Aventures au Népal.

D'un souhait de trekking, limité aux vacances de Pâques, exprimé par une enseignante, s'est développé une organisation complexe. Celle-ci s'est enflée comme un champignon en automne pour inclure finalement plus de 20 personnes, aux objectifs différents mais tous réalisés, grâce à un équilibre de compromis subtils. Chef d'orchestre avisé, Monique Borlée, jonglant avec les compagnies aériennes et la répartition des sherpas en arriva à construire un échaffaudage plutôt surréaliste qui comprenait 4 groupes.

1) Le premier se conformant au projet de base, les Balcons de l'Annapurna, au départ de Pokhara, avec ses vues superbes, bien qu'assez éloignées, sur la chaîne célèbre. Le parcours, qui comprend le célèbre „plat népalais" n'arrête cependant pas de descendre et monter au gré du franchissement des rivières ayant creusé des entailles profondes de leurs flots torrentueux.

2) Le deuxième groupe, plus ambitieux, continuera jusqu'à l'Annapurna Base Camp (le Sanctuaire), cirque merveilleux face à l'énorme barrière de l'Annapurna Sud, flanqué du Machhapuchre, silhouette élégante à deux cimes, et ceinturé par le Gangapurna et le Tharpu Chuli (Tent Peak). Au deuxième plan, les autres sommets de la chaîne, plus élevés mais plus éloignés, ferment le décor. Malheureusement, une partie de ses membres n'eut droit qu'à peu de temps d'émerveillement et dut immédiatement redescendre vers la vallée sous la contraintse des horaires d'avion et de la vie professionnelle. Descente longue et fatigante avec quelques difficultés de logement en cours de route.

3) Les membres du troisième groupe eurent, eux, le privilège de rester au „camp de base" pour la nuit. Ils purent donc jouir des conditions météorologiques habituelles de la région c'est-à-dire l'arrivée de nuages en début d'après-midi puis brouillard, neige et froid s'accentuant vers le soir pour une bonne et saine gelée nocturne. En prime pour certains, quelques maux de tête et l'appréhension bien légitime de l'inconnu que constitue leur première nuit au délà de 4000 m. Mais au clair de lune, le ciel désormais dégagé offrait un spectacle inoubliable de pureté et de grandeur. Le lendemain, ces bienheureux purent redescendre tranquillement sur une bonne neige bien gelée avec un soleil radieux. Retour en trois jours, au rythme des matinées ensoleillées et des ondées de l'après-midi, terminé par un parcours en bus hasardeux en plein nouvel-an (année 2058) népalais.

4) Enfin, une dernière „vague d'assaut" arrivait à Kathmandu pour prendre le relais et se dirigeait vers Pokhara pour rééditer le parcours des „Balcons" mais en sens inverse.

Marcel Brouwer


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