Le lendemain de notre retour, Little Karim nous emmène par un dédale
de ruelles assez pentues de la vieille ville vers le fort Baltit. C’est
un palais fortifié situé au sommet d’un éperon
rocheux qui fut pendant des siècles la résidence du Mir de l’endroit
(le seigneur au sens féodal). La vue sur la vallée de la Hunza
et sur les montagnes qui la dominent (le Rakaposhi notamment) est superbe.
Le musée qu’il abrite retrace l’histoire de la région
y compris la période de l’Empire des Indes.
Le soir nous sommes invités à souper chez Karim. Jean-Luc (en
tenue locale avec un chapeau orné d’une plume) fête son
anniversaire. Le repas est animé et assez arrosé (de Hunza Water
notamment). Selon la coutume locale, Karim et son frère font le service
sans vraiment participer au repas et nous ne verrons pas son épouse
ni pratiquement ses enfants.
Le jour suivant, Little Karim nous emmène faire une « petite » promenade aux Ultar Meadows, un alpage au-dessus de la ville d’où la vue sur l’Ultar Shar et sur le Ladie’s Finger, une aiguille de granite spectaculaire qui culmine à près de 6.000m, est splendide. Le sentier part tout près du Fort Baltit puis longe un canal d’irrigation (on dirait un bisse dans nos Alpes) installé dans le flanc quasi vertical de la gorge très encaissée du torrent issu du Glacier Ultar. Au delà le sentier est très escarpé jusqu’à l’alpage. L’endroit est remarquable et vaut bien les 1.000 mètres ou presque qu’il nous a fallu monter. Après un déjeuner sommaire, nous « descendons » à l’hôtel Eagle’s Nest qui est superbement situé et flambant neuf. La vue sur la vallée de la Hunza et sur le groupe du Rakaposhi est magnifique. En soirée, nous avons droit à une séance de musique locale, très rythmée et agressive, uniquement faite pour danser (une sorte de flûte au son aigre et deux percussions qui s’en donnent à cœur joie). Les danseurs (exclusivement masculins) suivent apparemment un cérémonial bien établi dont quelques subtilités nous échappent sans doute.
Le lendemain, nous redescendons dans la vallée en 4x4 et nous partons
en minibus de Karimabad vers le col de Khunjerab, le point culminant de la
KKH à 4.707m, situé à la frontière entre le Pakistan
et la Chine. En sortant de la ville, nous apercevons sur l’autre rive
de la Hunza la route par laquelle nous sommes descendus de Hispar quelques
jours plus tôt. Un tronçon d’une centaine de mètres
tracé dans une fine caillasse s’est complètement effondré
dans la rivière !
Le paysage de part et d’autre de la route est grandiose. Quelques vestiges
de la piste qui constituait une branche importante de l’ancienne route
de la soie sont visibles ci et là dans des parois vertigineuses. Le
col lui-même par contre est très ouvert. Il y a des marmottes
dans les prairies et quantité de fleurs (Edelweiss et gentianes notamment).
Au retour, nous logeons à Gulmit le long de la rivière Hunza.
Le jour suivant, nous nous divisons en deux groupes.
Le premier part avec Little Karim au lac Borith qui est certes joli mais qui
vaut surtout par la promenade pour y arriver. Elle nous fait traverser le
village de Ghulkin (où se trouve une jolie mosquée vieille de
plus de trois siècles) puis le glacier homonyme (d’où
la vue sur la face nord du massif de l’Ultar Shar et sur le Shishpare
Shar, un sommet étonnamment élancé , qui culmine à
7.611m est saisissante). Au retour, nous sommes invités à déjeuner
chez le guide de HGP qui nous a accueilli à Islamabad à notre
descente d’avion. Il n’est pas au village et c’est son épouse
qui nous reçoit. Après le repas, nous visitons son atelier de
broderie et autres travaux d’aiguilles.
L’autre groupe part avec Karim faire une promenade sur la rive gauche
de la rivière Hunza en franchissant cette dernière a deux reprise
sur d’ immenses ponts suspendus a donner le frison.
Les deux jours suivants, nous suivons la KKH vers Islamabad par Gilgit, Chilas et Besham le premier jour et finalement Islamabad le second. Plusieurs glissements de terrain dus aux fortes pluies de mousson provoquent des bouchons (dont un où nous voyons les pierres tomber sporadiquement sous la pluie). La KKH le long de l’Indus est vraiment impressionnante.
Fin d’un voyage superbe et bien rempli qui, malgré quelques incidents sérieux, devrait rester un souvenir mémorable pour les participants.
Philippe Mariamé












