
To Beez or not to Beez ?
C'est
la question qu'il ne fallait pas se poser. Fallait y être !
Dimanche 10 octobre, 9h30. Autoroute E411, le thermomètre de la voiture
affiche 7°. Brr... Mais le soleil brille, ce qui explique sans doute le succès
étincelant de cette co-production du CAB Brabant et du CRAJ : le parcours
montagne de Beez (Namur). Ce sont simplement quelques tout petits kilomètres
entre Beez et Marche-les-Dames mais beaucoup de dénivelée. Bref, un terrain
propice à l'entraînement pour un sommet mythique.

Le Capitaine, le maître d’œuvre de la journée, a enregistré
19 pré-inscriptions. Il compte, il recompte ses ouailles ... pas de doute,
ils sont bien 35 à s'être laissés tenter par l'expérience ou (s'ils connaissent)
à en redemander, en anticipant le plaisir de la journée.
Le groupe est divisé en mini-équipes de
5-6 personnes, sous la tutelle d'un guide Beeznévole* bien sûr. Les CRAJiens partent les premiers, emmenés
par Nicolas Fostier. Jérémie se charge d'un groupe hybride, tandis que Babeth,
Lambert et Guy guident les membres du club alpin.
Chaudement vêtus (cf. §1), les grindonneurs tombent la veste dès les premières
minutes et passeront la journée en t-shirt, un régal à la mi-octobre. Pareil
parcours, ça chauffe, je vous assure.
Sus au fléchage jaune et très vite les écarts se creusent.
Sans être techniquement difficile, le parcours
est exigeant. De véritables montagnes russes. Les pentes terreuses succèdent
aux ascensions de rocher en 3/3+. Une cheminée par-ci, un tunnel en ramping
par-là, une corde tendue ici - comme un coup de pouce - , un mur étroit au
milieu de nulle part pour justifier son équilibre, une pierre qui roule sans
qu'on crie « caillou », des branches d'arbre pour faire office de
frein dans les descentes, des racines sournoises sur l'étroit sentier, prêtes
à vous faire trébucher, ... le parcours montagne est un grand terrain de jeux.

Et l'on continue de monter, de descendre,
de monter, de descendre. Chaque rocher se laisse caresser, puis empoigner.
Il offre ses marches subtiles sans qu'il soit nécessaire de s'assurer. Finalement,
Beez, c'est une question de confiance en soi mais aussi de souffle.
Ouf, nous voilà au point pique-nique à Marche-les-Dames, à mi-parcours. Les autres groupes sont déjà sur le chemin du retour tandis qu'il nous** reste encore à goûter à la « surprise du Capitaine », le pont de singe des commandos. Une sangle, un mousqueton et le tour est joué. Il n'y a plus qu'à se déplacer latéralement sur ce double filin d'acier suspendu à 40 mètres du sol.
Un petit coup d’œil vers le bas et je décide
que je préfère regarder - droit devant - la ligne d'horizon et la Meuse. Qu'est-ce
que je disais déjà ? ... Beez, c'est juste une question de confiance en soi.
Me voilà donc de l'autre côté. Non, il ne faut pas franchir le pont en sens
inverse – mes épaules préfèrent. Il suffit de suivre le massif et nous revoilà
au point de pique-nique. Il est passé 15 heures et plus que temps d'envisager
le retour à un rythme plus soutenu.
Nous sommes aidés en cela par le balisage
bleu, plus facile que le jaune, disent-ils.
Sans doute, y a-t-il un peu moins de rochers à escalader, mais qui
a dit que les pentes bien raides, noyées sous les feuilles ou légèrement glissantes
(et encore on ne se plaindra pas), c'est moins fatiguant. Pas moi !
Nous rejoignons, bons derniers, le parking, où Guy, en organisateur soucieux de tous, nous attend. Le groupe des CRAJiens a déjà repris le chemin de Bruxelles, nous annonce-t-il. On ne fait pas attendre les parents.
Dominique Joly
* étymologiquement, ce doit être quelqu'un dont on sait qu'à Beez il ne
vole ... ça rassure
** le groupe de Jérémie