
Mais je voudrais aussi que l'histoire retienne ce fameux "mur extérieur
de l'Adeps à Woluwé", où Isabelle dit qu'elle a
usé ses doigts, car je pense que, malgré toutes ses imperfections,
il est la première structure artificielle d'escalade d'une certaine
hauteur en Belgique .
Voici un bref historique de ce que nous avons appelé alors :"l'Almalaya".
L'UCL ayant inauguré en 1977 un centre sportif à Blocry, avec
la collaboration de la Communauté Française, souhaitait recommencer
la même opération sur son site de Woluwé.
Une convention est signée le 11 octobre 1978 entre l'Etat, la Commission
Française de la Culture et l'UCL pour la réalisation d'équipements
sportifs à Louvain-en-Woluwe.
Or un décret impose que tout bâtiment subsidié comporte
une œuvre d'art pour un coût équivalent à 2% de l'investissement.
L'élément moteur de ce projet est Jean-Claude de Coninck, avec
lequel j'ai grimpé à Freyr dès le milieu des années
cinquante, et qui fut par la suite officier para-commando et, entre autres,
instructeur rocher à Marche-les-Dames. C'est lui qui aura l'idée
de transformer cette obligation d'œuvre d'art en mur d'escalade. Ce projet
est inclus par un avenant à la convention initiale avant la cession
du terrain le 8 juillet 1980.
Entre-temps, Jean-Claude m'avait convaincu qu'il avait trouvé l'homme
qu'il fallait pour réaliser ce que la convention appelait "une
tour à grimper". C'était un septuagénaire anglais
du nom de Robinson qui, tout en nous expliquant son projet, se suspendait
sur un doigt aux armoires du bureau de Jean-Claude. Il dessina et réalisa
lui-même toute les prises qui sont insérées dans les parois
de brique et de béton de la tour de 12 mètres de haut.
Le 17 février 1982, le journal "la Libre Belgique" publiait
une photo du mur à grimper avec un court article. "Le Soir"
faisait de même le 18 février et, avec une note d'humour, il
concluait : "L'Everest du débutant, ou le mini-Freyr du grimpomane,
couronne le centre sportif de l'extension bruxelloise de l'UCL".
Jean-Marie Lechat
