
D’abord le Fitz Roy pour se mettre en jambe…
Après un passage par El Calafate, petite ville de vacance au bord de
l’immense lago Argentino, réserver le bus pour El Chalten et
faire les dernières courses pour notre trek, nous partons pour 4 journées
de trekking voir les mythiques parois où Nico, Sean, Oli et Mike ont
traînés leurs basques début 2006.
Le jeudi 22 novembre, 3h30 de bus entre Calafate et Chalten avec un panorama
grandiose sur la Mecque de la Patagonie, le Fitz Roy et le Cerro Torre, plus
effilé que nature, nous préparent à notre trekking. Nous
prenons nos sacs et cap sur la vallée du Rio Fitz Roy qui mène
au Lago Torre qui fait suite au glacier Torre. Pas de vent, un ciel bleu,
les montagnes superbes, c’est l’occasion rêvée d’aller
jusqu’au mirador Maestri admirer le Cerro Torre, immense glaive tendu
vers le ciel se reflétant dans le lac.
Toujours sous un ciel sans nuage, le lendemain nous changeons de vallée
et mettons le cap sur le Fitz Roy. Après quelques heures de marche
le long des lacs Nieta, Hija, et Madre, nous pouvons admirer le Fitz Roy mais
le vent commence à se mettre de la partie. Arrivés au camp Poincenot,
nous abandonnons nos sacs et en passant par le CB du Rio Blanco où
l’expé du CAB de ’81 a dû patienter en attendant
le beau temps, nous montons au lago de los Tres – passage obligé
pour le pied de la paroi… Une pensée pour 4 garçons dans
le vent… il y a 2 ans sur leurs portaledges ou obligés de se
réfugier dans une grotte de glace pour échapper aux attaques
en règle d’un vent fou.
Le lendemain, à notre tour d’être aux prises de ces rafales,
le Fitz est couvert de nuages et il commence à pleuvoir. Nous longeons
le Rio Blanco et dans un dédale de gros blocs allons jusqu’au
lago Piedras Blancas, où se jette le glacier très tourmenté,
rien que des séracs. Et c’est là que nous nous fourvoyons
en traversant le Rio Blanco sur un bout de bois craignos et faisons un sérieux
détour qui nous permet d’avoir une belle vue sur les montagnes
avant de remonter le Rio Electrico jusqu’au campement de la Piedra del
Fraile où nous nous installons (pensée pour Hubert, Jean-Pierre
et Christophe et au droit de passage). Lambert, Jean-Luc et Marianne continuent
jusqu’au lago Electrico sous un vent déchaîné.
Après une nuit venteuse et les attaques d’un chat féroce,
nous nous levons sous un ciel tourmenté avec du soleil. Descente de
la vallée Electrico mais attention, nous virons sur la droite pour
trouver notre chemin d’hier, petite trace dans la forêt qui nous
ramène directement vers le Rio Blanco. Passage par Poincenot puis retour
sur El Chalten pour attraper le bus de 18h pour Calafate.
Le lundi 26 novembre sera plus touristique, avec la visite du glacier Moreno
– énorme glacier qui se jette dans le Lago Argentino –
Tout est démesuré, blanc presque bleu, venteux et très
humide.
Ensuite nous attaquons le parc de Los Torres…
Le mardi 27 novembre, après un voyage en bus de 5h à travers
la pampa aride, où nous verrons des guanacos, des nandous entourés
de leurs petits, des renards appelés ici zorro, et le passage de la
frontière chilienne (vérification minutieuse des bagages concernant
la nourriture fraîche), nous arrivons à Puerto Natales. Préparation
du trek, achat du frais et réservation du bus pour le parc des Torres
del Paine.
Arrivé sur place, les gardiens du parc nous apprennent qu’il
n’est pas possible de faire le grand tour, le passage est effondré
en plusieurs endroits et estimé dangereux à cause de la neige.
Nous changeons rapidement notre fusil d’épaule et décidons
de faire le « W », très belle solution de rechange. Cela
signifie de remonter chaque vallée du massif avec de belles vues sur
les montagnes.
