
































GLACE ÉPHÉMÈRE
Le doute s’est installé, 10 jours avant le départ, pour la 4ème édition du stage de cascade de glace au refuge Willy Jervis. Catastrophe, un gros redoux a fait fondre la plupart des cascades, même la célèbre cascade du Pis est impraticable !!
Que faire ! Je pense même l’annuler, mais finalement en accord
avec Jean, il est décidé de ne rien dire et d’attendre
encore quelques jours….et 4 jours avant le départ, Robi appelle
d’Italie, la glace est de retour. In extremis, le stage est maintenu.
C’est ainsi que 23 participants de tous poils, du débutant au
haut niveau se retrouvent le samedi en fin de journée au parking de
Villanova pour monter dans la pénombre vers le refuge Willy Jervis,
où l’accueil est toujours aussi chaleureux. Ce soir-là,
exceptionnellement, il y a un anniversaire et 70 personnes font la fiesta,
ce qui ne semble pas déplaire à certains qui se mêlent
à la fête jusque tôt le matin.
Le véritable challenge est pour nos organisateurs, cinq guides de la vallée du Piémont, spécialistes de la cascade de glace, coordonnés par Jean, l’homme orchestre, qui se creuse les méninges : Comment composer les équipes en fonction du niveau de chacun d’autant que celui-ci évolue parfois rapidement au cours du stage ? Comment tenir compte de la forme et des souhaits de chacun ? Et surtout comment utiliser au mieux les cascades de glace qui ne sont pas au top cette année? Tous les soirs, nos guides se réunissent pour résoudre la quadrature du cercle. Petit à petit chacun trouve ses marques et sa place au sein d’une équipe.
Le temps frôle la tempête et nous rappelle que nous sommes en
haute montagne et que les cascades peuvent être très humides
et très froides. Heureusement, au retour d’une journée
bien remplie, la chaleur du refuge, les apéros, buffets et repas gastronomiques
remontent rapidement le moral.
Les soirées sont animées au gré des guitaristes, joueur
de flûte et percussionnistes, tandis que d’autres se défient
au « kicker italien », se réfugient derrière leurs
ordinateurs portables ou dans la relative quiétude de leur chambre.
Au milieu du séjour, nous aurons droit à une soirée spéciale
« Pakistan Project », le refuge étant équipé
d’un super matériel de projection.
Pour le dernier soir, Robi nous réserve une surprise de taille : apéro
servi à la cascade du Pis avec escalade nocturne de 80m sous le feu
de projecteurs alimentés par un groupe électrogène. Pendant
que quelques courageux animent la cascade de leurs gestes et de leurs cris,
le vin chaud coule à flot autour d’un feu apprécié
par tous mais particulièrement par ceux qui redescendent trempés
et glacés de la tête aux pieds.
Le retour au refuge pour un souper bien mérité s‘effectue
dans le noir, comme on peut, à pied, en crampons, en camion, en moto
neige et pour les plus forts à skis tirés par moto neige sur
chemin hyper verglacé !!
Lambert
"QUELQU'UN M'A DIT"
non point que tu m'aimais encore – ça c'est la chanson qui le
dit -, mais quelqu'un m'a dit que même les guides étaient très
heureux de notre séjour ! Et voilà, car au-delà de ce
qui pouvait nous différencier, petits grimpeurs du dimanche ou pros
de la montagne, il y avait cette envie de faire bien ou de bien faire. Pas
de longs discours, mais de la gentillesse, de la disponibilité, de
l'écoute, de l'attention...
Et qui sait, verra-t-on la prochaine fois notre ami le cuistot pendu au plafond
du refuge à l'aide de son piolet, mousquetonnant du pied gauche par-dessus
l'oreille droite, pendant que nous récurons les gamelles ? Pourtant
quelqu'un m'a dit ce qui s'embrase derrière un regard amusé
ou simplement incrédule, mais je ne le sais plus, sans doute rêvais-je
à cet instant d'une blanche cascade..."
François
ENTRE LES GLAÇONS VOLANTS,
les piolets volants ou les jurons volants, pas facile de se lancer sur les
cascades de glace. Il y a celles qui glissent, celles qui pissent, celles
qui de chandelles en stalactites s'effritent.
