WADI RUM - Cliquez ici pour la liste des Principales Voies d'Escalade
Les massifs rocheux du Wadi Rum, s'étalent du nord au sud et de l'est à l'ouest du village de Rum. Ces massifs semblent surgir verticalement de la mer de sable rouge et sont traversés par des canyons tortueux ou "siq".
Nous avons quitté dès l'arrivée le village pour prendre nos quartiers au campement de nos guides bédouins Ataeq Aouda et son neveu M'Hammed, situé près d'un petit massif rocheux faisant face au Jebel Khazali (littéralement la montagne des gazelles). Chacun y monte sa tente, ou s'installe à l'intérieur de la tente bédouine pour les plus paresseux. les déjeuners, les repas du soir se prendront dans cette tente, ou autour du feu, instants de convivialité ou s'élaborent les programmes de grimpe, de randonnée, ou les récits de la journée.
Chaque jour les jeep nous amènent
au pied des massifs situés au sud et à l'Est du campement: Jebel Burdah, et
son arche rocheuse, Jebel Khazali, wadi Khushkhasha, Jebel Barrah et son canyon,
Wadi al Maghrar et son "climber's restaurant". Les journées finissent
immanquablement autour du feu après l'émerveillement des couleurs du "sunset":
thé bédouin, repas préparé à l'étouffée sur les braises, les blagues et les
chansons de notre cuisinier Salem, et pour les moins fatigués, papotage ou
lecture jusque tard dans la nuit. Vous avez dit tard? A 5h du soir il fait
déjà nuit noire, à 7h on mange, et à 8h certains sont déjà dans leur sac de
couchage! A 10h, on se croirait déjà minuit passé. Les paillasses s'installent
autour du feu pour ceux qui veulent admirer le ciel pendant les nuits sans
nuages, ou compter les étoiles filantes.
La réputation du Wadi Rum
n'est plus à faire auprès des grimpeurs et randonneurs, témoins les articles
récents des membres dans A&A et les bulletins ou sites internet des
sections. Pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus, les soirées diapos
conviviales de la section du Brabant
aux écuries de la Maison Haute de Boitsfort nous font découvrir des paysages
du désert aux beautés magiques et un intérêt pour un type de rocher, d'escalade
ou de randonnée inconnus chez nous : des voies sur coinçeurs et friends,
avec peu ou pas du tout d'équipement en place, un rocher friable, des itinéraires
parfois complexes, tant à la montée qu'à la descente.
Il n'en faut pas plus pour rassembler autour de l'enthousiasme contagieux
de Monique Borlée-Lombal un groupe de 18 grimpeurs-randonneurs, parfaitement
équilibré 9/9. Découverte pour certains, redécouverte pour d'autres, le
voyage permettra de répondre aux attentes sportives et culturelles d'un
groupe à géométrie variable, véritable stoemp d'envies diverses. Il y a
ceux
dont les jours de congé sont comptés, et qui rentreront plus tôt, ceux qui
ne veulent que randonner, ceux qui ne veulent que grimper, ceux qui veulent
à la fois randonner et grimper, ceux qui veulent rajouter à leur programme
déjà compliqué une ou plusieurs onces de découverte archéologique et touristique.
Toutes ces envies différentes finiront par s'harmoniser.

Après avoir écumé les massifs
du sud, le groupe quitte le désert et s'installe au camping du "resthouse",
au centre du village de Rum. L'ambiance change, c'est le repas au resto, matin
et soir, et le verre à la terrasse avec vue sur les massifs à proximité :
le Jebel Rum à l'Ouest et le
Jebel um Ishrin à l'Est.
La grimpe au Wadi Rum est éprouvante, voire dangereuse pour ceux qui, de manière présomptueuse, voudraient s'engager dans des voies en se fiant aux indications des topos, ou sur certains commentaires que l'on peu trouver sur internet. Elle requiert un apprentissage du rocher. Elle ne peut se comparer simplement aux voies super équipées que l'on retrouve sur nos rochers.
L’escalade se fait sur coinçeurs, friends, cordelette sur lunule presque exclusivement (voir liste du matos conseillé par W. Colonna). On grimpe donc beaucoup plus chargé que dans une voie équipée : avec sac, lequel devrait idéalement, outre le pic-nic et l'eau pour la journée, comporter du matos élémentaire pour se tirer d'affaire en cas de problème (polaire, couverture de survie, maillons rapides, cordelette 7mm pour renforcer des relais ou des points de rappel, voire une corde de rab si on part à une seule cordée, frontale, etc...).
