
" La marche, elle, est une ouverture au
monde, un exercice à plein temps de la curiosité. Il faut emprunter les chemins
de traverse, en marchant, pour retrouver dans ce geste gratuit combien l’existence
est précieuse….
Le Vercors ! Petit comme une île mais qui s’impose comme
un univers ! Randonner au Vercors c’est s’assurer un immense voyage dans
l’espace, le temps et notre solitude….
Au mois de juin les seuls compagnons se nomment trolles,
soldanelles, gentianes, orchidées sauvages, lys martagon…

Le premier jour débute par une raide montée vers la Grande Moucherotte, d’où
le regard embrasse d’un coup d’œil du Mont Blanc jusqu’à la Meije.
La journée se poursuit par des sentiers à flanc de coteau, en direction de Villars de Lans
La deuxième journée débute (j’entends les cris) par un court trajet en taxi vers Corrençon, d’où petit à petit nous approchons des hauts plateaux, en cheminant à travers des forêts, longeant des lapiaz, des clairières, des alpages clairsemés de bouquets d’arbres pour arriver à l’abri de la Jasse du Play (point d’eau). Dans le Vercors les sources sont rares, précieuses…
Le troisième jour c’est la traversée de paysages nordiques, le cheminement le long de crêtes déchiquetées qui mènent au sommet du Grand Veymont, la vision extraordinaire sur ce plateau défendu de tous côtés par des parois vertigineuses: le Mont Aiguille… Cheminement, pas toujours évident, au travers de vallons et de croupes, parcourir la plaine de la Queyrie, longer une ancienne carrière gallo-romaine et arriver à l’abri des Charmailloux.
Quatrième jour, salué par un vent violent, froid : le
mistral. Oui nous sommes déjà dans le sud, pas un nuage, un soleil éclatant,
mais bonnet, veste, long pantalons sont nécessaires...
Nous tournons le dos, résolument, à cette proue qui déchire
le ciel, et qui fume comme un paquebot… il est splendide le Mont Aiguille
à l’aube… Journée rude qui parcourt une ligne de crêtes, balayée par ce Mistral
violent, qui souffle et rugit sur des parois qui ont pour nom Archianne, Glandasse...
Et par une fracture (un pas) nous rejoindrons les balcons de Glandasse, le
calme, la forêt, les senteurs du midi…
Sur cette traversée, peu de monde, des étapes longues (6 à 8 heures). A parcourir en autonomie complète, pas de ravitaillement, point d’eau rare, bivouac recommandé (abris pas tj très accueillant….)..
Accès depuis Grenoble avec les transports en commun jusque Saint-Nizier, retour par Die et le chemin de fer qui ramèneront au pont de départ.
Bibliographie : Topo-guide FFRP (Hauts plateaux du Vercors, GR 9, GR Pays) ; Vercors d’en Haut, Daniel Pennac ;Sentiers de Grandes Randonnées, Mario Colonel.
Daniel Bériaux