Dans le val Pellice, tous les styles ont pu être expérimentés
: sans les piolets, sans les crampons, avec les mains dans le dos, en tête
ou en moule.
Côté technique, la progression en triangle et en carré,
la rétroversion, les lunules ou les broches nous sont devenus des mots
familiers. Mais on a appris aussi que la cascade, c'est pas pour les .......
Avec une broche tous les 10m, une seule consigne, ne pas tomber.
Christian
UNE CHANDELLE DE GLACE
En 2006, j’ai fêté mon anniversaire dans un portaledge
suspendu 700m au dessus du glacier, sur la tour centrale de Torres Del Paine,
Patagonia, Chili. Mon anniversaire 2007 s’est passé dans une
grande tente au camp de base du Fitz Roy. Et 2008?
Une belle approche sorbet sur skis, suivie par un gâteau de glace, mixte,
couloir de neige et sommet en France. Mais la cerise c’était
la bonne chandelle de glace bien bleue, solide et lisse comme un miroir qui
m’a été offerte en tête… 30 m de glace en
acier vertical où les vibrations de chaque piolet planté provoquent
des petites voluptés.
La journée s’est terminée au Rifugio Jervis, avec la bonne
nourriture Italienne, un bon feu de bois et du Génépi qui coulait
comme de l’eau de source.
Si le rocher est notre terrain de prédilection, la glace, la neige
et le mixte ne le sont pas… A plusieurs reprises pendant nos expés,
l’eau solide nous a offert des petites frayeurs et des moments difficiles.
Nos nombreuses heures passées à Freyr et nos apprentissages
sur d’autres écoles et universités de rocher dans le monde
ne nous ont jamais donné cette expérience.
Afin de mieux nous préparer pour nos prochaines expés, le Club
Alpin Belge a proposé à l’équipe CAB-RCT un stage
spécifique glace, neige, mixte, et la section du Brabant nous a proposé
de venir nous joindre au Stage Cascade de glace.
Une bonne occasion d’effacer nos faiblesses pour nos prochaines aventures
face à la banquise. Pour certaines choses il vaut mieux passer par
les bancs de l’école avant de se retrouver en plein examen à
l’université.
Les leçons ont vite commencé par quelques exercices pédagogiques
pour appréhender les problèmes du planter de piolets, du placement
de pieds et pour passer à une gestuelle plus évoluée.
On retiendra surtout la rétroversion du bassin!
Ensuite les prochains jours se résument à acquérir de
l’expérience, donc grimper beaucoup : des longueurs, des séries,
des relais, de la glace bien dure et bleue, de la glace fondante, de la glace
pourrie, du mixte, du dry tooling, des couloirs de neige,… le tout sous
l’oeil vigilant de notre guide Roby, dont on a beaucoup apprécié
l’expérience et le bon esprit.
Les abalakov, relais dans la neige, et le sauvetage en crevasse ne sont plus
de la théorie pêchée dans un livre mais bien des choses
expérimentées. Un piolet ou un crampon bien ancré dans
la glace et bien crocheté derrière un bout de rocher sont des
situations vécues et testées. Cette expérience nous donnera
plus de confiance et nous permettra lors de nos prochaines aventures de mieux
avancer sur le terrain blanc. Ne pas oublier : il vaut mieux ne pas garder
sa tête en dessous d’un stalactite quand on le teste au coup de
piolet.
Sean
Un grand merci à nos guides : Jean, Roby, Davide, Marco, Juan Carlos
et Sylvano ainsi qu’à Paola pour avoir soigné nos plaies
et nos bosses, et bien sûr à Mattéo et à toute
l’équipe du refuge.
Ont participé au stage : Catherine Souchon, Véronique Gaspard,
Delphine D’Hoop, Menik Vynckier, Claude Obertin, François Promel,
Arnaud Thille, Stéphane Focant, Yoann Hubert, Christian Fontaine, Benoît
Calvi, Thomas Van Boeckel, Brieuc Noël de Burlin, Paul Metcalfe, Sylvestre
Pouillard, Guillaume Rans, Tilio Rivoldini, Sean Villanueva, Nicolas Favresse,
Olivier Favresse, Stéphane Hanssens, Edouard Deramee, Lambert Martin.