Le fait de devoir placer soi-même
ses protections oblige à trouver à chaque fois des points de repos pour pouvoir
fouiller dans le porte-matériel le coinçeur, l'hexcentrique, ou le friends
idéal. Certains passages sont impossibles à protéger. Les crux ne sont pas
toujours protégés,
comme chez nous, juste à l'endroit où le risque est minime en cas de chute.
Le coinçeur est souvent déjà quelques
mètres plus bas!
Le rocher est de qualité variable,
mais le plus souvent assez mauvaise. La base du massif du Jebel Rum est constituée
d'une strate de granit, mais qui affleure à peine. Le reste est constitué
de grès. De manière générale, plus il est foncé, plus il est solide. Des plaques
dures noirâtres sont
cependant parfois accrochées à une couche rouge ou jaune plus meuble sous-jacente.
Et si l'ont s'accroche trop franchement à ces plaques, elles se détachent
de leur support. Parfois aussi le grès est incrusté de galets de tailles diverses.
Porter son poids sur ces petits bourrelets désagrège
parfois le sable aggloméré qui l'entoure.

Le "scrambling" ou randonnée vertigineuse
dans des sortes de canyons secs est soit pratiquée pour elle-même : ce sont
les "voies bédouines" qui parcourent l'intérieur des massifs (par
les "siq") et conduisent à leur sommet, ou bien constituent les
voies de descente obligées de certaines voies d'escalade. Le « Must »
dans le genre c’est le sommet du Jebel
Rum (1754 m) par la voie « Nabatéenne » et la descente par la « Hammad’route ».
Les voies de descente peuvent-être aussi longue et
paumatoires que la voie de montée, et il vaut mieux prévoir un horaire de
course qui tient compte de ce facteur.
Comme une course en montagne, une voie au Wadi Rum
se prépare à l’avance. Il vaut mieux étudier à fond le topo de Tony Howard,
ainsi que les différentes sources internet qui sont nombreuses, repérer les
massifs où l’on désire aller, tenir compte du trajet d’aller et de retour
en jeep, et surtout de la nuit qui tombe très tôt, surveiller surtout la descente,
et vérifier s’il est possible de taper les rappels dans la voie ou s’il faut
obligatoirement redescendre par un autre itinéraire. Les horaires des voies
du topo sont donnés pour des cordées réversibles et expérimentées.
Si l’on dispose de peu de temps, il vaut mieux se concentrer
sur les voies qui se trouvent à proximité du Rest House (Jebel Rum et Jebel
Um Ishrin). Ce sont aussi, à mon avis, les massifs où le rocher est de meilleure
qualité.
Tous ces facteurs concourent à donner à l'escalade
au Wadi Rum une saveur originale.
Un seul conseil, allez-y, vous ne serez pas déçus. En annexe un « Best
of » de voies moyennes, tenant compte des critères mentionnés ici.
PETRA ou le "Rêve de Pierre", la Mer Morte.
Pas de visite de la Jordanie sans passage à Petra,
ancienne capitale des Nabatéens (VIIè s av JC - 106 ap Jc). Tous nous avons
pu adminer les tombeaux dont le plus imposant "la Khazneh" se situe
à la sortie du Siq, les anciens habitats troglodites, le théatre, les ruines
de l'ancienne rue
commerçante, du temple du "Qasr el Bint" , les mosaiques de l'ancienne
église byzantine.
Seul bémol tragique à ce séjour, les trois attentats
simultanés réalisés par des kamikazes irakiens du mouvement Al Quaïda à Amman
dans les hôtels de luxe de la capitale: plus de 50 morts, 200 blessés. Nous
n'apprendrons que tardivement cet événement. Nous pensons à peine à notre
sécurité, car ne comprenant pas l'arabe, et les émissions radiophoniques qui
diffusent en
boucle un discours du Roi Abdallah, les attentats ont une certaine irréalité.
Nos proches en Belgique sont plus inquiets que nous. Seuls éléments tangibles,
l'inquiétude des policiers jordaniens lors des contrôles, et les commentaires
de notre chauffeur de taxi, lors du retour à
Amman par la mer Morte.
