Fugue volcanique sur un air de ballade italienne
Voila qui commence comme une musique, Mais ce pourrait être
aussi une recette de cuisine :
-Prenez trois beaux volcans bien chauds,
-Quelques jours de vacances bien mérités,
-Un guide du routard de la dernière édition.
(Soyez sans indulgence, un produit frais est toujours meilleur).
-N' oubliez pas quelques bons amis pour lier la sauce.
Laissez mijoter au soleil de printemps et consommez sans modération ! !
Le récit d'une escapade que nous vous proposons sur les volcans italiens ne
sera sans doute pas le voyage que vous ferez : la météo, les humeurs de Vulcain,
les règlements ( ! !) , tout peut changer d'un jour sur l' autre . Mais voici
ce que nous avons vécu et qui peut servir de base à votre aventure.
Le
départ se fait de Naples qu'il faut voir le soir quand la rue devient grouillante
et que s'emplissent les bars et les trattorias. L 'ascension du Vésuve ne pose
aucun problème (malheureusement !) car la route atteint presque le sommet. Mais
il ne faut pas bouder son plaisir, même si l' environnement fait un peu Luna
Park. Le volcan est gigantesque .Pour faire le tour du cratère, on se passerait
bien du guide qui est obligatoire, mais il est sympathique car il explique bien
l' histoire des éruptions et apporte des éléments de volcanologie. La vue embrasse
toute la baie de Naples avec au loin Pompéi qu 'il faut absolument visiter .
L' après midi suffira à peine pour découvrir palais, maisons d'artisans, lupanars
, peintures ou graffitis. Il faudrait aussi visiter le musée de Naples qui contient
les trésors qui n' ont pu rester sur place.
De
Naples prendre le bateau qui appareille le soir pour Stromboli. L' île est en
vue vers cinq heures du matin et le commandant fait un détour pour atterrir
face à la Sciara del Fuoco où se déverse la lave. Progressivement une lueur
rouge se dessine dans le ciel pour devenir l 'immense écharpe de feu qui
s 'écoule du sommet.

On
ne débarque que par beau temps, tant l' île est peu protégée. Pendant la journée
nous louons un zodiac pour Ginostra , le petit village du Sud à ne pas manquer
, ne serait-ce que pour son mini port de basalte noir qui ne peut contenir que
deux barques. De là, Nous gagnons le sommet de l' île à 800 m d' altitude dans
un désert de scories déposées par la dernière explosion de 2002. Etait-ce permis
? Nous n' avons pas cherché à savoir. En tous cas par la voie du sommet, la
traversée de l' île nous est apparue très faisable. Olive sur la pizza (en d'
autres lieux on eut dit " cerise sur le gâteau " !) , l' approche de la lave
, à la nuit tombée justifie tout le voyage.

Habituellement le Stromboli produit une éruption toutes les dix à vingt minutes
observable du sommet. L' activité actuelle est exceptionnelle et se caractérise
par une double coulée de lave qui dévale la pente jusqu ' à la mer. Le meilleur
point de vue se situe approximativement à 400m d ' altitude sur le versant ouest.
Le guide est obligatoire pour y accéder . Mais on peut se contenter en montant
seul, d'une approche de moins bonne qualité. C' est bien entendu à la nuit tombée
que le spectacle prend toute sa dimension. Le cratère incandescent illumine
les parois d'altitude. Le flot de lave coule à nos pieds dans un fracas d' éboulements
rocheux . De gros blocs s'en détachent , rebondissent, volent et explosent comme
autant de feux d' artifice .
A
son paroxysme le basalte en fusion rejoint la mer dans un nuage de vapeur qui
nous aveugle. La lumière de nos frontales nous paraît bien pâle quand à deux
heures du matin, la fatigue nous pousse à regagner l' hôtel. Les Iles Eoliennes
sont reliées entre elles par des vedettes rapides. On peut à loisir passer de
l' une à l 'autre, profiter des plages, explorer les rues étroites de la vieille
ville de Lipari, escalader un volcan de soufre à Volcano, plonger sur les épaves
de Panarea . Sans oublier le calme des terrasses où se dégustent les antipasti
arrosés de Spumante bien frais .