Un mini bus nous amène à l’Hosteria Las Torres d’où
démarre notre trek par la valle Ascencio qui donne accès aux
Torres del Paine. Nous installons nos tentes au campamento Torres et tout
de suite l’orage éclate avec un vent hurlant. Immédiatement
après la pluie, Jean-Luc et Marianne montent au mirador admirer les
tours qui sont enfin dégagées. Nous avons raté l’occasion
et espérons pouvoir y aller demain.
Toute la nuit il a plu, nous nous réveillons dans un paysage bouché,
trempé. Nous décidons d’aller vers la vallée del
Silencio en passant par le Campamento Japones où nous sommes accueilli
par 2 jeunes grimpeurs du Colorado qui attendent le beau temps en buvant du
maté. Nous continuons notre ballade sous une pluie qui se transforme
en neige d’abord dans un ruisseau à sec puis sur des pentes de
cailloux et très vite sur de la neige bien fraîche. Tout est
blanc et nous sommes dans les nuages lorsque nous décidons de faire
demi-tour – nos traces sont déjà recouvertes. Retour à
notre campement toujours sous une pluie bien drue.
Le lendemain tôt, nous montons jusqu’au belvédère
d’où nous pouvons admirer les Torres complètement plâtrées
et sinistres dans un décor gris. Dire qu’il y a 2 ans lors de
leur rêve patagon, Nico et Oli Favresse, Sean Villanueva et Mike Leconte
ont passé 11 jours dans cette paroi pour faire « Riders in the
storm » dans la tour centrale des Torres. Maintenant que nous avons
vu les tempêtes, nous pouvons imaginer… Chapeau bas
Nous bouclons nos sacs, la journée sera longue jusqu’au campamento
italiano (± 9h) dans la vallée suivante en contournant le Monte
Almirante Nieto, son glacier suspendu et sa face sud est qui fait penser aux
droites à Chamonix. Le temps est sec mais venteux dès que nous
sortons des vallées, et le long du lac Nordenskjold, des rafales terribles
arrivent en rasant le lac et viennent frapper la côte et les parois
en faisant remonter les cascades le long des parois. Enfin nous arrivons à
la vallée des français au campamento italiano.
Au lever, il pleut mais aujourd’hui, journée avec petit sac,
nous restons au même campement ce soir. Nous remontons la vallée
jusqu’au campement britannique par une moraine centrale d’où
nous dominons le glacier des français balayé par les avalanches
– le cirque est grandiose bordé par des aiguilles de tous côtés.
Marianne, Jean-Luc et Lambert continuent et attaquent le pierrier, 450 m bien
pentu et enneigés. Au sommet tout est bouché. Ils ne verront
pas les Torres qui doivent être juste de l’autre côté
du col. Une tempête de neige les oblige à redescendre tout droit
dans la neige et retour vers le campement – Repos – demain nous
allons vers le glacier Grey.
Etape longue sous un climat patagonien, c’est à dire pluie, brouillard,
soleil et vent alternent à une vitesse incroyable et il faut pouvoir
s’habiller en fonction de n’importe quel climat. C’est une
belle promenade qui nous mène de la vallée des français
au lac Pehoé puis après une montée de vallée vers
le lago Grey qui charrie des icebergs venus de l’immense glacier Grey.
Nous allons jusqu’au mirador proche admirer le coucher du soleil sur
le glacier et le lac Grey.
Le lendemain, alors que nous descendons rapidement, Jean-Luc et Marianne jouent
les prolongations en allant jusqu’à l’étape suivante.
Ils prendront le bateau de 18h, nous nous retrouverons le soir à Puerto
Natales.
Et la suite,
De notre séjour sera beaucoup plus touristique vers Ushuaia et ses
ballades en catamaran pour voir les lions de mer ou encore le long du canal
de Beagle puis retour vers la Belgique avec un arrêt à Buenos
Aires que nous avons arpentée dans la liesse populaire. Buenos Aires
fête l’élection de sa toute nouvelle présidente
Christina Kirschner. Mais c’est une autre histoire…
Babeth Surny



