Nous espérons que l'instabilité en Irak ne compromettra
pas la tranquillité de cette région, dont le développement dépend en grande
partie des ressources du tourisme, en particulier pour les bédouins du Wadi
Rum dont nous avons pu connaître la gentillesse, l'humour et l'hospitalité.
Christian Fontaine
Le Groupe :
-
Randonneurs :
Rosette, Jacqueline, Milena, Christian L., Carlo, Christian S., Thérèse, Françoise,
et Monique ;
-
Grimpeurs :
Claus, Anne, Christian F., Francesca, Marc M., Serge, Sabine, Marc P. , Nicolas
Références :
Le Grand Guide de la Jordanie, coll Bibliothèque du voyageur, Ed Gallimard
2001.
TonyHoward,Treks and climbs in Wadi Rum Jordan, Ed
Cicerone press Milnthorpe, GB 3è ed. 1997
P. Ciparisse, Ardennes et Alpes, N° 143, I/2005, pp
5-10
Arnaud petit : Parois de légende, les plus belles
escalades autour du monde, Coll Montagne-Randonnée, Ed Glénat Paris octobre
2005
Sites Internet :
http://www.cabbrabant.com/expes%20jordanie.htm
http://www.cabbrabant.com/topos%20jordanie.htm
Des pages sur la jordanie
et le Wadi Rum :
http://escalade.camptocamp.com
http://bedouinroads.com/climbing/climbing.htm
http://www.jordanjubilee.com/visitjor/rum1.htm#top
http://www.jordanjubilee.com/visitjor/rum4.htm#Trekking%20and%20hiking
http://www.jordanjubilee.com/outdoors/climbing.htm
Un récit :
http://www.belclimb.net/articles.php?mode=print&artID=309&getLang=FR
http://www.belclimb.net/articles.php?mode=print&artID=325&getLang=FR
Les conseils
du guide Wilfried Colonna
http://207.142.134.121/*desertguides.com/httpdocs/francais/grimpe/combines.htm
http://207.142.134.121/*desertguides.com/httpdocs/francais/grimpe/equipmt_base.htm
http://207.142.134.121/*desertguides.com/httpdocs/francais/grimpe/climb_mat.htm
http://207.142.134.121/*desertguides.com/httpdocs/francais/grimpe/soft.htm
Quelques topos
:
http://207.142.134.121/*desertguides.com/httpdocs/francais/grimpe/scorpion.htm
http://www.remi-thivel.com/topos/jordanie/pages/01jordancantatesprimates.html
http://www.remi-thivel.com/topos/jordanie/pages/02jordanroumisoit.html
http://www.remi-thivel.com/topos/jordanie/pages/03jordansoumises.html
http://www.remi-thivel.com/topos/jordanie/pages/04jordantrafficotins.html
http://www.remi-thivel.com/topos/jordanie/pages/05jordancadamnelepion.html
http://www.remi-thivel.com/topos/jordanie/pages/06jordangarbure.html


L'érosion provoquée par la pluie,
le vent et le grésil du sable sur le roc a sculpté des dentelles de lunules,
de fissures, d'alvéoles. Ce sont là les seuls points d'ancrage possibles,
mais dont la résistance est toujours incertaine. W. Colonna raconte que, ayant
chuté sur un camalot, les cales
coincées à mi-course dans une fissure, l'expansion des cames dans le grès
a provoqué l'explosion de la masse rocheuse et la fissure s'est désagrégée
en sable. On retrouve par exemple comme commentaire sur la voie "King
Hussein" que nous avons gravie en partie Nicolas et moi, qu'il s'agit
d'une voie constituée en partie de "sable vertical". Il n’est pas
rare de devoir « nettoyer » la voie en montant de tout ce qui est
branlant.
Les protections sont parfois plus psychologiques qu'autre
chose, comme dans la sortie de la grotte du 2è relais des "Rumeurs de
la pluie", une cheminée surplombante impossible à protéger, si ce n'est
un micro-friend dans une fissure peu profonde et sableuse.
Il vaux mieux se renseigner au mieux avant de s'engager
dans une voie auprès des guides bédouins, si c'est possible, ou auprès de
grimpeurs qui se sont déjà aventurés dans la voie.