Le volcano Quitter ce paradis, revenir à la circulation trépidante paraît une
punition, sitôt débarqués en Sicile. L ' Etna sera notre ultime rendez vous
du diable. Tout couvert de neige il domine les collines en fleurs, couronné
par un immense panache de fumée. Notre choix de voyager au printemps nous est
apparu comme le meilleur en raison de la beauté de la nature à cette saison.
L ' activité du volcan a été très forte ces dernières années. Les routes sont
coupées. L ' observatoire où travaillait Tazief a disparu. Il n ' y a plus de
téléphérique, deux fois reconstruit deux fois démoli. sous nos pieds le refuge
Le seul accès se fait maintenant par le sud et en 4x4 jusque 2500m sur une piste
sortie du chaos de la dernières coulée. Au delà, commencent la neige et les
cendres noires qui découragent la foule des touristes. Tant mieux pour nous,
car nous sommes pratiquement seuls à nous avancer vers le sommet en compagnie
du guide réglementaire . Chemin faisant il nous raconte l ' histoire récente,
identifie les coulées, nous explique la formation des bombes, des scories, du
soufre qui remonte des fumeroles. Il nous montre l ' antenne radio qui émerge
du sol et marque le refuge du philosophe enfoui 20 m sous nos pieds! Le sommet
à 3500m est le siége d'une importante activité, deux cratères alimentent un
gros panache de fumées mêlées de vapeur. Dans les profondeurs la lave fait entendre
son grondement sinistre.Le sol brûlant se couvre de cristaux de soufre jaune.
Le cratère sommital de l ' Etna La descente



Nous
redescendons , souvent en ramasse dans une avalanche de cendre ou bien en glissade
sur la neige. Le chemin du retour domine de 300m l ' immense cirque du Bové,
océan de magma, pétrifié en pleine tempête . Au loin la Méditerranée scintille.
Nous avons terminé la semaine par un jour dans Syracuse. La vieille ville ,
sans être exceptionnelle, a le charme des ports italiens, mélange de ruines
antiques, marchés populaires, vieux palais et rues encombrées. Le voyage est
celui de pâques 2003 avec nos vieux complices belges Babeth et Lambert. Toute
la logistique avait été préparée par Michel Govaerts, le cinquième membre de
l ' équipe

Comment faire ce voyage?
Nous avons pris un ticket d'avion Bruxelles-Catane aller/retour et avons profité
de l'escale de Rome pour commencer notre circuit. Sur place, pour une question
de temps nous avons loué une voiture. Mais le train, les bus peuvent faire
l'affaire pour un meilleur coût. Réservez le bateau pour aller de Naples à
l'île de Stromboli (le voyage de nuit est une bonne solution) Il semble impossible
de camper sur le Stromboli, mais un bivouac est toujours possible et les chambres
chez l'habitant sont d'un prix raisonnable hors saison. Entre les îles Eoliennes
et la Sicile, il existe un système régulier de navettes (pas de réservations,
vérifier les horaires et les prix des diverses compagnies). Pour l'ascension
du Vulcano, il n'y a pas de problème et il est possible de descendre au fond
du cratère à ses risques et périls (nombreuses vapeurs de soufre). Pour l'Etna,
le meilleur moyen est de se renseigner sur place quant aux conditions du volcan,
qui sont très variables et ne pas se décourager trop vite car il y a beaucoup
d'interdictions. De toute façon, évitez l'été : tout est brûlé, comme vous
le serez par le soleil. Le mieux est de partir au printemps. Un bon matériel
de randonnée est nécessaire; les casques sont obligatoires au Stromboli. L'Etna
fait partie du domaine de la haute montagne et les conditions peuvent être
très dures, prévoir veste de montagne, guêtres, lunette de montagne (corde
et piolet pas nécessaires)
Participants : Catherine, Babeth, Michel, Lambert et Pierre Pierre Bivoit