
J'ai été surpris à la lecture du récit "Dent Blanche 12/15 octobre 2006" paru aux pages 33-36 de la revue "Par Monts et par Vaux" de septembre 2007 (et par ailleurs disponible sur votre site : http://www.cabbrabant.com/recit%20dent%20blanche%2006.htm).
Ce qui m'interpelle, c'est que cette "aventure" soit présentée comme normale, sans un mot du cadre CAB qui en indiquerait les leçons à tirer, alors que, avec un peu moins de chance, c'est à la morgue que tout se serait terminé. En d'autres mots, j'y vois une banalisation vraiment dangereuse de ce genre d'ascension.
Dans le cas précis de la voie normale de la Dent Blanche, et tout
en laissant à chacun la liberté d'assumer ses propres choix,
je pense qu'il est utile de s'encorder dès la sortie du refuge. Faut-il
pour cela avoir vu (comme moi) le trou sanguinolent laissé par un alpiniste
(décédé, explosé) ayant glissé au niveau
de la première bosse neigeuse ?
De la même manière, se trouver à trois sur la même
corde sur cette arête n'est pas à conseiller - et que penser
de celui qui (comme expliqué) assure en même temps devant et
derrière? L'horaire, enfin: faire demi-tour aussi tard que 15h (à
la mi-octobre!) n'est vraiment pas raisonnable. Et je ne parle même
pas du temps très incertain et d'un rappel de fortune sur un becquet
foireux...
La conclusion alors? A chacun d'entre nous de la tirer. Peut-être : parfois prendre un guide, du moins pour ceux qui en ont les moyens - ou à tout le moins, discuter avec les gens de la vallée pour avoir un "ressenti" plus précis que celui que le topo ne peut donner. Et sûrement, en toutes circonstances, rester humble devant la montagne.
Sportivement vôtre,
Roland FABRI, un membre du CAB qui passe ses vacances dans le val d'Hérens
chaque année depuis plus de vingt ans.
Cher ami,
Je trouve cette réaction fort sympathique, et tout à fait «
appropriée », à l’exception de la demande de réaction
« officielle » du CAB. En effet, à moins de relater l’aventure
dans les moindres détails, et de tenter de chercher les fautes commises
par chacun, je ne vois pas ce que le CAB pourrait dire d’officiel.
Chaque ascension comporte des dangers. Et hypocrite serait celui qui prétend
toujours grimper en respectant les manuels. En montagne peut-être plus
encore qu’en escalade, par le fait de vouloir aller vite, on «
adapte » les consignes de sécurité au terrain rencontré.
Là où certains passent en libre, d’autres passent à
corde tendue, et d’autres encore font des relais…
J’ai longuement hésité à raconter cette histoire.
Mais je dois dire que je suis parfois énervé en lisant soit
des récits d’ascensions où tout est « magnifique
», soit des récits où il y des morts, et où c’est
toujours la faute à « pas de chance ». Le récit
n’avait pour but que de relater, sans pointer du doigt aucune responsabilité,
une ascension au départ facile, qui aurait pu tourner à la catastrophe
du fait d’une série d’erreurs.
En fonction de sa propre connaissance du milieu de la montagne, chacun détectera
certaines erreurs et imaginera « ses propres solutions ». Tant
mieux si cela peut permettre à certains de rechercher plus de sécurité.
Ceux qui se trouvaient sur place ont déjà tiré leurs
propres conclusions.
Christian Fontaine

L’article de Christian Fontaine relatant
sa mésaventure à la Dent Blanche, publié dans l’avant-dernière
revue, a suscité la réaction d’un membre de la section
qui nous fait part de ses remarques et de ses inquiétudes. Sans vouloir
entamer une polémique, il me semblait intéressant de publier
son analyse et en guise de conclusion le commentaire de Christian.
Lambert