remontée vers Villars d’Arêne à +/- 2000 m, d’où nous continuons la montée
vers le col d’Arsine. Vu l’absence
d’eau au col, nous poursuivons vers les chalets d’Arsine pour y camper le
long du torrent homonyme.
4ème
jour – col ou lac de l’Eychauda
Après le petit-déjeuner rituel (muesli – café
ou thé), nous entamons la descente bien raide vers Le Casset. Le chemin toujours bien tracé nous mène ensuite
au Monêtier-les-Bains (1490 m). Ensuite,
remontée assez raide dans une splendide forêt de mélèzes vers le col de l’
Eychauda (2425 m). Marthe et Claire bivouaquent peu après le col,
dans la descente vers Vallouise. Jean-Pierre
et Philippe franchissent le col des Grangettes et vont bivouaquer au Lac de
l'Eychauda à 2514 m.
Nous nous retrouverons le lendemain à 9 h sur le chemin qui descend
à Vallouise.

5ème
jour – Cabane de Jas-Lacroix
Descente vers Vallouise où la petite Claire
et Philippe IIème nous rejoignent. Nous
continuons donc à six vers le col de l’Aup Martin après quelques emplettes
à Vallouise (1160 m). C’est jour de
marché et une grande animation règne dans le village. Sous un soleil brûlant, nous prenons la direction d’Entre-les-Aigues,
malheureusement sur le tarmac.

Un petit coup d'auto-stop sauve certaines et l’on peut reprendre
le sentier vers la cabane de Jas-Lacroix (1946 m). Le sentier passe à proximité de jolies cascades. Nous nous installons près de la cabane du berger.
La bâtisse a été récemment rénovée et comprend un abri pour les randonneurs. Claire et Philippe IIème décident d'y loger.
6ème
jour - Pré de la Chaumette
Brin de causette avec le berger qui distribue
du sel à ses 800 bêtes. Quelques photos ;
une chèvre avec ses deux jeunes agneaux est irrésistible.
Le chien du berger (un bâtard de taille plutôt modeste qui ne paye
pas de mine) fait preuve d’une efficacité incroyable dans la manœuvre le troupeau. Jean-Pierre et Philippe aident le berger à remettre un abreuvoir
en état avec les moyens du bord. L’étape
du jour est considérée comme la plus dure du GR. La montée au col est, comme annoncé, un peu
dure sur du schiste délité et le chemin assez étroit par endroits mais le
site est splendide et il fait toujours beau...
Il nous faut 3 heures pour faire les 800m de montée et atteindre le
col à 2760 m. Ensuite, toujours sur
le schiste, traversée vers le Pas de la Cavale en ½ h, puis encore 1000 m
de descente sur un chemin raide et caillouteux vers le refuge du Pré de la
Chaumette (CAF). Le bivouac est installé
après les 300 m réglementaires. Lessive,
douche (chaude), souper excellent au refuge (ce n’est pas tous les jours que
le patron vient à la table annoncer le menu et vanter son fromage de chèvre
affiné dans la cave du refuge !).
7ème
jour – Xavier Blanc
Trois cols successifs en direction des Bans,
en contournant le majestueux massif du Sirac. Cols la Valette à 2668 m, Le Gouiran à 2597 m et Vallonpierre à
2607 m. Nous observons de nombreuses
marmottes. Les gardiens de refuge
nous disent que depuis 10 ans le GR 54 ne se fait pratiquement plus en totalité.
Les randonneurs font 1, 2 voire 3 étapes sans plus.... On commence
à comprendre...

Le chemin nous semble facile mais long et
nous mène vers la Chapelle-en-Valgaudemar où nous retrouvons Annick. Quelques achats et montée vers le refuge des
Souffles en plein soleil. Le refuge
(non gardé ?) est petit, haut perché, avec une grande terrasse et une
fontaine. Surprise au souper : la
petite Claire et Philippe IIième ont apporté de quoi se faire une bonne fondue
au fromage ! Nous passons une agréable
soirée à jouer au whist.
9ème
jour – Desert en Valjouffrey
Aujourd'hui, encore
un col à passer, le Col de la Vaurze à 2490 m. Ensuite, descente raide sur ce schiste qui s’émiette sous les pas ;
nous en avons l’habitude. Ce chemin
très caillouteux franchit trois torrents aux lits fortement creusés par l’érosion.
Nous avons réservé un gîte au Désert en Valjouffrey dont le patron
est accueillant. Une douche, un bon souper et une nuit dans
un vrai lit, ce n’est pas du luxe !
10ème
jour- Cantine des Carrières
En route pour le col de Côte Belle. Le chemin est régulier dans un vallon étonnamment
verdoyant et riche en fleurs (notamment de grandes gentianes jaunes).
Juste après le col, le chemin passe sous un chaos de lames de schiste
qui ressemble à d’énormes tubulures d’orgues. Nous arrivons ensuite à une bifurcation : Philippe et Jean-Pierre
vont visiter le petit village de Valsenestre (splendide, mais un peu trop
propre et trop net pour faire vrai), les
autres montent doucement vers l’ancienne Cantine des Carrières, à l’entrée
du vallon dominé par le col de la Muzelle. Philippe apprend (à ses dépends) que le bivouac est interdit entre
9 et 19 heures dans le parc mais le règlement du parc est assez flou sur bien
des points. Seul le bivouac (donc sans tente ?) réglementé est autorisé. En fait, les petites tentes sont tolérées mais seulement entre 19 et 9 heures (l’amende est cas d’infraction est
de 68 Euros). De plus, on ne peut
théoriquement bivouaquer à moins d’une heure de marche des limites du parc.
Mais le règlement ne précise pas à quelle vitesse marchent les gardes
...
11ème
jour - Lac Lauvitel
Nous commençons la journée en grimpant de
1634 à 2650 m. Les derniers 200 m
sont très redressés sur du schiste très délité.
Nous montons plein nord, donc à l'abri du soleil, ce qui nous convient
bien. Le col est une sorte de fenêtre
bien nette dans une arête. Le vent
violent et froid rend malheureusement l’endroit
inconfortable et après quelques photos, nous entamons la descente facile vers
le lac et le refuge de la Muzelle (2115 m). Petit arrêt pour se restaurer puis nous continuons
notre trajet en montant par quelques blocs (500m de dénivelé quand même) au
col du Vallon (2541 m). Finalement,
faute d’un endroit convenable pour camper, nous allongeons l'étape et descendons
jusqu'au lac Lauvitel. L'envie de
se baigner fait oublier l'important dénivelé de la journée (environ 1600 m
pos. - 1500 m. nég).
12ème
jour – Bourg d'Oisans
Bien reposés, nous entamons la descente vers
Bourg d'Oisans, il n'y a plus que 831 m à faire... avec en prime d’attrait
d’une bière bien fraîche.
En conclusion : C’est beau et même très beau,
mais c’est dur !!!
Outre le circuit de base, un grand nombre
de variantes balisées sont possibles. Le
balisage du GR 54 est assez léger mais suffisant par temps clair.
Claire et Philippe
